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Société

Un reboisement intensif des forêts ivoiriennes

Un reboisement intensif des forêts ivoiriennes
  • Publiénovembre 28, 2022

Appuyé par la Banque mondiale, le gouvernement ivoirien a décidé de reboiser 20 000 hectares de forêt en sept ans. Un enjeu de taille pour des populations qui vivent d’une culture unique, le cacao, laquelle met en péril la nécessaire diversité des espèces.

 

Au total, l’ambitieux programme de la Côte d’Ivoire porte sur 300 000 hectares de parc forestier à conserver et à augmenter. Le 23 novembre, le ministre des Eaux et Forêts, Laurent Tchagba, a annoncé le reboisement intensif de 20 000 hectares de forêts sur une période de sept ans. Cette initiative vise à contribuer à la restauration du couvert forestier national. Elle a reçu le soutien de la Banque mondiale qui octroie 148 millions de dollars à la Côte d’Ivoire pour mener à bien la restauration de son parc forestier.

« La stratégie n’est cependant envisageable que si une profonde réforme de l’exploitation et de la fiscalité forestière est menée à bien et si les contraintes de base relatives à la propriété de l’arbre et à la question foncière sont levées pour fournir un cadre foncier sécurisé aux différents acteurs intéressés » (Banque mondiale).

« De 16 millions d’hectares de forêts en 1900, nous sommes aujourd’hui à 2,97 millions d’hectares, soit moins de 10% du territoire national », a résumé le ministre. Conscient de cette situation, « le gouvernement a pris l’engagement de porter la couverture forestière du pays à 6,5 millions d’hectares d’ici à 2030 soit 20% du territoire national. Et pour atteindre cet objectif, le gouvernement a pris des mesures fortes, dont la mise en œuvre d’un programme de reboisement intensif portant sur 20 000 hectares de forêts ».

Dans un rapport récent, la Banque mondiale avait d’ailleurs pointé la nécessité pour la Côte d’Ivoire d’engager de nombreux moyens pour restaurer sa forêt, dans un souci à la fois écologique, économique, et social. Des filières issues de l’agroforesterie représentent de nombreuses opportunités d’emplois pour les populations locales. Certaines pourtant prometteuses ont été abandonnées, notamment depuis les années 1960, au profit du cacao. Quelque 300 000 ménages, soit 2 millions de personnes, sont concernés par cette diversification nécessaire de l’activité, selon les estimations de la Banque mondiale.

Pour le ministre des Eaux et Forêts, le programme, d’environ 94 milliards de F.CFA (143 millions d’euros), matérialise l’engagement du gouvernement à préserver et à réhabiliter les forêts ivoiriennes. Le premier projet de ce genre, lancé en 2018, aurait obtenu des résultats concluants.

Ce programme, selon le ministre, permettra d’une part de conserver et d’augmenter le stock forestier grâce au programme d’agroforesterie portant sur 300 000 hectares de forêts classées dégradées de la région Sud-Ouest et dans des forêts classées de la zone des savanes.

 

Nécessaire synergie entre les acteurs

Il renforcera également la conservation de la biodiversité dans quatre parcs nationaux dont le Parc national de Tai, deuxième forêt primaire d’Afrique, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco comme réserve de biosphère.

Le ministre a lancé un appel aux partenaires pour une synergie d’action dans l’exécution de ce projet du fait de sa sensibilité. « Il est nécessaire de prendre en compte les mesures de sauvegarde sociale en faveur des populations installées dans les forêts classées en y associant étroitement les mesures de sauvegarde environnementales. »  

Le ministre ivoirien des Eaux et Forêts, Laurent Tchagba
Le ministre ivoirien des Eaux et Forêts, Laurent Tchagba

 

Précisant : « La stratégie consiste à laisser les communautés dans les forêts classées en opérant une bonne combinaison des arbres forestiers et des essences développées par les populations pour leur survie, afin de démontrer aux partenaires notre capacité à gérer les cas difficiles et à relever les défis pour la réussite totale de ce projet. » Le ministre prend l’engagement d’obtenir des résultats à plus de 90% à l’évaluation finale.

Pour autant, l’« objectif légitime visant à atteindre 20 % de couverture forestière pour le territoire national, soit 7,5 millions d’hectares contre 3 millions actuellement, ne pourra être atteint que par la mise en œuvre rapide et efficace de programmes massifs de plantations forestières et d’agroforesterie en zone rurale », souligne la Banque mondiale.

Laquelle pointe un écueil : en milieu rural, il n’existe que peu d’espaces ou de réserves foncières pouvant être unilatéralement affectés par le gouvernement aux activités forestières. Le domaine rural est très largement couvert par les droits coutumiers des populations et ces dernières préfèrent utiliser leurs terres pour des activités agricoles qui ont une rentabilité plus importante – surtout pour des ménages pauvres ayant un taux de dégradation important de leurs revenus.

La stratégie adoptée met d’ailleurs un accent sans équivoque sur la nécessité de promouvoir les investissements privés dans les plantations forestières, par les industriels du secteur du bois voulant sécuriser leur approvisionnement ou par les ménages agricoles désireux de diversifier leurs revenus. « Cela n’est cependant envisageable que si une profonde réforme de l’exploitation et de la fiscalité forestière est menée à bien et si les contraintes de base relatives à la propriété de l’arbre et à la question foncière sont levées pour fournir un cadre foncier sécurisé aux différents acteurs intéressés », observe la Banque mondiale.

@NA

Écrit par
Aude Darc

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