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Société

Une boussole dans le développement des pays arabes

Le Bureau régional de l’UNFPA pour les États arabes et la Ligue des États arabes émettent un nouvel indicateur, l’Indice composite de développement de la population (PDCI). Il mesure les efforts réalisés dans le Programme 2030 des Nations unies.

Par Aude Darc    

Un indicateur du développement et du bien-être des populations, qui témoigne des progrès réalisés par chacun. Tel est le sens du PDCI, en français Indice composite de développement de la population, créé par la Ligue des États arabes et le Fonds des Nations unies pour la population, l’UNFPA. L’indice fait l’objet d’un rapport portant sur vingt pays arabes, « PDCI Report 2020 ».

L’indice composite de développement de la population se présente comme un outil prospectif qui promeut un programme de développement durable centré sur l’être humain dans la région arabe.

En particulier, il permet de suivre les réalisations en vue de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) et les objectifs de développement durable connexes du point de vue du développement de la population. C’est pourquoi l’UNFPA, dans le souci de mesurer le respect de cet agenda, a pris l’initiative de développer le PDCI en utilisant les indicateurs du Programme 2030.

Le directeur de l’UNFPA pour les États arabes, Luay Shabaneh, explique que son organisation a répondu aux souhaits de plusieurs organismes. Il cite notamment l’Institut arabe de formation et de recherche en statistique, la CESAO (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), les Conseils arabes de la population et la Ligue des États arabes.

L’UNFPA travaille également avec les bureaux nationaux de statistique pour développer leur capacité à utiliser cet outil. « Nous appelons tous les pays à utiliser cet indice pour les aider à suivre et à évaluer leurs progrès vers la réalisation des objectifs de développement durable au niveau national en adoptant des orientations politiques fondées sur des données factuelles et centrées sur les personnes », explique Luay Shabaneh. L’UNFPA aidera chaque pays à établir son propre rapport.

Harmoniser les politiques

De son côté, l’ambassadrice de la Ligue des États arabes, Haifa Abu Ghazaleh, rappelle dans un communiqué qu’il est important de combler le manque de données et quel est le rôle d’un indicateur composite dans le renforcement de la réponse nationale, lors de catastrophes et de crises.

Un avis partagé par le ministre tunisien de la Santé publique, Faouzi Mehdi, qui a souligné dans un discours l’importance des données sur la population en termes de taille, de croissance, de caractéristiques démographiques, de conditions de vie, de gouvernance, de responsabilité et de durabilité, afin de formuler des politiques et la planification.

Pour Faouzi Mehdi, l’harmonisation entre les politiques et les autres interventions dans le cadre global du Programme 2030 est « le seul moyen pour la région et le monde de mettre en œuvre cet objectif ». Ce, alors qu’« il ne fait aucun doute que les données sont l’épine dorsale de toute décision significative, et qu’il est nécessaire d’adopter de nouveaux indicateurs et de les placer dans un cadre intégré pour avoir une vue d’ensemble ».

Dès lors, l’indice PDCI représente « une étape importante » pour évaluer les performances de la région sur la voie de la réalisation de l’Agenda 2030 et voir où elle se situe dans ses objectifs de développement durable.

Une mesure scientifique et un outil politique

Le PDCI est fondé sur le principe que les individus sont au centre de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable et que tout progrès vers leur réalisation doit être attesté par un changement positif dans la vie des personnes, tout en veillant à ce que « personne ne soit laissé pour compte » . L’outil est basé sur les cinq thèmes (ou piliers) des Nations unies, à savoir la dignité et les droits humains, la santé, le lieu et la mobilité, la gouvernance et la responsabilité, et la durabilité.

L’indicateur offre quelques intérêts. Premièrement, il fournit une mesure scientifique et un outil politique. Deuxièmement, les différents acteurs, étatiques ou non, seront, par son utilisation, en mesure de suivre et d’évaluer les progrès des objectifs de développement durable du point de vue de la population afin d’avoir des orientations politiques fondées sur des preuves.

Troisièmement, l’indice aidera chaque pays à identifier les domaines d’amélioration, à définir leurs priorités et à mieux allouer leurs ressources. Aux niveaux international et régional, quatrième point, il aidera à informer les organisations internationales et les donateurs sur les forces, les faiblesses, les opportunités et les défis de chacun.

Déjà, l’indicateur montre que davantage d’efforts sont nécessaires pour accélérer la promesse et réaliser l’Agenda 2030 et que les pays ne sont pas au même stade dans la recherche de cet objectif.

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