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Société

Une vaccination relancée

Une vaccination relancée
  • Publiémai 9, 2024

Les autorités sanitaires et les dirigeants politiques, comme le Béninois Patrice Talon, incitent les populations à ne pas craindre la vaccination, contre la Covid-19 ou le paludisme.

 

« Vaccinons-nous ! » Tel est le cri du cœur de Patrice Talon, publié cette semaine sur sa page Facebook. Le Président du Bénin redoute particulièrement un retour de flamme de l’épidémie de Covid-19, et un relâchement de la vaccination contre cette maladie. Ce, d’autant que le retrait mondial du vaccin Astra-Zeneca a semé le doute dans les esprits ; la déclinaison africaine du vaccin britannique était fournie par le dispositif, parfois décrié, Covax.

« La région africaine progresse dans le déploiement du vaccin antipaludique, ce qui change la donne dans notre lutte contre cette maladie mortelle », résume Matshidiso Moeti, directeur de l’OMS pour l’Afrique.

Pour sa part, le Bénin dispose de deux vaccins, fournis par le chinois Sinovax et l’américain Johnson & Johnson. Deux produits validés bien sûr par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé). Aux yeux de Patrice Talon, la vaccination est pour tous une obligation morale, un « contrat social » à remplir par chaque Béninois pour le bien-être collectif. Le Président béninois a reçu une dose de rappel à la mi-avril (photo ci-dessus).

Outre le choléra, pour lequel l’OMS vient d’approuver un vaccin aux résultats très encourageants, l’autre fléau – évitable – de l’Afrique est la malaria. Chaque mois apporte son lot de nouvelles « encourageantes », mais en attendant d’en terminer avec le paludisme, là encore, la vaccination est recommandée. Fin avril, trois pays, le Libéria, la Sierra Leone et le Bénin, ont procédé au déploiement à grande échelle d’un vaccin qui sauvera – selon l’OMS – des millions d’enfants dans ces trois pays d’Afrique de l’Ouest.

Benjamin Hounkpatin (au centre), ministre de la Santé du Bénin, avait lancé les premières campagnes de vaccinations, en début d'année.
Benjamin Hounkpatin (au centre), ministre de la Santé du Bénin, avait lancé les premières campagnes de vaccinations, en début d’année.

 

Voilà qui porte à huit le nombre de pays du continent qui proposent le vaccin antipaludique dans le cadre des programmes de vaccination des enfants, élargissant ainsi l’accès à une prévention plus complète du paludisme. Parmi la trentaine de pays de la région africaine qui ont exprimé leur intérêt pour le vaccin, plusieurs devraient le déployer au cours de l’année prochaine grâce au soutien de Gavi, l’Alliance du vaccin. Des efforts se poursuivent pour élargir son déploiement dans la région en coordination avec d’autres mesures de prévention telles que les moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée et la chimioprévention du paludisme saisonnier.

Le Bénin, qui a reçu 215 900 doses, a ajouté le vaccin antipaludique à son programme élargi de vaccination. Le vaccin antipaludique doit être administré selon un calendrier de quatre doses aux enfants à partir de l’âge de cinq mois environ.

 

Brisons la chaîne

« L’introduction du vaccin antipaludique dans le programme élargi de vaccination de nos enfants est une avancée majeure dans la lutte contre ce fléau. Les vaccins antipaludiques sont sûrs et efficaces et qu’ils contribuent à la protection de nos enfants contre cette maladie grave et mortelle », insiste le professeur Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé du Bénin.

Au Liberia, le vaccin a été lancé dans le comté de Rivercess, au sud du pays, et sera ensuite étendu à cinq autres comtés où le paludisme est très répandu. Au moins 45 000 enfants devraient bénéficier des 112 000 doses de vaccin disponibles.

« Pendant trop longtemps, le paludisme a volé les rires et les rêves de nos enfants. Aujourd’hui, grâce à ce vaccin et à l’engagement sans faille de nos communautés, de nos professionnels de la santé et de nos partenaires, nous brisons la chaîne. Nous disposons d’un outil puissant qui les protégera de cette maladie dévastatrice et des décès qui y sont liés, garantissant ainsi leur droit à la santé et à un avenir meilleur ! », s’exclame Dr Louise Kpoto, ministre de la Santé du Libéria.

Deux vaccins sûrs et efficaces – RTS,S et R21, recommandés par l’OMS, constituent une avancée pour la santé des enfants et la lutte contre le paludisme. Un programme pilote de vaccination contre le paludisme au Ghana, au Kenya et au Malawi a touché plus de 2 millions d’enfants entre 2019 et 2023, montrant une réduction significative des maladies paludéennes et une baisse de 13 % de la mortalité infantile globale, ainsi qu’une réduction substantielle des hospitalisations.

En Sierra Leone, les premières doses ont été administrées à des enfants dans un centre de santé de Western Area Rural, où les autorités ont donné le coup d’envoi du déploiement de 550 000 doses de vaccin. Le vaccin sera ensuite distribué dans les établissements de santé du pays.

« Avec ce nouveau vaccin sûr et efficace contre le paludisme, nous disposons désormais d’un outil supplémentaire pour lutter contre cette maladie. En combinaison avec des moustiquaires imprégnées d’insecticide, un diagnostic et un traitement efficaces, ainsi que des pulvérisations à l’intérieur des habitations, aucun enfant ne devrait mourir du paludisme », se félicite le Dr Austin Demby, ministre de la santé de la Sierra Leone.

 

Des progrès contrariés

Le paludisme reste un énorme problème de santé dans la région africaine, qui compte 11 pays représentant environ 70 % du fardeau mondial du paludisme. Selon le Rapport mondial sur le paludisme 2023, l’Afrique représentait 94 % des cas de paludisme dans le monde et 95 % des décès dus au paludisme en 2022.

Environ 200 000 enfants béninois devraient recevoir dès cette année le vaccin RTS,S contre le paludisme, estime le GAVI (Photo : Edna Fleure).
Environ 200 000 enfants béninois devraient recevoir dès cette année le vaccin RTS,S contre le paludisme, estime le GAVI (Photo : Edna Fleure).

 

Pourtant, « la région africaine progresse dans le déploiement du vaccin antipaludique, ce qui change la donne dans notre lutte contre cette maladie mortelle », résume Matshidiso Moeti, directeur de l’OMS pour l’Afrique. « En collaboration avec nos États membres et nos partenaires, nous soutenons les efforts en cours pour sauver la vie de jeunes enfants et réduire le fardeau du paludisme dans la région. »

Les progrès contre le paludisme sont au point mort dans ces pays africains à forte charge de morbidité depuis 2017 en raison de facteurs tels que le changement climatique, les crises humanitaires, le faible accès aux services de santé et leur qualité insuffisante, les obstacles liés au genre, les menaces biologiques telles que la résistance aux insecticides et aux médicaments, ainsi que les crises économiques mondiales. La fragilité des systèmes de santé et les graves lacunes en matière de données et de surveillance ne font qu’aggraver la situation.

 

AD, avec un compte rendu de l’OMS

@NA

 

Écrit par
Aude Darc

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