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Politique

Togo : Une troisième voie dans le dialogue

En France, Franck Paris, le « Monsieur Afrique » du président Macron suit la situation de près. Il a déjà organisé une mission discrète à Lomé et reste en contact avec les deux parties.

La position du Groupe des 5 (G5) constitué des ambassades de France, des États- Unis, de l’Allemagne et de l’Union européenne a été exprimée clairement, ainsi que celle du Systèmes des Nations unies. Les pays du G5 ont, dans un communiqué conjoint appelé « à des concessions de part et d’autre » pour engager le Togo sur la voie de la démocratie.

On sait aussi que les pays voisins sont très préoccupés par la situation. Les 11 et 18 octobre 2017, alors que diverses manifestations occupaient la ville de Lomé, le président béninois s’y est rendu deux fois. Lors de son dernier séjour, il a demandé à son homologue togolais de « donner une chance à l’accalmie en rassurant son peuple ».

De plus en plus de chefs d’État, notamment de la Cedeao, mettent la pression et font de leur mieux pour que la situation avance rapidement au Togo. C’est le cas du président ivoirien qui a reçu début avril Faure Gnassingbé à Abidjan, pour évoquer la situation pendant que le président ghanéen est le principal facilitateur du dialogue en cours. Toutes ces pressions ne laissent pas le régime indifférent.

Le président togolais, qui n’aurait pas souhaité perdre le soutien de ses pairs, y est sensible d’autant plus que Muhammadu Buhari n’écarte aucun moyen pour régler durablement la crise. Lors de la remise de la lettre de créances du nouvel ambassadeur du Togo à Abuja, le président du Nigeria a appelé à une « transition rapide » et urgente et a averti que son pays « fera tout pour éviter une instabilité politique dans la région ».

Le mandat encadré en question

L’opposition a déjà fait un pas en acceptant un gouvernement de transition. La plupart des opposants n’écartent pas entièrement une transition avec le Président sortant. À une seule condition,qu’il ne se représente pas en 2020. Mais le Parti national panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam, l’un des leaders de l’opposition, ne l’entend pas de cette oreille.

Dans un message audio qui a fait le tour des réseaux sociaux, le président du PNP insiste : « Nous ferons une transition sans Faure Gnassingbé. » Ce message aurait créé une énorme confusion au sein d’une opposition qui a du mal à s’accorder sur la position et la stratégie.

Dans les coulisses, du côté de la majorité comme de l’opposition, l’idée du mandat encadré fait son chemin. Il pourrait être de deux à cinq ans, avec Faure Gnassingbé comme Président et un Premier ministre issu du C14, la coalition de l’opposition.

L’idée serait une gestion collective qui permette d’installer des institutions démocratiques ou de renforcer celles qui existent déjà. Ainsi, cette transition pourrait aboutir à une alternance apaisée, d’autant que ni le président sortant, ni le Premier ministre ne devraient se représenter.

Un accord politique encadrerait la Constitution et une loi d’amnistie serait votée pour écarter toute chasse à l’homme au cas où le pouvoir viendrait à changer de mains.

Alors que des chancelleries en étudient la faisabilité, la crise de confiance entre Faure Gnassingbé et ses opposants compromet les chances de réussir, sauf si la communauté internationale offre de solides garanties.

En attendant, le gouvernement et la CENI (Commission électorale nationale indépendante) préparent, contre l’avis de l’opposition et les recommandations du dialogue, des élections législatives et municipales pour cette année, ainsi qu’un référendum pour faire adopter unilatéralement une nouvelle constitution. 

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