x
Close
Tourisme

L’activité reprend, en Tunisie

L’activité reprend, en Tunisie
  • PubliéAugust 7, 2022

Le rebond n’est pas aussi spectaculaire qu’espéré, mais l’activité reprend dans l’hôtellerie, le loisir et la restauration. Les autorités tunisiennes attendent davantage de touristes algériens en août, tandis que l’arrière-saison s’annonce prometteuse.

 

Par Aude Darc

Le secteur du tourisme semble progressivement retrouver le sourire, en Tunisie. Les stations balnéaires sont pleines et les visiteurs affluent vers les sites remarquables. Toutefois, le secteur se remet difficilement de deux années noires, pour cause de pandémie de Covid-19 et quelques difficultés logistiques jettent une ombre au tableau. L’embellie ne date pas de cette période estivale, se félicitent notamment les hôteliers, mais le mois de juillet a semble-t-il accentué la tendance, tandis qu’août s’annonce meilleur.

Le pays compte aussi sur l’arrière-saison, particulièrement prisée des touristes français et britanniques, notamment. De ce point de vue, les premiers chiffres sont très encourageants, de nombreux vols charters étant programmés pour l’hiver prochain.

D’après la Banque centrale de Tunisie (BCT), les revenus touristiques avaient augmenté de 50%, au cours des cinq mois précédant le 10 juin 2022, par rapport à l’année 2021. Un chiffre confirmé par l’Office national du tourisme tunisien qui fait état d’un doublement du nombre de touristes à fin juin. Les visiteurs étaient plus de deux millions.

En juillet, la hausse annuelle des recettes serait de 66%, d’après les premières estimations de la BCT, à 1,782 milliard de dinars (557 millions d’euros). Voilà qui permet à la Tunisie de combler sa dette extérieure, les touristes apportant des devises, complétant l’apport des transferts des Tunisiens de l’étranger.

Les touristes ne viennent d’ailleurs pas que de l’étranger. Les hôteliers font par d’une envolée des occupations depuis le week-end du 25 juillet, qui marque le début des vacances dans le pays. Le plein des réservations se confirme jusqu’au 13 août, au moins.

Une source de déception, toutefois : selon l’Office national du tourisme, le nombre de touristes algériens serait moindre qu’espéré. Après l’ouverture de la frontière terrestre entre les deux pays, fermée durant deux ans, les professionnels tunisiens s’attendaient à un afflux massif d’Algériens. Ils n’auraient été « que » 61 000 durant la deuxième quinzaine de juillet, soit le quart environ du flux habituel en cette période. Du côté de l’ONT, on s’attend à un retour à la normale dans le courant du mois d’août.

 

Une main-d’œuvre partie vers la France ?

Reste à savoir si les Algériens ne seront pas découragés par l’obligation de présenter un passe sanitaire à leur retour au pays, ainsi que par la hausse des prix. Un test PCR coûte 170 dinars, ce qui représente un budget conséquent, surtout pour une famille nombreuse.

Sur le plan institutionnel, d’ailleurs, Algériens et Tunisiens ont convenu d’améliorer et de développer la coopération bilatérale dans l’échange d’informations, de documents, d’expérience, dans le domaine touristique, y compris hospitalier. Le président Kaïs Saïed, recevant le ministre algérien du Tourisme, Yassin Hammadi, a souligné la nécessité de « surmonter toutes les difficultés afin de faciliter la circulation des citoyens, dans les deux sens ». Première décision, il n’est plus obligatoire, désormais, pour les résidents algériens, de présenter un schéma vaccinal complet pour entrer en Tunisie. L’objectif d’un million de touristes algériens en 2022 peut donc être tenu, à ce prix.

Les deux pays ont convenu d’actualiser les accords de jumelage conclus entre leurs centres de formation touristiques et d’organiser des sessions de formation au profit des personnes exerçant dans les hôtels, les bureaux d’accueil dans les zones frontalières et les écoles touristiques frontalières.

Le ministre algérien du Tourisme, Yassin Hammadi, et le président tunisien Kaïs Saïd.

 

Autre motif d’interrogations, si ce n’est d’inquiétudes, une éventuelle pénurie de main-d’œuvre dans l’hôtellerie-restauration. En effet, confrontée à un manque de bras soudain dans ce domaine, la France s’est tournée vers la Tunisie. Elle a signé une convention permettant le départ en France de 12 000 travailleurs saisonniers tunisiens durant les trois prochaines années. Dans un premier temps, il s’agit d’intégrer 4 000 professionnels tunisiens, notamment dans le service et dans l’hébergement. Certains redoutent que la pénurie, notamment en main-d’œuvre qualifiée, ne se déplace cette fois en Tunisie.

De leur côté, les tour-opérateurs se montrent plus prudents, rapporte la presse spécialisée ; ils font état d’une timide reprise. Tous les sites ne sont d’ailleurs pas prêts à accueillir un flux soudain de touristes, après deux ans de quasi-fermeture et compte tenu du manque de personnel qualifié, voilà qui constituerait un mal pour un bien.

Le pays compte aussi sur l’arrière-saison, particulièrement prisée des touristes français et britanniques, notamment. De ce point de vue, les premiers chiffres sont très encourageants, de nombreux vols charters étant programmés pour l’hiver prochain.

Le secteur du Tourisme est crucial pour la Tunisie, l’accueil, les offres à destination des visiteurs, la propreté des sites, doivent être soignées, ce qui n’est pas toujours le cas pour le moment, déplorent certains professionnels. L’enjeu est de taille. La dépense moyenne par habitant dans le secteur du tourisme est évaluée à 1 100 dinars (environ 345 euros) selon une étude publiée par l’Institut national de la statistique, qui se réfère à la période 2018-2021. Des chiffres comparables à ce qui est observé en Europe de l’Est, par exemple. Sur ce point, le Maroc fait bien mieux, avec une dépense par habitant du tourisme « récepteur » estimée à 655 euros, contre 360 euros en Tunisie.

@AB

 

 

Écrit par
Aude Darc

Laissez un commentaire

Your email address will not be published.