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Société

Espoirs et inquiétudes face au paludisme

Le paludisme continue de faire des ravages en Afrique. Et les scientifiques s’alarment de la résistance des parasites infectieux aux traitements administrés, surtout dans la Corne de l’Afrique. En revanche, des vaccins suscitent l’espoir de l’OMS.

Par Véronique Clara-Véronne

Enfin un espoir dans la lutte contre le paludisme ? L’université d’Oxford revendique la mise au point d’un vaccin, baptisé R21/Matrix-M, qui obtiendrait un niveau d’efficacité de 77%. Soit légèrement plus que l’objectif de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) de 75%. L’université d’Oxford développe les recherches avec la biotech américaine Novavax.

« Des mesures d’urgence doivent donc être prises pour mettre fin au fléau que cette maladie représente et pour se rapprocher des objectifs mondiaux de réduction de 90 % du nombre de cas et de décès dus au paludisme d’ici à 2030 », juge l’OMS.

Ce sérum antipaludéen pourrait être approuvé dans les deux ans et diffusé aussitôt. Voilà qui ouvre de nouvelles perspectives, à l’occasion de la Journée internationale contre le paludisme, ce 26 avril, date qui a donné lieu à une alerte de l’OMS quant à une maladie passée au second plan depuis l’arrivée du nouveau coronavirus.

Pourtant, cette maladie parasitaire fait des ravages. On le sait elle se transmet par le moustique ; les gestes barrières contre la Covid-19 n’ont donc que peu contre elle. Le paludisme aurait entraîné pas moins de 400 000 décès dans le monde, en 2019, dont 384 000 en Afrique, selon l’OMS.

Pourtant, révèle l’AFP, selon un essai de phase II mené en 2019 auprès de 450 enfants âgés de 5 à 17 mois au Burkina Faso, le vaccin de l’université d’Oxford a démontré une efficacité de 77 % parmi ceux ayant reçu une forte dose d’adjuvant et de 71 % pour ceux ayant une dose plus faible. Aucun effet secondaire grave n’a été constaté. Le recrutement de 4 800 enfants dans quatre pays africains a débuté, pour la phase finale des essais cliniques.

Au Malawi, au Kenya et au Ghana, un autre vaccin est testé depuis deux ans ; le RTS S, c’est son nom, est développé par le groupe britannique GSK. Il a pour particularité d’agir contre le parasite transmis par les moustiques. Quelque 1,7 millions de doses ont été administrés dans les trois pays, sachant qu’il faut administrer quatre doses à un enfant, au cours des deux premières années de sa vie, pour atteindre l’efficacité maximale. Laquelle, pour le moment, n’est pas pleinement satisfaisante. En effet, il ne prévient que quatre cas sur dix, et trois cas sur dix de paludisme grave.

Tirer un trait sur le paludisme

Toutefois, l’OMS considère qu’il peut se révéler un bon complément d’autres mesures de protection. L’Organisation prendra une décision en octobre à ce sujet. Cette décision viendrait concrétiser sur le terrain la volonté renouvelée de l’organisation onusienne d’éradiquer le paludisme dans 25 pays supplémentaires d’ici à 2025.

Pour la Journée internationale contre le paludisme, le thème « Zéro palu – Tirer un trait sur le paludisme » a été retenu « en partant du principe que chaque cas de paludisme est évitable et chaque décès lié au paludisme est inacceptable », explique l’OMS.

Entre 2000 et 2019, l’incidence du paludisme a baissé de 29 % et le nombre de décès a diminué de 60 %. Plus de 1,2 milliard de cas et 7,1 millions de décès ont été évités en Afrique. Le Cap-Vert a maintenu son statut de pays exempt de paludisme, acquis en 2018, l’Algérie a été certifiée exempte de paludisme en 2019, alors que l’Afrique du Sud, le Botswana, l’Éthiopie, la Gambie, le Ghana et la Namibie ont franchi les étapes fixées pour 2020 – à savoir réduire de 40 % par rapport à 2015 l’incidence du paludisme et la mortalité associée à cette maladie. Cependant, 36 des 44 pays d’endémie palustre n’ont pas encore atteint ces étapes.

De nouveau défis

Le paludisme fait perdre à l’Afrique, chaque année, en moyenne 1,3 point de croissance du PIB. Le Nigeria calcule que l’absentéisme lié au paludisme et les pertes de productivité qui en résultent lui coûtent près de 1,1 milliard $ par an.

En vue de remédier à cette situation, il faut faire encore plus d’efforts pour venir en aide aux populations à risque, alerte l’OMS. En 2019, un ménage à risque sur trois ne disposait pas d’une moustiquaire imprégnée d’insecticide et 48 % des enfants de moins de cinq ans ne dormaient pas sous une telle moustiquaire.

Deux femmes enceintes sur trois n’ont pas reçu trois doses ou plus de traitement préventif intermittent. Sans cette protection, en tout 11,6 millions de cas de paludisme ont été notifiés chez les femmes enceintes et l’on a recensé 822 000 nourrissons ayant un faible poids à la naissance dans 33 pays.

De nouveaux défis se profilent à l’horizon, tels que l’augmentation de la résistance des vecteurs aux insecticides dans la Région. « Des mesures d’urgence doivent donc être prises pour mettre fin au fléau que cette maladie représente et pour se rapprocher des objectifs mondiaux de réduction de 90 % du nombre de cas et de décès dus au paludisme d’ici à 2030 », juge l’OMS.

Il s’agit notamment d’investir pour élargir l’accès des interventions de lutte antipaludique aux groupes laissés pour compte tels que les enfants et les femmes enceintes. Un déploiement intelligent est également important pour protéger l’efficacité des outils de lutte contre le paludisme, ainsi que des innovations pour relever de manière proactive les défis anticipés.

« Des mesures d’urgence doivent donc être prises pour mettre fin au fléau que cette maladie représente et pour se rapprocher des objectifs mondiaux de réduction de 90 % du nombre de cas et de décès dus au paludisme d’ici à 2030 », juge l’OMS.

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