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Société

Une offre de soins innovante et globale

Cofondateur de la société Service médical international, Ghazi Mejbri entend contribuer à l’émergence de pôles de santé en Afrique. Après le Gabon, il s’apprête à créer un centre de soins au Tchad.

Il faut un peu de patience pour trouver, derrière la rigueur et la courtoisie professionnelle qu’affiche de prime abord Ghazi Mejbri derrière son bureau de chef d’entreprise, « l’aventurier un peu nomade », comme il se qualifie lui-même. Âgé aujourd’hui de 60 ans, tour à tour professeur à HEC en France, créateur d’une maison d’édition, co-fondateur d’un groupe d’universités privées – l’Institut des hautes études, présent à Tunis, à Sousse, Sfax, mais aussi à Paris et à Dakar – il est aussi un passionné, initié à l’astronomie, à la photographie… Il a également un passé militant au sein d’Amnesty international, durant les années 1980. 

La société qu’il dirige aujourd’hui, Smedi (Service médical international), concilie cet esprit d’entreprise et ce sens de l’engagement citoyen. « Les quatre associés qui ont fondé Smedi en 2007, ont en commun d’avoir milité en faveur d’un partenariat afro-africain dans une perspective tiers-mondiste », souligne-t-il. Cette société, dont le siège se niche dans les ruelles d’un quartier résidentiel de Tunis, a mis son activité au service de ce credo africaniste : « Nos indépendances sont récentes. Nos pays sont encore entravés par de mauvaises habitudes culturelles, le népotisme, la corruption, on attend tout de l’État et les politiques publiques ne sont pas toujours à la hauteur. L’Europe reste une référence pour les technologies, pour les services à haute valeur ajoutée, mais nos relations ne sont pas équilibrées. Entre pays africains, nous pouvons nous entraider pour conforter nos développements respectifs. »

C’est dans cet esprit que Smedi projette une structure de santé au Tchad. Une polyclinique qui offrira un large éventail de prestations : imagerie médicale, orthopédie, oncologie, cardiologie, ophtalmologie… dont la première tranche d’activité démarrera en 2016. « Cette structure va non seulement enrichir l’offre de soins locale mais aussi créer un effet d’émulation. La Tunisie est en recherche de nouveaux marchés pour résoudre son problème de chômage. Le Tchad, en pleine croissance, a des besoins à combler en matière d’offre de soins », défend celui qui est aussi le président du conseil d’affaires tuniso-tchadien, créé en septembre 2014. Ghazi Mejbri milite au sein du patronat tunisien pour le développement des investissements en Afrique subsaharienne. « Nous sommes au stade des initiatives de précurseurs. Mais bientôt, ce sera la ruée ! »

Nous facilitons les aspects administratifs, nous les orientons vers les établissements les mieux équipés, et les équipes les mieux formées, notre position sur le marché nous permet de négocier des conditions optimales.

Pour Smedi, les deux pays prioritaires sont le Tchad et le Gabon où la société a déjà créé en 2013, à Libreville, le plus grand centre de dialyse du pays. « Nous avons apporté la ressource financière, technique, humaine, organisationnelle. Son activité a été multipliée par quatre en deux ans et nous fournissons au moins 45 % de l’offre nationale. »

Cette politique d’investissement s’inscrit dans le prolongement de l’activité initiale de Smedi : l’évacuation de malades pour des soins à l’étranger. « Par manque de structures locales adéquates, des patients sont contraints d’aller chercher des solutions médicales à l’étranger. J’ai pu constater, à travers le cas d’amis africains, qu’il y avait besoin d’accompagnement sérieux. C’est l’intuition à l’origine de Smedi qui a professionnalisé cet accompagnement. » Smedi a assis sa réputation en proposant à des patients tchadiens, gabonais, congolais, algériens… un suivi complet de leur parcours médical en Tunisie. « Nous les accompagnons dans toutes les étapes, de l’aéroport à l’aller jusqu’à celui du retour, explique Ghazi Mejbri. Nous veillons sur eux en professionnels avertis. Nous facilitons les aspects administratifs, nous les orientons vers les établissements les mieux adaptés, et les équipes les mieux formées, notre position sur le marché nous permet de négocier des conditions optimales. Nous avons également six résidences médicalisées de convalescence. » Smedi a également développé un service équivalent pour la France, l’Italie, la Croatie, la Slovénie. 

« Mais les pays évacuateurs ne peuvent le rester éternellement. L’idée qui guide nos projets d’investissement en Afrique, c’est que ces pays peuvent devenir des pôles de santé régionaux. » Smedi offre aussi des formations sur l’utilisation des équipements médicaux de pointe et sur la gestion hospitalière. Cette perspective offre une nouvelle aventure pour cet entrepreneur passionné.

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