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Société

Une mine de renseignements

Une mine de renseignements
  • Publiéaoût 14, 2022

New African est, une fois de plus, fier d’être associé à l’enquête sur la jeunesse africaine de la Fondation Ichikowitz. Ce sondage unique sur les opinions, les espoirs et les craintes de la jeunesse africaine est un guide et un outil inestimables pour les planificateurs et les dirigeants du continent qui tentent de donner un sens à l’époque actuelle et de tracer des voies pour l’avenir.

 

La deuxième enquête de la Fondation Ichikowitz sur la jeunesse africaine après celle de 2020 arrive au bon moment, alors que l’Afrique commence à se remettre lentement des effets de la pandémie de la Covid-19.

Beaucoup de choses se sont passées entre les deux enquêtes – outre la pandémie et les soubresauts économiques qui en ont résulté, qui ont entraîné des pertes de revenus et d’opportunités très importantes, nous avons vécu les troubles politiques mondiaux, la crise climatique, les soulèvements spontanés contre l’autorité, l’augmentation de la violence à motivation politique, et un mécontentement croissant à l’égard des gouvernants et du manque de vision des dirigeants nationaux.

« Les rêves que les jeunes osent rêver pour eux-mêmes ne sont pas uniques, car beaucoup d’autres personnes en Afrique partagent les mêmes espoirs et les mêmes craintes. J’espère que cette enquête leur donnera la confiance nécessaire pour poursuivre le voyage que tant d’autres ont entrepris, afin de libérer leur propre promesse » (Ivor Ichikowitz).

Les réactions des jeunes Africains à ces évolutions sont parfaitement saisies par l’enquête, qui présente de nombreux éléments qui donnent à réfléchir. Par exemple, bien que l’optimisme pour l’avenir ait considérablement diminué depuis la dernière enquête, les jeunes n’ont pas sombré dans le désespoir. Au contraire, ils semblent déterminés à façonner l’avenir par leurs propres efforts et à ouvrir des voies différentes pour gagner leur vie. Si leur confiance en la génération plus âgée pour trouver des solutions a diminué, il n’en va pas de même de leur confiance en leurs propres capacités.

Il s’agit d’un signe très encourageant qui montre que la jeunesse africaine a désormais des ailes puissantes et qu’elle est prête à s’envoler seule pour se forger un avenir bien meilleur.

L’enquête a été menée dans quinze pays africains, dont le Gabon et la RD Congo, dans chacun desquels 300 jeunes, sur une base stricte de 50/50 entre les sexes, ont été interrogés sur dix sujets. « Nous avons maintenant interrogé un peu moins de 10 000 jeunes Africains dans le cadre de deux enquêtes distinctes », commente Ivor Ichikowitz, président de la fondation.

 

Ces dernières années, nous avons entendu beaucoup de discussions sur « la poussée de la jeunesse » en Afrique et toutes sortes de théories sur ce que cela signifie et sur la façon de la gérer, mais nous avons rarement entendu les jeunes eux-mêmes ! C’est exactement ce que réalise cette enquête, comme la précédente. Elle reflète avec précision la façon dont les jeunes perçoivent leur monde et la place qu’ils y occupent.

 

Des leaders en attente

Elle montre également que de nombreuses perceptions de la jeunesse africaine, souvent issues de fragments d’informations décousus ou de projections étroites d’observateurs, sont très éloignées de la réalité.

« Le but de cet exercice, écrit Ivor Ichikowitz dans l’avant-propos de l’enquête, n’est pas seulement de changer les perceptions, mais de donner aux pays africains les outils nécessaires pour comprendre leurs futurs dirigeants. »

Dans son avant-propos, Kgalema Motlanthe, ancien président de la République d’Afrique du Sud, déclare que si l’on croit réellement que nous vivons le siècle de l’Afrique, « ce ne seront pas les anciens de ce continent qui le feront, mais les générations futures, en particulier la cohorte la plus importante de toutes  – les 18-24 ans – car ce sont les leaders en attente ». Que pensent-ils ? De quoi ont-ils besoin ? Et surtout, comment se sentent-ils ? « Grâce à la deuxième édition de l’enquête sur la jeunesse africaine, nous connaissons les réponses à ces questions urgentes. »

Cette enquête est une fois de plus présentée avec sa combinaison unique de graphiques accrocheurs et de commentaires informés mais concis. Elle est subdivisée en dix domaines de préoccupation pour la jeunesse africaine, comme l’afro-optimisme, la connectivité, les médias, l’environnement, la sûreté et la sécurité, l’emploi, les relations étrangères, etc.

