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Société

Une lutte mal financée contre les violences faites aux femmes

Une lutte mal financée contre les violences faites aux femmes
  • Publiénovembre 23, 2023

Un rapport onusien met en évidence les faibles moyens consacrés à lutter contre les violences faites aux femmes, au sein de l’Aide au développement. La quinzaine qui s’ouvre permettra de sensibiliser davantage à ce phénomène.

 

En 2022, le monde dépensé 204 milliards de dollars à l’Aide au développement ; sur cette somme, seul 0,20% a été consacré à la prévention de la violence basée sur le genre (VBG).

À l’approche de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, paraît un rapport intitulé Qu’est-ce qui compte ? L’état du financement de la prévention de la violence fondée sur le genre à l’encontre des femmes et des filles !, rédigé par les partenaires d’ONU Femmes, l’Institut pour l’égalité et l’Accélérateur pour la prévention de la violence basée sur le genre. Il révèle « une réalité inquiétante » : la lutte contre violence basée sur le genre, un problème aux proportions alarmantes, est largement sous-financé.

D’un festival du film au Rwanda à un dialogue pour les jeunes femmes au Sri Lanka, en passant par des projections de films en Égypte et au Maroc, des dizaines d’événements organisés viseront à rallier l’action pour garantir un avenir sans violence pour les femmes et les filles.

Le rapport révèle 245 millions de femmes et de filles continuent de subir chaque année des violences physiques ou sexuelles de la part de leurs partenaires intimes. Et 86 % des femmes et des filles vivent dans des pays qui ne disposent pas de protections juridiques solides contre la violence, ou dans des pays où les données ne sont pas disponibles.

En outre, les effets des crises économiques, des conflits et du changement climatique ont accru la vulnérabilité des femmes et des filles à la violence.

« Il est temps d’agir sérieusement et de financer ce que nous savons être efficace pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles : investir dans la réforme et la mise en œuvre des lois et des politiques multisectorielles et fournir des services aux survivants », résume Sima Bahous, directrice d’ONU Femmes.

« Avec la volonté et les contributions de toutes les parties prenantes et de tous les secteurs, nous pouvons débloquer des financements, suivre les allocations budgétaires et accroître la budgétisation sensible au genre. Nous disposons des solutions et des ressources nécessaires pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles au cours de notre vie. »

 

Le nombre de féminicides ne diminue pas

Rapport couverture ONU Femmes 2023Un mouvement féministe fort et autonome constitue également un élément essentiel de la solution. Les organisations de défense des droits des femmes jouent un rôle essentiel dans la prévention de la violence, la promotion de changements politiques et la responsabilisation des gouvernements. Cependant, selon le rapport, ces structures restent gravement sous-financées et des efforts importants sont nécessaires pour accroître le soutien financier aux organisations de défense des droits des femmes qui travaillent dans ce domaine.

Par ailleurs, un nouveau rapport de recherche contenant des estimations sur les meurtres de femmes et de filles liés au genre, publié conjointement par l’ONUDC et ONU Femmes, montre qu’au niveau mondial, près de 89 000 femmes et filles ont été tuées intentionnellement en 2022, soit le nombre annuel le plus élevé enregistré au cours des deux dernières décennies, ce qui indique que le nombre de féminicides n’est pas en baisse. La plupart des meurtres de femmes et de filles sont motivés par le sexe. En 2022, 55 % des homicides volontaires de femmes (environ 48 800) ont été commis par des partenaires intimes ou d’autres membres de la famille. Cela signifie qu’en moyenne, plus de 133 femmes ou filles ont été tuées chaque jour par un membre de leur propre famille.

C’est pourquoi, dans le cadre de la campagne des seize jours d’activisme, ONU Femmes appelle les États, le secteur privé, les fondations et les autres donateurs à accroître leurs investissements durables et à long terme en faveur des organisations de défense des droits des femmes qui œuvrent pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles dans toute leur diversité.

D’un festival du film au Rwanda à un dialogue pour les jeunes femmes au Sri Lanka, en passant par des projections de films en Égypte et au Maroc, des dizaines d’événements organisés viseront à rallier l’action pour garantir un avenir sans violence pour les femmes et les filles.

Quelques actions symboliques d’affichages en orange seront menées, par exemple à la Maison de l’ONU à Dakar.

La Maison de l'ONU à Dakar, avant sa rénovation.
La Maison de l’ONU à Dakar, avant sa rénovation.

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En bref

La participation des femmes dans les processus de paix

 

L’Union africaine organise le quatrième Forum africain de haut niveau sur les femmes, la paix et la sécurité à Addis-Abeba les 13 et 14 décembre 2023. Ce forum de deux jours réunira des femmes africaines artisanes de la paix, des dirigeantes et des points focaux nationaux et régionaux sur les femmes, la paix et la sécurité, pour plaider en faveur d’une transformation significative des stratégies et efforts actuels employés pour promouvoir l’implication et le leadership des femmes en Afrique, ainsi que pour cocréer de nouvelles approches visant à faire progresser l’inclusion et la participation des femmes dans les processus de paix.

Photo ONU Femmes, Martine Perret.
Photo : ONU Femmes, Martine Perret.

 

À lire, sur le même sujet : 

https://magazinedelafrique.com/societe/investir-dans-les-femmes-pour-mettre-fin-a-la-violence-sexiste/

 

 

 

 

 

 

 

@NA

 

Écrit par
Aude Darc

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