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Société

Réfugiés : comment répondre aux idées reçues ?

La communauté internationale devrait prendre des engagements en fonction des capacités de chaque pays à accueillir des réfugiés. Or à ce jour, le nombre de réfugiés accueillis par un pays ne dépend pas de ses capacités économiques, ni de ses infrastructures ou de ses services sociaux mais de son bon vouloir politique ou des personnes qui arrivent sur son sol.

L’Europe ne peut pas faire plus !

Depuis 2015, les États européens ont consacré beaucoup d’argent… pour éviter les migrations. Qu’il s’agisse des fonds prévus pour le développement à la gouvernance des flux migratoires en Afrique, presque 4 milliards d’euros au total.

Ils ont multiplié le nombre d’accords passés avec des pays voisins et tiers, allouant encore plus de fonds pour réduire la migration vers l’Europe. Ils ont fait construire des camps dans les îles grecques, ont renforcé les capacités des gardes-côtes libyens.

En même temps, ils se sentent presque incapables d’arriver à s’accorder a minima la prise en charge de quelques bateaux qui sauvent des vies dans la Méditerranée.

Après analyse des résultats et démarches, la stratégie européenne face aux enjeux migratoires est difficilement compréhensible si ce n’est pour répondre à l’objectif d’empêcher, à tout prix, l’arrivée des personnes en quête de protection aux pays européens.

La France n’a pas les moyens

Au cours de ces dernières années, cet argument a souvent été utilisé pour justifier le non-respect des engagements pris par la France en matière d’accueil. Pourtant, des fonds à disposition ont pu être alloués au contrôle et à la restriction des migrations.

De plus, de nombreuses études ont souligné l’impact positif des réfugiés – et de la migration, plus globalement –, sur l’économie des pays européens. Selon l’une d’elles, à la suite d’une augmentation de flux de migrants et des réfugiés à une date donnée, le PIB par habitant croît de façon significative pendant quatre ans, tandis que le taux de chômage baisse.

L’impact économique des demandeurs d’asile est bien plus faible, ni en positif, ni en négatif.

Clairement, l’obstacle majeur pour accueillir des réfugiés en France, ne réside pas dans la situation socio-économique, mais dans le manque de la volonté politique.

D’accord, mais moi, je ne peux rien y faire

Bien qu’il reste encore beaucoup à faire, chacun de nous peut agir à son niveau pour garantir aux réfugiés des conditions de vie plus justes et plus dignes.

Cela peut sembler bien peu de chose, mais en fin de compte pour reprendre la citation de l’écrivain uruguayen Edouardo Galeano : « Beaucoup de petites gens, en de petits endroits, faisant de petites choses, peuvent changer le monde. »

ENCADRÉ

La face cachée des aides européennes

Certains accords promettent aux pays du Sud des financements internationaux en échange de contrôles aux frontières. Tel le « Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées ».

Il s’agit d’un fonds, doté de 3,9 milliards d’euros depuis 2015, lancé à La Valette (Malte) pour financer les politiques de contrôle migratoire, les rapatriements et la création de pôles pour faciliter l’identification des personnes et accélérer leur retour.

Ce fonds fait l’objet de nombreuses controverses. Selon Oxfam, les dépenses au titre de l’Aide publique au développement sont de plus en plus liées à la volonté de l’UE de juguler la migration irrégulière et de conclure des accords avec les pays africains sur la question du retour de leurs ressortissants.

L’ONG constate un lien direct entre, d’une part, la conception et l’adoption des projets et, d’autre part, le dialogue politique entre l’UE et les pays africains sur les questions migratoires.

Dans plusieurs pays comme l’Éthiopie, le Niger, la Gambie et le Maroc, l’approbation des projets de développement est ainsi très corrélée à l’avancée des négociations sur les accords de retour et de réadmission. Mais « l’aide à ces pays, doit rester surtout et avant tout ce qu’il est, une aide au développement », conclut Oxfam.

ENCADRE

Un biais de réalité

En Afrique du Sud, par exemple, les personnes interrogées par Ifop considèrent que la proportion d’habitants qui ne sont pas nés dans le pays est « trop élevée ».

Ils sont 24% de plus à répondre ainsi, par rapport à ceux qui répondent « trop faible ». Ils estiment la part de ces « étrangers » à 29%, alors que la réalité est de 5%. Réponses à la question : « Quelle est la part des habitants qui ne sont pas nés dans votre pays » ? (Enquête Ifop dans 33 pays, 2015).

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