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Sport

JO d’hiver : Les six magnifiques

Les spectateurs du monde, à l’écoute des Jeux Olympiques de Pékin qui ont débuté le 4 février, seront ravis du spectacle des six concurrents africains, dans une arène qui leur est a priori étrangère.

Par NAF

À Pékin, six concurrents africains, venus de cinq pays, s’aligneront dans leurs différentes disciplines, dont la plupart impliquent le ski. En effet, des délégations de L’Érythrée, du Ghana, de Madagascar, du Maroc et du Nigeria ont fièrement foulé l’arène du stade national de Pékin – connu sous le nom de « nid d’oiseau » et qui avait été utilisé lors des Jeux d’été et paralympiques de Pékin en 2008. Que les 24e Jeux Olympiques d’hiver débutent !

Après des décennies de quasi-absence, les Africains ont participé en nombre aux JO d’hiver lors de la dernière édition, à PyeongChang, en Corée du Sud, en 2018, lorsque huit nations africaines y ont participé. Dont l’équipe nigériane de bobsleigh à quatre.

Bien qu’aucun des concurrents africains n’ait remporté de médailles, leur présence a attiré une curiosité et une attention considérables et ils se sont fait de nombreux amis et ont gagné de nombreux fans à travers le monde.

Mialitiana Clerc (Madagascar, ski alpin)

Ce seront les deuxièmes Jeux Olympiques d’hiver de la jeune femme de 20 ans. La skieuse avait participé aux épreuves de ski alpin, au slalom et au slalom géant en PyeongChang 2018, à 16 ans. Elle est la seule femme africaine à concourir à Pékin.

Mialitiana Clerc est née à Ambohitrmanjaka, une petite zone à l’extérieur de la capitale malgache Antananarivo.

Elle a été adoptée par une famille française à l’âge d’un an et a commencé à skier à trois ans. Au fur et à mesure que ses compétences s’amélioraient, elle s’amusait à dévaler à une vitesse vertigineuse les pentes des montagnes autour de chez elle, en Haute-Savoie, dans les Alpes françaises.

Elle a participé aux Championnats du monde à Are et au cours de la saison 2019-2020, a établi une série de résultats impressionnants dans le circuit de la Coupe sud-américaine et les épreuves en Argentine. Ses performances lui ont permis de se qualifier pour les JO 2022.

« Je me sens chanceuse car il n’y a pas beaucoup de femmes africaines dans le monde du ski. J’essaie de m’amuser et d’être fier de moi et d’obtenir les meilleurs résultats parce que je suis là pour ça… »

Mathieu Neumuller (Madagascar, ski alpin)

Pour une raison extraordinaire, Madagascar, l’immense nation insulaire de l’océan Indien au large de la côte orientale de l’Afrique et qui ne connaît ni neige ni glace, a maintenant produit trois concurrents olympiques d’hiver. Mathieu Razanakolona, ​​a été le premier athlète à représenter la nation insulaire à Turin, en 2006, désormais rejoint par Mathieu Neumuller, 18 ans.

Comme Mialitiana Clerc (dont il dit qu’il l’a inspiré), Mathieu Neumuller participe également au slalom et au slalom géant. Il est né en

Mont-de-Marsan, France, et a débuté son sport à l’âge de trois ans, encadré par son père moniteur de ski. Il a changé sa nationalité française en malgache.

 « Les Jeux Olympiques sont une étape exceptionnelle du ski, et y penser fait battre mon cœur très vite. Un peu de stress mais beaucoup de joie. »

Il a skié dans plusieurs compétitions dont trois épreuves de Coupe du monde en France. Il dit espérer terminer dans le top 30 de sa discipline.

Samuel Ikpefan (Nigeria, ski de fond)

Samuel Ikpefan est né et a grandi à Annemasse dans les Alpes françaises. Il s’est montré très prometteur en ski de vitesse, en remportant des épreuves de sprint et en nourrissant l’ambition de devenir l’un des meilleurs athlètes nationaux.

