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Ons Jabeur, une ambassadrice de la Tunisie

Ons Jabeur, une ambassadrice de la Tunisie
  • Publiéjuillet 9, 2022

Elena Rybakina a battu Ons Jabeur en finale de Wimbledon, en trois manches. Au-delà de la déception pour la Tunisienne, reste la satisfaction de voir la première tenniswoman du continent à atteindre une finale de Grand Chelem, l’un des quatre grands tournois de l’année.

 

Par Laurent Allais

Les Tunisiens l’appellent « la ministre du Bonheur », les spécialistes du tennis « la guerrière » ! Ons Jabeur était, ce 9 juillet 2022, la première joueuse africaine à disputer une finale à Wimbledon, le temple du tennis sur gazon. Ce tournoi était le principal objectif de sa saison. Et c’est peu de dire qu’elle s’y est bien préparée, puisqu’elle avait emporté, quelques jours avant le rendez-vous londonien, le tournoi sur herbe de Berlin. Elle pris un excellent départ, prenant bien vite le service de son adversaire, Elena Rybakina, pour empocher la première manche sur un second service prix à l’adversaire, 6-3. Malheureusement pour la Tunisienne, la Kazakhe allait bien vite renverser la tendance et ne plus lâcher son service : 6-2 6-2, pour 1 heure 48 de match. 

Ons Jabeur fait d’autant plus la fierté de la Tunisie que son parcours éducatif et sportif doit tout ou presque à son pays natal. Son premier entraîneur, Nabil Mlika, suit la finale depuis Hammam Sousse, où il continue de guider les jeunes pousses du tennis tunisien.

Elena Rybakina, qui revenait de blessure avant Wimbledon, a donc pris l’ascendant et, il faut le dire, a conclu en finale une quinzaine exceptionnelle. Ironie, la Kazakhe d’origine russe réalise ce fabuleux parcours tandis que les joueuses russes sont interdites de compétition, cette année, à Londres.

Une sanction, pour raison politique, qui n’a pas plus à la puissance WTA (Women Tennis Association), pas plus qu’elle n’a plus à l’ATP chez les hommes. Résultats : le tournoi de Wimbledon 2022 ne comptera pas au classement des joueuses et des joueurs ! Peu importe au fond pour la Tunisienne, numéro 2 mondiale. La gratification financière, elle, atteint des records : 2,5 millions de dollars pour les vainqueurs et 1,29 million $ pour les finalistes, femmes et homme étant rémunérées à l’identique. « Nous devons arrêter de regarder les points et nous concentrer davantage sur l’argent, en avoir un peu plus ne fait pas de mal ! », a plaisanté Ons Jabeur en conférence de presse. Confirmant là son sens de l’humour et son franc-parler.

Ons Jabeur fait merveille sur le gazon londonien, fait de slice et d’amorties. Un jeu tout en toucher qui correspond au tennis moderne, sur gazon, tant chez les hommes que chez les femmes. Celles et ceux qui misent essentiellement sur leur puissant service ont fait long feu, mais le service reste essentiel : il n’a pas fait défaut à la Tunisienne, tout au long de son parcours.

 

Réveil en 2021

Il lui a notamment permis de battre l’Allemande Tatjana Maria – sa meilleure amie sur le circuit ! – en trois manches (6-2 3-6 6-1), en demi-finales. Et le service est également l’un des points forts de la Kazakhe, ce coup lui permettant de construire un point en meilleure sécurité. Elle n’a d’ailleurs guère été inquiétée dans les deux dernières manches. 

À noter une victoire africaine que l’on attendait pas, à Wimbledon : la Kenyane Angella Okutoyi, 18 ans, a remporté le double junior, associée à la Néerlandaise Rose Marie Nijkamp. Une jeune compétitrice à suivre…

C’est d’ailleurs le seul handicap de la Tunisienne : elle n’a pas battu, au long de son parcours à Wimbledon – un tournoi qui bouscule traditionnellement la hiérarchie mondiale, car le gazon ne représente que deux ou trois tournois dans l’année – de grands noms du tennis féminin, tandis que son adversaire du jour s’était débarrassée, en demi-finales, d’une habituée des podiums, la Roumaine Simona Halep (6-3 6-3).

Ons Jabeur fait la fierté de la Tunisie. Sans attendre le résultat de la finale, le ministre des Sports, Kamel Dguiche, a confié son souhait d’attribuer à la jeune femme de 27 ans le titre officiel d’ambassadrice de la Tunisie, compte tenu de l’image positive qu’elle donne du pays à l’étranger. Un accueil de star lui est déjà réservé à Tunis…

À 27 ans, Ons Jabeur n’est donc plus une jeune étoile montante, mais ses résultats au plus haut niveau sont récents. Elle se fait connaître sur le circuit en 2011, en emportant le tournoi junior de Roland Garros, sur terre battue. Sur le circuit WTA, elle a disputé depuis sept finales et emporté trois titres. Le plus prestigieux étant le tournoi de Madrid, également sur terre battue, en mai 2022. Victoire qui lui permet de tutoyer les sommets de la hiérarchie mondiale, après des années au rang de « second couteau ». L’année 2021 marque incontestablement un tournant, avec deux demi-finales de tournoi WTA et de bons parcours à Roland Garros et Wimbledon, où elle écarte Venus Williams et Garbine Muguruza, 12e mondiale, Iga Swiatek, alors 7e mondiale et désormais numéro 1, avant d’échouer en quarts face à la Biélorusse Aryna Sabalenka.

Ons Jabeur fait d’autant plus la fierté de la Tunisie que son parcours éducatif et sportif doit tout ou presque à son pays natal. Son premier entraîneur, Nabil Mlika, suit la finale depuis Hammam Sousse, où il continue de guider les jeunes pousses du tennis tunisien, comme Jabeur, membre de l’Espoir sportif. Aujourd’hui, Ons Jabeur est mariée à l’ancien escrimeur Karim Kamoun, qui supervise sa préparation physique.

@NA

Écrit par
laurent

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