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Société

Réfugiés : comment répondre aux idées reçues ?

Oxfam publie un fascicule destiné à répondre aux questions que se pose le grand public sur les migrations des réfugiées. L’ONG entend répondre aux idées reçues et militer pour un accueil des réfugiés et des migrants mieux réparti, entre les pays les plus riches.

Par Laurent Soucaille

Un vade-mecum permet d’apporter des éléments de réponses chiffrées aux questions, voire aux inquiétudes, qui s’expriment en Europe, particulièrement en France, concernant les réfugiés et les migrants.

Le document rédigé par les membres d’Oxfam France se double d’une présentation de l’action de cette ONG dans les pays de provenance des réfugiés.

Lesquels sont d’ailleurs, rappelle d’emblée Oxfam, aussi les pays d’accueil. La plaquette explique également l’opposition de l’ONG aux accords liant certains pays africains à l’Europe et à la France.

Depuis 2015, les États européens ont consacré beaucoup d’argent… pour éviter les migrations. Qu’il s’agisse des fonds prévus pour le développement à la gouvernance des flux migratoires en Afrique, presque 4 milliards d’euros au total.

Les protestations contre les migrations prennent de l’ampleur, notamment en Europe, en France. Pourtant, les mouvements migratoires et les déplacements forcés ne sont pas un phénomène nouveau.

« La migration a toujours existé et les êtres humains se sont toujours déplacés. L’Europe et la France, dont la migration fait partie intégrante de leur histoire, en sont de parfaites illustrations », note Oxfam. Quelques arguments :

Ces personnes auraient mieux fait de rester chez elles !

Ces dernières années, 70,8 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer au cours de ces dernières années. Elles ont tout quitté du jour au lendemain en raison des menaces qui pesaient sur leur sécurité et leur vie : la guerre, les violences et les persécutions…

Une personne exerce son droit à l’asile parce que rester chez elle n’est plus une option.Chaque réfugié doit pouvoir bénéficier des solutions durables prévues par le HCR (Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés).

Ce sont des voies pour reconstruire leurs vies, à travers l’intégration dans le pays d’accueil, la réinstallation dans un autre pays et le rapatriement volontaire.

D’autre part, le statut de « réfugié climatique » n’existe pas encore. Pourtant, les catastrophes naturelles extrêmes menacent la vie de millions de personnes, dans des pays dont l’économie est souvent très fragile. Elles les obligent au déplacement sans anticipation.

Quelle invasion !

Les médias diffusent des discours et des images qui laissent souvent penser à une invasion de personnes en Europe. Les chiffres disponibles montrent toutefois une autre réalité.

L’année 2015 a bien été marquée par une hausse du nombre d’arrivées en Europe : en tout, un peu plus d’un million de personnes sont arrivées par la Méditerranée et les Balkans. Cependant, ce chiffre n’en reste pas moins exceptionnel ; il résulte notamment du conflit en Syrie.

Surtout, la plupart des personnes fuient à l’intérieur de leur propre pays. Sur 70,8 millions de réfugiés, 41,3 millions sont des personnes déplacées internes.

La Colombie, la Syrie et la RD Congo comptent, à eux trois, plus de 18 millions de déplacés internes. En matière d’accueil, tous les pays ne prennent pas, néanmoins, une responsabilité égale. Aussi, 80 % des réfugiés qui ont quitté leur pays sont hébergés dans des pays avoisinant le leur.

La Turquie héberge ainsi presque 4 millions de personnes entre réfugiés et demandeurs d’asile. Soit le même nombre de personnes hébergées par l’Allemagne, la France, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Royaume Uni, la Suède et les États-Unis réunis !

La situation n’est ni juste, ni tenable pour n’importe quel pays. En revanche, si chaque pays prenait sa responsabilité dans l’accueil des exilés, en fonction de sa population et de ses richesses, cela permettrait de prendre en charge la protection de ces personnes de manière équitable et proportionnée, considère Oxfam.

L’Union européenne accueille environ 2 millions de personnes réfugiées. Ce chiffre représente moins de 0,2 % de sa population totale, qui était de 513 millions d’habitants en 2019. Les migrants représentent 22 millions de personnes supplémentaires.

La population étrangère représente au total moins d’une personne sur vingt au sein de l’Union europénne, soit précisément 4,2 % de la population totale. En France, toutefois, cette proportion est de 6,7%.

Ce n’est pas à nous de résoudre tous les problèmes !

S’intéresser à ce qui cause les déplacements forcés, c’est découvrir des problématiques complexes auxquelles il n’existe aucune solution simple ni immédiate.

Un engagement plus fort de la communauté internationale permettrait cependant, s’il avait lieu, d’aboutir à des avancées majeures dans la résolution de cette situation injuste et inhumaine.

Il est en effet nécessaire, pour trouver des solutions durables, de recourir à une coordination internationale, avec entre autres des prises de mesures communes et la mise en pratique par les États des outils existants.

Une personne qui demande l’asile n’est jamais dans une situation facile ou voulue.

Les besoins sont pourtant souvent les mêmes, car les situations dans lesquelles se trouvent ces personnes se ressemblent. C’est pour cela que l’objectif d’accueil doit être une réponse ordonnée, coordonnée et suffisamment financée. Il existe des mécanismes de réinstallation, de relocalisation, de lutte contre les causes, etc.

Nous n’avons pas besoin d’en faire autant !

De nombreux pays accueillent effectivement des réfugiés. Mais ceux qui accueillent le plus ne sont probablement pas ceux auxquels pensent les personnes qui tiennent ce genre de propos.

D’après les chiffres du HCR, le Liban à lui seul accueille environ 1 million de réfugiés syriens, peut-être même 1,5 million, en plus de presque 500 000 Palestiniens, pour une population totale de 6,5 millions d’habitants.

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