Il voulait représenter le pays de son père, le Nigeria, lors d’événements internationaux et, au fur et à mesure que ses capacités grandissaient en ski, il s’est convaincu de ses chances dans les compétitions mondiales.

Il devait d’abord obtenir l’autorisation des autorités nigérianes pour représenter le pays et pour cela, il devait se rendre dans le pays et démontrer ses compétences en utilisant des skis à roulettes dans un stade ! Il a été autorisé à représenter le Nigeria et, entre autres événements, il a participé à la Coupe du monde à Falun, en Suède, en 2021. La capacité athlétique est de famille : son frère Daniel est un joueur de rugby international français.

Yassine Aouich (Maroc, ski alpin)

Yassine Aouich devient le huitième concurrent marocain à participer aux Jeux Olympiques d’hiver. Il a grandi à Ifrane, dans les montagnes de l’Atlas, où les conditions favorisent les sports de neige. En effet, le Maroc compte plusieurs stations de ski et de nombreux jeunes sont devenus d’excellents skieurs.

Aouich a réalisé une ambition majeure lorsqu’il s’est qualifié pour participer aux championnats du monde 2020-2021 à Cortina d’Ampezzo et à une course à Kolasin, au Monténégro.

À noter l’énorme déception pour son compatriote Abderrahim Kemmissa, qualifié dans un premier temps aux épreuves olympiques de ski de fond, puis empêché de participer pour un problème de manqué de licence au cours d’une des épreuves qualificatives.

Carlos Maeder (Ghana, ski alpin)

Carlos Maede devient le troisième Ghanéen à se qualifier pour les Jeux Olympiques d’hiver après les exploits enneigés de Kwame Nkrumah-Acheampong, le « léopard des neiges » qui a concouru à Vancouver 2010 et Akwasi Frimpong en 2018, en Corée du Sud.

L’homme de 43 ans né à Cape Coast, au Ghana, est l’un des concurrents les plus âgés de ces Jeux. Comme beaucoup d’autres Africains qui se sont mis aux sports d’hiver, il a été adopté et élevé en Europe.

« Comme m mère était seule et ne pouvait pas me nourrir, elle a dû me donner à l’adoption », explique-t-il sur son blog. « J’ai été adopté par une famille suisse et j’ai grandi au cœur de la Suisse. Grâce à mes parents suisses, qui ont maintenu les liens avec ma mère, je suis resté en contact avec la culture ghanéenne toute ma vie. Je voyage autant que possible à Cape Coast pour y rendre visite à ma grande famille. »

Celui qui s’engagera dans l’épreuve reine du slalom géant se considère pourtant « meilleur au football » !

« Pour moi, le sport ne se limite pas à gagner. Je veux donner le bon exemple et montrer aux jeunes de Suisse et du Ghana qu’on peut tout faire avec la volonté et les efforts nécessaires – il n’y a pas de montagne assez haute ! »

Shannon Abeda (Érythrée, ski alpin)

Pékin sera les deuxièmes JO d’hiver pour Shannon-Ogbnai Abeda. Le skieur a grandi au Canada après que ses parents ont fui leur Érythrée natale. Il a commencé très tôt en tant que patineur sur glace alors qu’il n’avait que trois ans.

Il voulait être joueur de hockey sur glace, mais ses parents ont mis leur veto à l’idée car ils estimaient que le sport était trop dangereux. L’ambition a été la plus forte, elle lui avait déjà permis de se qualifier pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse, en 2012.

Après PyeongChang, il avait décidé d’abandonner le ski mais a changé d’avis et s’est remis au sport. Il a réussi à remplir les critères de qualification, commentant sur les réseaux : « Voici deux mois, j’étais sur le point de jeter l’éponge. Je veux partager davantage mon histoire et utiliser ma voix pour inspirer une future génération d’olympiens d’hiver d’Érythrée et de la diaspora. »

« Voici deux mois, j’étais sur le point de jeter l’éponge. Je veux partager davantage mon histoire et utiliser ma voix pour inspirer une future génération d’olympiens d’hiver d’Érythrée et de la diaspora », commente le skieur venu d’Érythrée, Shannon Abeda.

@NAF

 

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