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Société

Un continent à la pointe de la prévention

Un continent à la pointe de la prévention
  • Publiéoctobre 18, 2022

Un rapport interactif de l’ONG Resolve to Save Lives souligne l’efficacité des politiques de prévention et de réaction rapide contre la propagation d’une épidémie. Et salue les résultats obtenus en Afrique, du Ghana à l’Éthiopie, en passant par le Sénégal.

 

Le coronavirus et les récentes épidémies de variole du singe et de polio ont mis en évidence la vulnérabilité du monde face aux maladies infectieuses. Et pourtant, chaque jour, les agents de santé publique enrayent les épidémies avant qu’elles ne se déclenchent. En septembre 2022, le Ghana a endigué sa première épidémie de virus de Marburgs, une maladie très contagieuse et particulièrement dangereuse.

« Lorsque les centres de soins de santé primaires sont des milieux de travail sûrs, les patients et les professionnels de la santé sont protégés et sont mieux en mesure de détecter et de répondre aux menaces sanitaires avant qu’elles n’échappent à tout contrôle. »

Resolve to Save Lives édite en ligne son deuxième rapport sur les « Épidémies qui n’ont pas eu lieu », révélant que les investissements dans la préparation, conjugués aux réponses rapides et stratégiques des autorités de santé publique, peuvent enrayer les épidémies, sauver des vies et prévenir la souffrance.

Les exemples concrets cités dans le dernier rapport mettent en évidence différents aspects des programmes de santé publique efficaces. Ainsi, il souligne comment l’amélioration des systèmes et des compétences à la suite d’épidémies mortelles a permis d’endiguer les épidémies d’Ebola en Guinée et en RD Congo. Il décrit comment une planification avancée, une sensibilisation à l’échelle régionale et une action rapide ont permis d’enrayer le choléra au Burkina Faso. Il salue le travail d’une équipe diversifiée qui s’est mobilisée et a endigué avec succès une épidémie de rage en Tanzanie. Ainsi que la mobilisation du Sénégal contre la Covid-19.

De cette expérience au Sénégal, quelques conclusions simples. En premier lieu, la rapidité est essentielle. Une évaluation de bout en bout de la rapidité, c’est-à-dire de la rapidité avec laquelle un système de santé publique détecte les menaces de maladie et y répond, est une mesure optimale de la performance.

En deuxième lieu, une action bien coordonnée au niveau local est essentielle pour prévenir les épidémies. Les épidémies commencent et se terminent dans les communautés. Les efforts locaux, soutenus par des organismes de santé publique sous-nationaux et nationaux, sont les éléments constitutifs d’un monde mieux préparé à la prochaine épidémie.

 

Nul besoin d’être parfait pour réussir

En troisième lieu, l’engagement communautaire est payant. Les communautés qui font confiance au système de santé sont plus enclines à signaler un problème et à collaborer avec les responsables pour contenir les épidémies.

Enfin, en quatrième lieu, les agents de santé doivent être formés, soutenus et avoir accès aux ressources et à l’assistance nécessaires pour enrayer les épidémies, souligne l’ONG. Leur capacité à reconnaître rapidement les menaces et à alerter les autorités sanitaires du district et du pays est la première étape d’une réponse qui empêchera une épidémie de se propager.

Le rapport revient sur d’autres exemples ailleurs dans le monde, comme l’utilité du retour d’expérience en Inde pour endiguer une épidémie. Il cite la manière dont les équipes médicales brésiliennes ont mis fin à une épidémie de grippe survenue sur un bateau de croisière. Idem pour un cas de dengue en Indonésie, etc.

« Les succès enregistrés par les professionnels de la santé publique de première ligne à travers le monde prouvent que le secteur de la santé publique fonctionne lorsque nous investissons dans le renforcement des systèmes de santé et en faisons une priorité, en particulier aux niveaux national et infranational », comment le Dr Tom Frieden, PDG de Resolve to Save Lives.

Une recherche de contact en Éthiopie

Celui qui fut directeur des Centres de contrôle et de prévention des maladies des États-Unis souligne l’un des enseignements de son étude : « Les réponses n’ont pas nécessairement besoin d’être parfaites pour être efficaces, mais que des investissements soutenus dans la préparation peuvent faire la différence entre une épidémie maîtrisée et une épidémie dévastatrice pour une communauté, un pays ou le monde entier. » À l’inverse, prévient-il, « la préparation aux épidémies ne doit pas s’arrêter dès qu’une épidémie prend fin ».

Selon l’organisation, il faudrait débourser environ 124 milliards de dollars sur cinq ans pour que le monde soit beaucoup mieux préparé à faire face aux menaces de maladie : une aubaine qui pourrait sauver d’innombrables vies et préserver les économies.

« Les épidémies commencent et se terminent au niveau local, l’action communautaire se révèle donc cruciale dans la prévention des épidémies. L’engagement des responsables de la santé publique auprès des communautés porte ses fruits, car il renforce la confiance envers le système de santé », confirme Amanda McClelland, première vice-présidente de Resolve to Save Lives. « Un autre élément clé est la protection des professionnels de la santé, qui jouent le rôle de première ligne dans la lutte contre les épidémies. Lorsque les centres de soins de santé primaires sont des milieux de travail sûrs, les patients et les professionnels de la santé sont protégés et sont mieux en mesure de détecter et de répondre aux menaces sanitaires avant qu’elles n’échappent à tout contrôle. »

Ce rapport, de forme interactive, se consulte sur le site de l’organisation.

@AD

 

Écrit par
Aude Darc

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