Chaque chapitre aborde les questions de manière exhaustive. Par exemple, celui sur les relations étrangères examine l’influence relative des puissances étrangères sur l’Afrique, discute de l’influence positive ou négative de la Chine et aborde les relations du continent avec les États-Unis, en confrontant les points de vue sur le leadership de Donald Trump et de Joe Biden. Le chapitre se termine par un verdict très intéressant de jeunes Africains sur le niveau de confiance qu’ils accordent à leurs propres dirigeants – et il n’est peut-être pas surprenant qu’ils considèrent leurs élus comme les moins dignes de confiance de tous les dirigeants.

 

Des jeunes branchés sur l’Internet

Les jeunes déclarent que les principales priorités du continent africain sont la création de nouveaux emplois bien rémunérés (28 %) et la réduction de la corruption gouvernementale (22 %). De tous les acteurs étrangers présents sur le continent, les jeunes considèrent que la Chine a de loin le plus grand impact. Soixante-dix-sept pour cent considèrent que le pays d’Asie de l’Est comme ayant une influence majeure, 76 % jugeant cette influence cette influence comme positive. Les jeunes se montrent très préoccupés par l’environnement et 64 % d’entre eux travaillent activement à la réduction de leur empreinte carbone et 67 % déclarent soutenir des causes environnementales.

Des jeunes branchés : 64% ont un accès régulier et privé à l’Internet, mais ils jugent les prix élevés et seul un jeune sur huit a un accès illimité à tout moment.

Les chapitres sont complétés par des études rédigées par diverses personnes qui apportent chacune un éclairage plus approfondi sur le sujet. J’ai eu l’honneur d’être invité à contribuer au chapitre « Connectivité et médias », qui traite non seulement de l’importance du téléphone portable comme moyen de communication, mais aussi de l’accès universel à l’Internet en tant que droit de l’homme. Il examine l’importance croissante du commerce électronique dans l’économie, la manière dont les jeunes s’informent sur le monde qui les entoure, les sources auxquelles ils font confiance et celles dont ils se méfient, le pouvoir des médias sociaux et la menace des fausses nouvelles.

« Le défi a été d’intégrer le meilleur des médias traditionnels, avec ses freins et ses contrepoids, au système de diffusion et de consommation numérique. Il ne fait guère de doute que si l’on ne parvient pas à trouver un juste milieu, l’avenir sera caractérisé par le chaos et un affrontement incontrôlé et parfois violent d’idées, toutes projetées sur le jeune monde de demain.

C’est avec soulagement que j’ai découvert que la majorité des jeunes Africains considèrent les organes d’information traditionnels, locaux et internationaux, comme les plus dignes de confiance et que, bien qu’ils consultent très souvent Facebook pour obtenir du contenu d’actualité, ils le trouvent le moins fiable. »

 

À l’écoute des préoccupations

Il est très encourageant de découvrir que, dans un monde qui semble avoir de plus en plus de mal à distinguer le vrai du faux, la jeunesse africaine, selon l’Institut Reuters de l’Université d’Oxford, « affiche les niveaux d’inquiétude les plus élevés de toutes les régions, avec plus des trois quarts qui se disent préoccupés par la désinformation. » Cela signifie qu’il n’est pas et, espérons-le, ne sera pas facile de tromper un Africain !

Parmi les auteurs figurent : Chido Cleopatra Mpemba, envoyée spéciale pour la jeunesse au cabinet du président de la Commission de l’Union africaine ; Belvin Tawuya, responsable en chef du marketing et de la communication à l’Africa Centre de Londres ; Ineza Umuhoza Grace, PDG de The Green Fighter, une ONG environnementale dirigée par des jeunes et opérant au Rwanda ; Richard Munang, coordinateur régional du changement climatique pour l’Afrique au PNUE ; et Masa Mara (Eli Gold), artiste visuel et dé-signeur de mode d’origine rwandaise, entre autres.

 

L’enquête sur la jeunesse africaine 2022 est, par essence, un hommage à l’importance des jeunes du continent. Ivor Ichikowitz explique dans son avant-propos : « Tant de jeunes Africains d’aujourd’hui sont marginalisés. J’espère que cette enquête leur prouve que quelqu’un est à l’écoute de leurs préoccupations et qu’en partageant publiquement leurs rêves, elle leur donne de l’espoir. »

@NA

Écrit par
Anver Versi

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