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Tourisme

Algérie : Les touristes se font attendre

En dépit du recul de l’insécurité, de ses paysages, l’Algérie peine à attirer des visiteurs. Le tourisme pèse moins de 1,5 % du PIB. La valse des ministres, neuf depuis 2008, révèle le manque de stratégie pour développer un secteur pourtant prometteur.

Alger, Samia Lokmane-Khelil

En regardant Les vacances de l’inspecteur Tahar, beaucoup d’Algériens sont pris de nostalgie. Dans cette comédie, une scène en particulier fait jaillir les souvenirs d’une belle époque, celle des années 1970…

Alerté par la désertion de ses propres citoyens, l’État entend agir en urgence pour revaloriser le niveau de l’offre touristique. Des Assises nationales se sont tenues, début 2019, avec
l’ambition de restaurer la confiance des touristes nationaux et internationaux.

…où le pays, en voie de développement et ouvert sur le monde, accueillait des escadrons de touristes internationaux. « Il y a des Italiens, des Espagnols, des Américains, des Suisses… », déclame – dans cette fiction – un serveur, désignant avec son bras une foule bigarrée installée autour d’une piscine et se tannant au soleil.

La série a été tournée, en grande partie, à l’intérieur de complexes touristiques flambant neufs, construits avec l’argent du pétrole et le concours d’architectes de renom, tel Fernand Pouillon.

Aujourd’hui, beaucoup de ces villages de vacances tombent en désuétude. Certes, des allées encadrées par des palmiers et des jardins luxuriants, rappellent leur charme d’antan.

Mais les murs portent souvent l’usure du temps et sont les témoins de la désertion des touristes étrangers, qui ont pris d’autres directions. Voilà pourquoi le tourisme ne contribue qu’à 1,4 % au PIB ; en 2017, ses recettes avoisinaient 300 millions de dollars.

« Une économie de bazar »

Pourtant, les paysages sont toujours les mêmes. Paradisiaques. D’ailleurs, le voyagiste français Voyageur du Monde, en partenariat avec le magazine américain Vogue, a classé l’Algérie parmi les sept destinations phares de 2019. «Pays aux multiples visages, on s’y rend à la découverte d’Alger et de son passé de comptoir carthaginois. Mais aussi à Oran, Tlemcen ou encore Ghardaïa, avec à la clé des panoramas plus extraordinaires les uns que les autres », relate le voyagiste qui rappelle que l’Algérie « longtemps déconseillée aux touristes, s’ouvre enfin ».

À la fin de l’été 2018, le ministère français des Affaires étrangères a levé la plupart de ses restrictions sur les déplacements en Algérie. Beaucoup d’autres pays étrangers ne considèrent plus aussi l’Algérie comme une destination à risque, tournant ainsi la page d’une double décennie d’embargos préjudiciables. Timidement, les touristes reviennent.

Mais ils sont encore très peu nombreux. En cause, la mauvaise qualité de l’accueil. Mourad Kezzar, ancien agent de voyages, déplore l’absence d’une politique touristique : « C’est comme si le temps s’est arrêté à la fin des années 1980. » Il déplore une chaîne d’intervenants (infrastructures hôtelières, offices de voyages, transporteurs), qui « fonctionne très mal, n’est pas suffisamment capitalisée et compétitive sur le marché régional et international ».

Un produit difficile à vendre

Cet avis est partagé par Saïd Boukhelifa, président du Syndicat national des agences de voyages, qui évoque « une économie de bazar » dans le secteur touristique avec l’inflation improductive des intervenants.

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