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Société

Togo : Une réforme foncière salutaire

WellCity se veut « une ville nouvelle de 500 logements construits sur cinq ans mêlant le résidentiel, l’hôtellerie et les services, à dix kilomètres au nord de Lomé. Il s’adresse aux salariés des secteurs public et privé, fonctionnaires d’organismes internationaux, hommes d’affaires et à la diaspora », détaille le promoteur de WellCity.

Cette « ville nouvelle » qui se veut à la fois compétitive pour les coûts de ses logements et écologique accueillera ses premiers habitants dès 2019. « La réforme foncière qui se précise au Togo va davantage rassurer nos potentiels clients qui doutaient encore de la sécurisation du foncier », confie un commercial de WellCity qui témoigne « un engouement grandissant des Togolais pour les investissements immobiliers innovants ». La concurrence s’annonce rude en la matière.

En direction de la (naissante) classe moyenne

Un projet en cache un autre. « Aujourd’hui, malgré l’effervescence sur le marché, le Togo affiche un déficit de 500 000 logements dont 100 000 dans la capitale. Et peu d’investisseurs arrivent à offrir aux populations des programmes d’habitation planifiés », explique Ingrid Awadé, directrice générale de la Caisse de sécurité sociale du Togo et à l’origine de Résidence Renaissance.

Avec une superficie totale de 55 hectares, ce projet lancé en avril 2018, comportera à terme 594 logements dont 200 appartements, hôtels et 394 villas, un centre commercial et des immeubles à usage commercial comprenant des bureaux et des boutiques.

« Toutes ces initiatives immobilières sont louables ; mais elles s’adressent davantage à une classe moyenne qui n’a pas encore émergé. À l’heure actuelle, il est impossible pour un Togolais moyen de débourser au moins 12 200 euros pour s’offrir une habitation promue par ces projets immobiliers qui se multiplient. Même en contractant un prêt bancaire pour ce faire, ce n’est pas évident de supporter les charges, vu les taux d’intérêt pratiqués par les banques de la place », constate, amère, Akou Miwonovi, une salariée du privé qui préfère financer elle-même la construction de sa propre maison.

« Certes, il faudra qu’une classe moyenne émerge pour consommer ces investissements fonciers et immobiliers. Et il est vrai aussi que les banques, compagnies d’assurances et autres établissements financiers devraient réétudier les taux d’intérêt perçus sur des crédits immobiliers (entre 7 et 10%, sur une période de remboursement allant de sept à vingt ans) », approuve Roger Miwonovi, un cadre du monde bancaire. « Avec la sécurisation du titre foncier (utilisé généralement comme hypothèque pour octroyer les crédits immobiliers) par le nouveau Code foncier, les institutions financières gagneraient à revoir les modalités d’octroi de crédits en matière de foncier et d’habitat pour maximiser l’enrôlement d’une nouvelle clientèle », insiste-t-il.

Quoi qu’il en soit, la demande de ce type de crédit va aller crescendo durant les mois et années à venir, au regard des besoins importants en logement à Lomé et en province, et du profil des demandeurs de crédit, qu’ils soient particuliers ou souscripteurs à de vastes projets immobiliers.

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Written by Le Magazine de L'Afrique

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