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Tourisme

Sousse, un vivre ensemble attractif

La Tunisie cherche à relancer l’industrie du tourisme, grande pourvoyeuse de devises. Pour cela, la ville historique de Sousse a organisé une semaine consacrée au vivre ensemble et au patrimoine. Compte rendu.

Par Yasmina Lahlou, envoyée spéciale à Sousse

Célébrant une cité dont l’identité est pétrie d’une histoire plurimillé­naire, multiconfessionnelle et d’une grande richesse culturelle, l’événe­ment « Sousse, capitale du vivre ensemble et du patrimoine de la Tunisie » a rencontré son public.

Organisé du 28 avril au 5 mai 2019 par Slaheddine Ben Ahmed, président du Syndicat d’initiative de Sousse, et Jamila Guizani, membre du comité organisateur, en collaboration avec un collectif de citoyens franco-tunisiens présidé par Claire Cohen- Rubinstein, le rendez-vous a démontré que malgré les soubresauts de l’histoire, Sousse a su demeurer une terre de liberté, de tolérance et de fraternité.

Par son emplacement géographique au bord de la Méditerranée et au centre de la Tunisie, Sousse joue un rôle de moteur de développement de la région et du pays. Son économie repose principalement sur l’industrie, les services et le tourisme.

« L’objectif premier de cette semaine est de célébrer le vivre ensemble, le respect des diffé­rences. J’ai oeuvré activement pour qu’on baptise des rues des noms d’illustres personnalités sous­siennes de confession juive. Il s’agit de marquer l’attachement de la Tunisie à sa diversité cultu­relle et de faire découvrir au monde la richesse de son patrimoine », explique Slaheddine Ben Ahmed, qui a présidé le comité d’organisation de la semaine «découverte de Sousse et du Sahel, patrimoine, culture et traditions ».

Ainsi, au programme de cette manifesta­tion figurait, le 30 avril, la cérémonie d’inau­guration dans un quartier résidentiel de nouvelles rues dont les noms ont été attribués en présence de leurs familles à d’éminentes personnalités tunisiennes dont plusieurs de confession juive en hommage à leurs actions : le docteur David Uzan (1899-1985), la sage-femme Yvonne Bessis (1918-2011), l’avocat Claude Sitbon, et Ichoua Ghouila-Houri.

Les autres personnalités également honorées sont : Hamadi Farhat (1928-2006), Slaheddine el Gharbi (1932-2009), la doyenne des phar­maciennes Aziza Ben Cherifa (née en 1933), le cinéaste Ahmed Bahaa-Eddine Attia (1945- 2007), le fondateur du Festival international du film pour l’enfance et la jeunesse de Sousse, Moncef Ben Ameur, ainsi que l’homme de culture Tayeb Kacem (1924-1997) ; sans oublier Henry Dunant, fondateur de la Croix- Rouge et premier récipiendaire du prix Nobel de la paix, décoré par Sadok Bey du « Nichan al Iftikhar » en 1860 et Pol Germeau, né à Liège en 1929, il a vécu à Sousse et enseigné les mathématiques au lycée technique, venant souvent en aide aux plus démunis.

Un patrimoine antique

Le 2 mai, ce fut l’inauguration de la place Virgile, à l’endroit même où la mosaïque représentant le poète romain « Virgile et les deux muses » a été découverte en 1896. Celle-ci est aujourd’hui exposée au musée du Bardo, à Tunis.

Virgile fut le premier poète latin, mais aussi le père de la citoyenneté, dans le sens romain du terme. Les citoyens se réunissaient afin de gérer la cité, dans le respect de la religion et des croyances de chacun. La Tunisie d’aujourd’hui doit beaucoup à l’héritage citoyen de Virgile.

Cette cérémonie, marquée par la présence de René Trabelsi, le ministre tunisien du Tourisme et de l’artisanat, fut suivie de la conférence au musée de Sousse sur le thème « Mémoires de Sousse Plurielle » qui a vu notamment la participation de l’historienne Claire Cohen-Rubinstein, ainsi que du profes­seur Hassine Fantar, archéologue et universi­taire spécialiste de la civilisation punique.

Des atouts à valoriser

En honorant ses concitoyens israélites, en inaugurant une place Virgile, symbole de son patrimoine antique, deux manifestations symboliques, la Tunisie s’est une nouvelle fois affirmée terre du vivre ensemble autour d’un patrimoine commun.

Figurait également au programme la réception organisée à la municipalité par Taoufik Laâribi, le maire de Sousse, en l’hon­neur de la soixantaine de participants venus de France.

L’occasion pour lui de rappeler les atouts de sa ville : « Par son emplacement géographique au bord de la Méditerranée et au centre de la Tunisie, Sousse joue un rôle moteur de développement dans la région et le pays. Son économie repose principalement sur trois secteurs, à savoir l’industrie, les services et le tourisme. Ces journées ont permis de réaliser que le vivre ensemble est toujours en nous ; elles ont permis aussi de faire découvrir un notre belle médina, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. »

Venu de France prendre part à ces jour­nées, Bertrand Sorre, député de la Manche, a tenu à déclarer que « le vivre ensemble, c’est le respect et l’acceptation de l’autre avec ses différences tant culturelles, religieuses, idéolo­giques que politiques. C’est en cela que Sousse est aujourd’hui la capitale mondiale du vivre ensemble ».

Un rappel qui atténue le souvenir douloureux de l’attentat dans la station balnéaire de Port El-Kantaoui, près de Sousse, en 2015. Un rappel bienvenu surtout, pour relancer quelque peu le secteur touristique, en difficulté depuis 2011.

Un rappel enfin de l’identité berbéro-méditerranéenne de la Tunisie, bien antérieure à l’arabo-musulmane, où dans ces influences entremêlées, aussi bien berbères, andalouses, qu’arabes et turques, le judaïsme a été, et reste aujourd’hui encore, un témoignage immuable du vivre ensemble tunisien.

Une réponse à “Sousse, un vivre ensemble attractif”

  1. Author Thumbnail Saidi Abdelmajid dit :

    Bonjour, je suis un ancien élève de Paul Germeau. J’aimerais savoir où se trouve la rue qui porte son à Sousse.Certains de ses amis Français me demandent aussi la même chose. Merci pour votre aide.

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