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Société

Progrès et risques nouveaux face au terrorisme

Dans l’ensemble, le terrorisme recule, depuis quelques années, conclut l’Indice mondial du terrorisme. Pour autant, de nouveaux risques apparaissent, notamment en Afrique subsaharienne, avec la résurgence de l’État islamique et de ses affiliés.

Par Paule Fax

S’il en était besoin, l’attaque djihadiste du 28 novembre, au nord-est du Nigeria, vient rappeler la réalité du terrorisme dans le monde, singulièrement en Afrique. Pourtant, depuis un pic observé en 2014, le nombre de décès attribuables au terrorisme ne cesse de reculer, selon l’Indice mondial du terrorisme.

Par rapport à 2014, ce nombre a chuté de 59%, juge le groupe de réflexion Institute of Economics and Peace (IEP). Les conflits demeurent le principal moteur du terrorisme : plus de 96 % des décès liés au terrorisme en 2019 se déroulent dans des pays déjà en conflit.

En Afrique, sur les 18 principaux pays touchés par le terrorisme, neuf sont en conflit et un, le Soudan, souffre d’une forte fragilité institutionnelle et sociale. En 2019, l’impact économique du terrorisme en Afrique a atteint de 13 milliards $, soit une multiplication par 9 depuis 2007.

Les plus fortes baisses de décès sont à noter en Afghanistan et au Nigeria. Néanmoins, ces deux pays restent toujours les deux seuls à avoir enregistré plus de mille décès liés au terrorisme. La baisse du nombre décès se reflète dans les scores par pays. On note ainsi une amélioration du « score » pour 103 pays mais une dégradation dans 35 pays, dont le Mali et le Rwanda. Depuis la création de l’indice, il s’agit du plus grand nombre de pays à enregistrer une amélioration d’une année sur l’autre.

Malgré la baisse générale de l’impact mondial du terrorisme, il demeure une menace importante et grave dans de nombreux pays. En 2019, 63 pays ont enregistré au moins un décès à la suite d’un attentat terroriste. La plus forte augmentation des actes terroristes a été observée au Burkina Faso, où le nombre de décès a été multiplié par sept.

L’IEP alerte sur le risque de dégradation dans plusieurs pays, notamment au Mali, au Niger, et au Mozambique. Sachant que le pays africain le plus touché par le phénomène, après le Nigeria, est la Somalie, suivie par la RD Congo. Dans le monde, l’Afghanistan et l’Irak sont les pays les plus « dangereux », et la région de l’Asie du Sud est la plus touchée, tandis que l’Amérique centrale et les Caraïbes enregistrent les répercussions les plus faibles.

La région MENA a enregistré la plus forte amélioration régionale du terrorisme pour la deuxième année consécutive, enregistrant le plus faible nombre de décès depuis 2003. Steve Killelea, président exécutif de l’IEP, commente : « Alors que nous entrons dans une nouvelle décennie, de nouvelles menaces de terrorisme apparaissent. La montée de l’extrême droite en Occident et la détérioration du Sahel en sont des exemples. »

Résurgences en RD Congo

De plus, comme on l’a observé dans les récentes attaques en France et en Autriche, de nombreux petits groupes sympathisants des thèses de l’EI (État islamique) sont toujours actifs. Pour briser ces influences, trois grandes initiatives sont nécessaires : « Briser leur couverture médiatique et les réseaux sociaux en ligne, perturber leur financement et réduire le nombre de sympathisants. »

En dépit de la perte d’influence de l’EI, les groupes affiliés demeurent actifs partout dans le monde, 27 pays enregistrant une attaque de leur part. L’Afrique subsaharienne a été la plus durement touchée, sept des dix pays ayant enregistré la plus forte augmentation du nombre de victimes du terrorisme résidant dans la région.

Les affiliés de l’EI sont principalement responsables de cette augmentation, 41 % de tous les décès liés à l’EI survenant en Afrique subsaharienne. En revanche, en RD Congo, cette augmentation des activités terroristes s’explique par la reprise des actions des Forces démocratiques alliées (ADF) et des milices communautaires « Mayi Mayi », ainsi que par l’émergence de quatre nouvelles milices.

Au cours de la dernière décennie, les mesures destinées à améliorer la résilience sociétale ont diminué dans de nombreuses économies économiquement avancées.

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