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Terrorisme

Sahel : La bataille contre le djihadisme se poursuit…

Les chefs d’État du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) et leurs alliés se sont réunis à Nouakchott (Mauritanie), le 30 juin. Ils ont noté les progrès enregistrés dans la lutte contre le terrorisme et appelé à davantage d’actions concertées.

Par Paule Fax

« Les efforts se poursuivent, les progrès sont significatifs, mais restent insuffisants. » Difficile de mieux résumer la lutte des pays du Sahel contre le terrorisme que ne l’a fait Mohamed Ould Ghazouani. Le président de la Mauritanie s’exprimait en ouverture de la réunion à Nouakchott du G5 Sahel, qui réunit les pays sahéliens et leurs alliés occidentaux, au sein notamment de la Force Barkhane.

Renforcée, Barkhane a en effet obtenu des résultats importants ces six derniers mois. En particulier en matière de protection des frontières. En revanche, la recrudescence de la violence et de l’instabilité politique en Libye fait craindre de nouvelles tensions dans tout le nord de l’Afrique. Et l’attaque de Kafolo (nord de la Côte d’Ivoire), survenue le 10 juin 2020, est venue rappeler que le djihadisme pouvait s’étendre à de nouvelles zones.

Les chefs d’État ont pris note du redéploiement progressif des administrations et du retour de certains déplacés dans leurs localités d’origine. Des efforts restent à faire pour leur retour effectif et pour la mise en œuvre de programmes de développement entravée ou retardée par la crise sanitaire.

Les chefs d’État réunis se sont félicités de la reprise d’opérations soutenues dans la zone des Trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso). Ils ont salué des succès enregistrés par les forces nationales, la Force conjointe et les forces internationales. En outre, ils ont salué la neutralisation du chef d’AQMI le 3 juin dans la région de Tessalit par la Force Barkhane et ses alliés.

Les dirigeants africains ont salué, le succès de l’opération éclair « Colère de Boma » dans la région du lac Tchad, en avril, contre les factions de Boko Haram. Lesquelles imposent un autre front au Tchad et au Niger, qui « méritent également l’attention de la communauté internationale », souligne la déclaration finale du Sommet. En effet, la persistance d’un second front dans la zone du lac Tchad au Niger et au Nigeria, ainsi qu’un renforcement des capacités terroristes locales dans ces zones, remettent en cause les résultats obtenus.

La victoire est possible

Sur le plan économique, les chefs d’État ont salué l’adoption par la Cedeao d’un plan d’actions prioritaires 2020-2024 pour éradiquer le terrorisme dans la sous-région. Pour autant, Mohamed Ould Ghazouani a une nouvelle fois demandé l’annulation de la dette des pays les plus pauvres pour lutter contre les crises économique, sociale, sécuritaire et sanitaire, amplifiées par la pandémie de Covid-19.

 « Le G5 a lancé un appel pour l’annulation de la dette des pays les plus pauvres, qu’il a réitéré lors des différents Forums internationaux », a précisé le Président mauritanien. Selon qui « le moratoire décidé par le G20 constitue une avancée qui doit être saluée, mais elle est insuffisante pour résoudre les problèmes liés à l’endettement excessif ».

Emmanuel Macron s’est pour sa part dit « convaincu que la victoire est possible » au Sahel. « Nous sommes en train d’en retrouver le chemin grâce aux efforts qui ont été consentis au cours des six derniers mois », a déclaré le président français à l’issue du Sommet. Le terrain que nous avons repris ne sera pas cédé », a-t-il affirmé.

« Dans ce combat, nous nous devons d’être exemplaires. Face aux faits graves qui ont été rapportés, des enquêtes seront menées », prévient toutefois le Président français. « Le Sahel ne doit pas plonger dans un cycle de violence et de représailles. C’est précisément ce que recherchent les groupes terroristes et ce qu’ils ont réussi à faire dans le passé. » Emmanuel Macron évoquait ainsi des allégations d’exactions commises par des éléments des forces de défense et de sécurité. Lesquelles « feront l’objet d’enquêtes et, si les faits sont avérés, de sanctions exemplaires », promettent en chœur les dirigeants du G5 Sahel.

La Coalition pour le Sahel étend le dispositif

Une lutte contre l’impunité – quelles que soient les personnes incriminées – également réclamée par l’Union européenne et Antonio Guterres. Le secrétaire général de l’ONU envisage également un renforcement de la Mission au Mali (Minusma). Le pays traverse une crise qui inquiète ses voisins ; la Cedeao a d’ailleurs envoyé un émissaire spécial à Bamako.

D’autre part, les chefs d’État se sont félicités du lancement officiel de la « Coalition pour le Sahel » le 28 avril dans le cadre d’une visioconférence entre l’Union européenne et le G5 Sahel et de la tenue de la première réunion ministérielle de cette coalition, le 12 juin.

Ils ont salué « la forte participation » de l’ensemble des partenaires du G5 Sahel à cette réunion, et ont appelé à sa consolidation, ainsi qu’à la détermination de son architecture et des outils de sa gouvernance, en étroite collaboration avec le G5 Sahel. La « Coalition pour le Sahel » est constituée de la France à travers la force Barkhane et ses 5 100 soldats, du G5 Sahel et de tous les autres pays souhaitant y participer.

Enfin, les chefs d’État ont pris note du redéploiement progressif des administrations et du retour de certains déplacés dans leurs localités d’origine à la faveur des opérations de sécurisation. Ils ont relevé que des efforts restent à faire, non seulement pour le retour effectif des populations, mais aussi pour la mise en œuvre de programmes de développement entravée ou retardée avec la survenue de la pandémie du coronavirus.

Ils ont souligné l’importance de mener à bien, dès que possible, des initiatives à l’échelle régionale, nationale et locale, en faveur du dialogue intercommunautaire, de la réconciliation et du traitement des questions de fond sur le partage des ressources ou les litiges fonciers. Le prochain Sommet se tiendra courant 2021 dans un pays du G5 Sahel.

Une réponse à “Sahel : La bataille contre le djihadisme se poursuit…”

  1. Author Thumbnail MARC LAVERGNE dit :

    Un compte-rendu fidèle des échanges durant le Sommet. Mais dans quelle mesure cet état des lieux et ces perspectives reflètent-ils une réalité complexe ? Quel est l’avis de l’auteure ?

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