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Société

Le Sénégal réduit sa dépendance vaccinale

Le président Macky Sall a approuvé diverses conventions de subventions destinées à construire une usine de production de vaccins à grande échelle. D’ici fin 2022, le pôle régional piloté par l’Institut Pasteur de Dakar va accroître les capacités africaines de production.

Par Marie-Anne Lubin

Le calendrier s’accélère mais la route est encore longue. Dans une cérémonie organisée au Palais présidentiel de Dakar, différents partenaires ont confirmé leur engagement auprès du Sénégal, qui veut produire des vaccins à grande échelle. Les organismes d’Aide au développement, la Commission européenne, la BEI (Banque européenne d’investissement), les pays de l’Union européenne font partie de l’« Équipe Europe » engagée dans sa lutte contre la propagation de la Covid-19 en Afrique.

« Pour la première fois, le continent a une chance réaliste de mettre en place ses propres installations de production. L’Institut Pasteur du Sénégala dévoilé une stratégie concrète pour lancer une production de vaccins autorisés contre la Covid-19 en Afrique», juge le ministre allemand du Développement.

Ces différents partenaires, rejoints par l’Union africaine, les CDC Afrique, les Partenariats pour la production de vaccins en Afrique (PAVM) et la Banque mondiale, financeront une unité de production de vaccins conduite par l’Institut Pasteur de Dakar. La nouvelle usine réduira la dépendance de l’Afrique à l’égard des importations, de vaccins, actuellement de 99 %, et renforcera sa capacité à face à de futures épidémies.

Le président Macky Sall, le commissaire européen Thierry Breton, ainsi que les représentants de l’Allemagne, de la France, de la Belgique, la BEI et de la SFI, ont confirmé les détails du soutien de l’Equipe Europe pour accélérer la préparation du projet. Il est nécessaire de développer les capacités de production et d’entreprendre sans tarder des travaux de faisabilité technique.

Ceci sera essentiel pour débloquer des investissements à grande échelle au profit de la nouvelle usine. Celle-ci dotera le continent africain d’une unité de dernière génération pour la production de vaccins autorisés contre la Covid-19. La construction de la nouvelle usine débutera cette année, elle permettra une production de 25 millions de doses de vaccin par mois, avant la fin de l’année 2022.

À ce jour, l’« Équipe Europe » fournit une aide non remboursable de 6,75 millions d’euros pour la réalisation d’études de faisabilité technique et la préparation de la nouvelle installation à l’Institut Pasteur de Dakar. Ce montant comprend 4,75 millions d’euros de la Commission européenne et de la BEI, 200 000 euros de l’Allemagne et 1,8 million d’euros de la France.

Un écosystème émergent

En annonçant les contrats signés, Amadou Hott, ministre de l’Économie, a rappelé que ce projet « s’inscrit dans la vision du Sénégal de jeter les bases de sa souveraineté pharmaceutique et médicale et de participer à la réalisation de celle du continent ».

Le ministre se dit « fortement soutenu » par ses collègues chargés des Finances et de la Santé qui considèrent que le projet constitue « un autre levier pour lutter de manière plus efficace contre la pandémie de la Covid-19 ». Le financement initial et l’expertise internationale « permettront d’accélérer la construction de la nouvelle usine de production, d’améliorer l’accès à des vaccins à des prix abordables en Afrique et de faciliter la production de vaccins pour faire face efficacement aux pandémies ».

 « Nous ferons davantage, a répondu Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne selon qui cette étape n’est que de la première partie d’une initiative beaucoup plus vaste de l’Équipe Europe pour soutenir la production de médicaments et de vaccins en Afrique. »

Pour Thierry Breton, l’« initiative soutiendra non seulement l’autonomie de l’Afrique pour la production de vaccins vitaux, mais constituera également une pierre angulaire de l’écosystème industriel émergent en matière de santé au Sénégal ».

Pour la commissaire européenne Jutta Urpilainen, « stimuler la fabrication locale de vaccins, de médicaments et de technologies de la santé est l’une des principales leçons de la pandémie ». Aussi, est-il « essentiel d’adopter une approche intégrée à 360 degrés en investissant davantage avec nos partenaires africains dans le fait de créer un environnement favorable, de renforcer la réglementation, d’inciter le secteur privé, de financer la R&D, de soutenir l’éducation et la formation, ainsi que générer des emplois innovants ».

Selon le ministre allemand du Développement, « pour la première fois, le continent a une chance réaliste de mettre en place ses propres installations de production ». L’Institut Pasteur du Sénégal « a dévoilé une stratégie concrète pour lancer une production de vaccins autorisés contre la Covid-19 en Afrique. L’Allemagne soutient l’objectif partagé par le Sénégal, qui est de sortir plus forts de cette pandémie », a déclaré Gerd Müller.

 Malu

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