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Transport

Camrail reprend du service entre Yaoundé et Douala

Moins de cinq ans après la catastrophe d’Eséka, le trafic ferroviaire des passagers reprend entre Yaoundé et Douala. La modernisation doit se poursuivre, reconnaît le gouvernement, qui acte la hausse des tarifs et l’allongement de la durée du trajet décidé par Camrail.

Par Laurent Soucaille 

Les deux principales villes du Cameroun, Yaoundé et Douala, sont à nouveau reliées par le train express. Le 1er juillet, un voyage inaugural a relancé les navettes entre les deux villes, à partir de la gare centrale de Bessengué, au cœur de la capitale économique du pays.

« Le lancement de ce train renforce les fondements du partenariat public-privé et concrétise l’exemplaire coopération avec l’État du Cameroun », juge le directeur général de Camrail, Pascal Miny. Qui salue « l’important travail réalisé en amont par les cheminots pour la rénovation et la réhabilitation du matériel et de la voie ».

La reprise des activités fait suite à l’accord entre le gouvernement et le groupe Bolloré, concessionnaire des chemins fer, avec sa filiale Cameroon railways (Camrail). Le transport ferroviaire avait été interrompu après la catastrophe d’Eséka, survenue le 21 octobre 2016. Toutefois, cette reprise fait grincer quelques dents, depuis début juillet : la desserte entre les deux villes est plus longue, et le billet plus cher.

Cela n’a pas empêché les officiels de procéder à la mise en service de quatre locomotives neuves acquises par l’État auprès de General Electric. Le Train Express, d’une capacité de 576 places assises, est composé de trois voitures de première classe, cinq voitures de classe premium, un fourgon générateur et une voiture bar-restaurant.

Tracté donc grâce à ces locomotives neuves GE, « ce train va contribuer à l’amélioration de la connexion entre les villes de Douala et Yaoundé, décongestionner le trafic routier et offrir une solution de transport durable », promet la Camrail.

Le nouveau service va mobiliser les 1 500 cheminots de la compagnie ainsi qu’une centaine de personnels de la sous-traitance dans les domaines techniques, commercial, et opérationnel.

« Nous disposons désormais d’un train pouvant relier, en 4 heures et 45 minutes, à raison d’un voyage aller-retour par jour, les villes de Douala et de Yaoundé, avec des arrêts de deux minutes dans les gares d’Edéa, de Messondo, d’Eséka, de Makak et Ngoumou », a déclaré le ministre des Transports, Jean Ernest Ngalle Bibehe. Qui a promis : « Ce temps de parcours va diminuer au fur et à mesure de l’avancement des travaux de réhabilitation de la voie pour descendre en dessous des trois heures ». Jusqu’à 2016, il fallait 3 heures 30 pour relier les deux métropoles, sans les nouvelles escales.

Une importante modernisation

Ph. d’archives

De nouveaux travaux d’amélioration seraient programmés, grâce à un soutien des partenaires au développement, en l’occurrence la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement et l’Agence française de développement. Ils semblent indispensables : le 11 juillet, un incident sans gravité d’un train de marchandises, à l’entrée d’Eséka, a ravivé de mauvais souvenirs chez les Camerounais.

« Le lancement de ce train renforce les fondements du partenariat public-privé et concrétise l’exemplaire coopération entre Camrail et l’État du Cameroun », a commenté de son côté Pascal Miny, directeur général de la compagnie. Qui a salué « l’important travail réalisé en amont par les cheminots pour la rénovation et la réhabilitation du matériel et de la voie ».

Le responsable a révélé que dans le cadre du Programme des Investissements ferroviaires, le gouvernement camerounais a lancé le processus d’acquisition de nouveaux matériels roulants voyageurs, dont 25 voitures voyageurs et des modules autorails. La filiale de Bolloré assure, grâce à sa solution de billetterie, l’acquisition des titres de transport pour cette nouvelle offre de transport.

Précisément, selon la nouvelle grille, les tarifs enregistrent une augmentation de 1 000 à 2000 F.CFA, le billet Premium passant à 8 000 F.CFA. Cette hausse des prix déclenche la colère des représentants d’usagers, qui font remarquer que le bus reste moins cher, alors que le coût du ferroviaire, dans le pays, devrait être plus bas.

Il est vrai que les sociétés de transport interurbain ont lancé des offres attractives de transports en bus – confortables et climatisés –entre Yaoundé et Douala. Ce à quoi la Camrail rappelle que le train permet de desservir les centres-villes à heures précises, sans subir les inévitables bouchons à l’entrée des agglomérations, notamment ceux de Douala.

Selon la convention de concession entre les deux parties, la gestion et les investissements du fret incombent à Camrail, tandis que la gestion et les investissements du transport des personnes sont du ressort de l’État. Reste à savoir si ce dernier est gagnant, financièrement, dans l’opération.

LS

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