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Société

Un forum permanent à l’ONU pour les descendants d’Africains

Une nouvelle instance servira de mécanisme de consultation pour les personnes d’ascendance africaine et les personnes sensibilisées à leur sort. Elle contribuera à l’élaboration d’une déclaration des Nations unies sur ces populations encore victimes de stigmatisations.

Par Kimberly Adams

Après plusieurs années de délibérations, l’Assemblée générale des Nations unies a créé une nouvelle plateforme destinée à améliorer la vie des personnes d’ascendance africaine. En 2014, l’ONU avait institué la période 2015-2024 « Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine ».

Les enfants d’ascendance africaine sont souvent victimes de discrimination raciale dans les écoles. Ils obtiennent de moins bons résultats scolaires et sont parfois traités comme des criminels dès leur plus jeune âge, a souligné Michelle Bachelet, au nom des Nations unies.

Lesquelles, constate l’organisme, souffrent depuis des siècles des méfaits du racisme, de la discrimination raciale et de l’héritage de l’esclavage dans le monde entier. Peu d’initiatives, pourtant, ont émergé depuis 2015. Et les discussions se poursuivaient depuis six ans pour la création d’une instance de représentation.

Cette fois, le 1er août, les 193 membres de l’Assemblée ont adopté à l’unanimité une résolution portant sur la création du Forum permanent des Nations unies pour les personnes d’ascendance africaine, un organe consultatif de dix membres qui travaillera en étroite collaboration avec le Conseil des droits de l’homme basé à Genève. 

Le nouveau Forum servira de mécanisme de consultation pour les personnes d’ascendance africaine et d’autres parties prenantes, et contribuera à l’élaboration d’une déclaration des Nations Unies, « une première étape vers un instrument juridiquement contraignant » sur la promotion et le plein respect des droits des personnes d’ascendance africaine, promet l’ONU.

Pour la première fois, la résolution articule le mandat du nouvel organe. À l’occasion du vote, l’Assemblée s’est alarmée de la propagation des mouvements extrémistes racistes dans le monde et a déploré « les fléaux permanents et résurgents » que sont le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.

Vers une « Déclaration » contraignante

Cette décision intervient quelques jours après la création par le Conseil des droits de l’homme d’un groupe d’experts chargé d’enquêter sur le racisme systémique dans les activités de police à l’encontre des personnes d’origine africaine et dans la foulée d’un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH). Une initiative suscitée par le meurtre de George Floyd par la police américaine, en 2020.

Le rapport note également qu’« aucun État n’a rendu compte de manière exhaustive de l’impact passé ou actuel du racisme systémique » et appelle à un programme de transformation pour lutter contre la violence à l’égard des personnes d’ascendance africaine.

Le Forum permanent des personnes d’ascendance africaine sera composé de cinq membres désignés par les gouvernements puis élus par l’Assemblée générale, ainsi que de cinq membres supplémentaires nommés par le Conseil des droits de l’homme.

Il cherchera notamment à faire progresser la pleine inclusion politique, économique et sociale des personnes d’ascendance africaine dans les sociétés dans lesquelles elles vivent et contribuera à l’élaboration d’une déclaration des Nations unies sur les droits des personnes d’ascendance africaine. 

Le Forum fournira des conseils d’experts et des recommandations au Conseil des droits de l’homme, aux principales commissions de l’Assemblée et aux diverses entités des Nations unies travaillant sur les questions liées à la discrimination raciale. Il recueillera également les meilleures pratiques et suivra les progrès de la mise en œuvre effective des activités de la Décennie internationale, en rassemblant les informations pertinentes auprès des gouvernements, des organes des Nations unies, des groupes non gouvernementaux et d’autres sources pertinentes.

La première session de l’Instance permanente se tiendra en 2022, les sessions annuelles suivantes se dérouleront en alternance entre Genève et New York.

Faible représentation

Au sein du rapport du HCDH et dans ses présentations publiques, la Haut-Commissaire Michelle Bachelet a souligné « les inégalités croissantes » et « la marginalisation socio-économique et politique brutale » auxquelles sont confrontées les Africains et les personnes d’ascendance africaine dans de nombreux pays.

En effet, a souligné l’ancienne présidente du Chili, les enfants d’ascendance africaine sont souvent victimes de discrimination raciale dans les écoles. Ils obtiennent de moins bons résultats scolaires « et sont parfois traités comme des criminels dès leur plus jeune âge ».

Photo : Haiti, enfants dans un camp de personnes déplacées (Sources : Nations unies, Logan Abassi)

Dans certains États, les personnes d’ascendance africaine sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté, de gagner des salaires inférieurs, d’occuper des postes moins qualifiés et d’avoir un accès inégal à un logement convenable et à des soins de santé de qualité.

Ces obstacles sont aggravés par la participation et la représentation insuffisantes des personnes d’ascendance africaine dans les processus décisionnels et dans la vie publique, regrette Michelle Bachelet. Le racisme systémique est accentué par le sort spécifique réservé aux femmes d’ascendance africaine, qui subissent de multiples formes de discrimination.

KA

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