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Société

Préserver la foresterie urbaine

Préserver la foresterie urbaine
  • Publiéseptembre 30, 2022

Les villes africaines doivent repenser leur écosystème afin de mieux intégrer les forêts et préserver les mangroves, au sein de l’espace urbain et périurbain. Les maires et structures sous régionales veulent unir leurs réflexions, en Afrique centrale.

 

Les maires d’Afrique centrale présenteront les conclusions de leurs travaux, probablement sous la forme d’une feuille de route commune, lors de la prochaine COP27 de Charm-al-Cheik. Durant deux jours, les 27 et 28 septembre 2022, à l’invitation de l’Association des collectivités et communes d’Afrique centrale (AVCAC), ils ont planché sur le devenir des villes du Cameroun, de la Centrafrique, du Tchad et du Gabon, où se tenait cette réunion. Objectif : « Bâtir une vision commune en matière de foresterie urbaine. » Sans attendre le rendez-vous en Égypte, les maires ont pris quelques engagements fermes, comme celui de consacrer 15% de la superficie de leur commune à une forêt, un parc, un espace vert. 

Tout comme la plupart des métropoles du monde, les villes africaines sont confrontées à la nécessité de trouver un écosystème des villes et des banlieues, respectueuses des forêts et, dans le cas des villes côtières, des mangroves.

Sur ce sujet du carbone, l’Afrique dispose, outre de sa forêt, d’un atout aussi précieux que fragile : la mangrove. Ces trois dernières années, pourtant, de nombreux hectares ont été détruits, alertent les ONG.

D’ici à 2050, près de 75% de la population mondiale vivra en milieu urbain. Il est donc important pour les maires africains « de partager les connaissances sur cette problématique de communalisation des forêts, de participer au classement et à l’aménagement des forêts et à la conservation des écosystèmes », explique Baudelaire Ekoumajou. Pour cet urbaniste camerounais, « c’est important pour le cadre de vie et pour la séquestration du carbone ».

Pour l’Association internationale des maires francophones, cette réflexion en commun permettra aux villes d’Afrique centrale d’avancer ensemble sur ces questions ». L’AIMF met en avant l’« expérience de la communalisation des forêts du Cameroun », ainsi que l’expertise des villes, des universitaires, et de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Cofimac).  

Lee White, ministre gabonais de l’Environnement, en charge dans son pays du « Plan climat », a insisté sur la nécessité pour les villes de disposer d zones vertes : « Ces espaces sont importants pour la santé aussi bien des enfants que des adultes car ils auront moins de respiratoire, de peau, des inondations… Il faut au moins que chaque ville soit couverte de 15% de forêt. »

 

Des programmes identifiés

Au nom de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), Honoré Tabuna a rappelé le besoin « de villes à faible émission de CO2 et spécialisées dans l’économie verte ». Expliquant : « Nous avons besoin des villes vertes dans une région avec un bilan carbone positif ». Il a révélé que la Commission de la CEEAC est « en train de construire un cadre institutionnel et organisationnel solide dont le but est de supporter durablement la construction de l’économie verte en Afrique centrale ». Cette instance travaillera davantage en liaison avec l’AVCAC. Cette avancée institutionnelle accorde ainsi une place importante aux villes en tant que territoire économique et écologique, où coexistent les marchés, les consommateurs, les forêts, et les contraintes environnementales comme l’érosion.

La CEEAC tente de mettre en œuvre une série de politiques et stratégies en faveur de l’ « économie verte » et l’« économie bleue ». Ce qui se matérialise par des engagements envers la foresterie urbaine, le reboisement, les parcs zoologiques, les jardins botaniques, la restauration des terres et l’éco-agriculture. « Ensemble nous allons identifier au moins onze programmes sectoriels relevant soit de l’économie verte soit de l’économie bleue, de façon que chaque ville ou collectivité en soit leader en collaboration avec un État membre », a indiqué Honoré Tabuna. Ce qui comprend des mesures prises ou à prendre en faveur du bois de chauffe et les politiques incitatives pour lutter contre les rejets de produits polluants et autres émissions de carbone.

Sur ce sujet du carbone, l’Afrique dispose, outre de sa forêt, d’un atout aussi précieux que fragile : la mangrove. Ces trois dernières années, pourtant, de nombreux hectares ont été détruits, alertent les ONG. Lors de la réunion de Libreville, cette question a fait l’objet d’un atelier spécifique, destiné à cerner les mesures à prendre pour lutter contre l’érosion et préserver les mangroves en milieux urbain et périurbain. Afin de ne pas disperser les ressources, humaines et financières, chacun a convenu de réfléchir ensemble à des solutions innovantes et coordonnées. L’application Forest for Side permet de détecter avec six mois d’avance une éventuelle déforestation ; cette solution peut constituer un outil performant pour les décideurs. La mairie de Libreville a pris l’engagement de travailler à la restauration de sa mangrove.

@NA

 

Écrit par
Aude Darc

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