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Société

Pourquoi investir dans la prévision météo

La collecte et la diffusion des données météorologiques apportent des avantages au moins dix fois plus élevées que ce qu’ils coûtent. Ils sont essentiels pour renforcer la résilience face à des conditions météorologiques extrêmes, souligne le rapport Hydromet Gap.

Par Aude Darc

Chaque année, 23 000 vies pourraient être sauvées et deux milliards de dollars de pertes seraient évitées, en améliorant les prévisions météorologiques et en fournissant des informations sur le climat dans les pays en développement. Tels sont les conclusions de l’Alliance pour le développement d’Hydromet, qui publie le rapport Hydromet Gap.

L’Alliance indique que des services météorologiques et climatiques fiables et précis, tels que des systèmes d’alerte rapide, offrent des avantages dix fois supérieurs à leur coût, et qu’ils sont essentiels pour renforcer la résilience face à des conditions météorologiques extrêmes. Cependant, seulement 40 % des pays disposent de systèmes d’alerte précoce multirisques efficaces.

Outre les gains en matière de vie humaine, les systèmes hydrométriques pourraient éviter des pertes annuelles d’actifs comprises entre 300 millions et 2 milliards de dollars. Il existe des systèmes fiables et précis qui préviennent d’une tempête ou d’une vague de chaleur.

Au carrefour de l’hydrologie et de la météorologie, l’hydrométéorologie fournit des informations en temps réel sur les conditions météorologiques, hydrologiques et climatiques ainsi que des signaux d’alerte et des prévisions permettant aux populations d’anticiper les catastrophes naturelles et de s’y préparer. L’hydrométéorologie fournit aussi des données utiles pour les prévisions météorologiques et différents services liés à l’observation climatique.

« Hydromet Gap nous indique jusqu’où nous devons aller pour nous assurer que tous les pays ont accès à des informations précises en temps opportun », commente António Guterres, secrétaire général des Nations unies. Ce rapport « présente la complexité des défis au niveau mondial et local pour mettre en place des services météorologiques et de prévision climatique efficaces ».

Soulignant que la réduction des émissions de gaz à effet de serre reste essentielle, António Guterres a appelé à un engagement pour l’adaptation et la résilience en 2021 par des augmentations significatives du volume et à des niveaux prévisibles, du financement de l’adaptation. Cela pourrait garantir que les populations les plus vulnérables s’adaptent et soient plus résilientes aux conséquences d’inévitables phénomènes météorologiques et climatiques.

Hydromet Gap est présenté par les dirigeants de l’Alliance, qui regroupe l’Organisation météorologique mondiale, les institutions internationales de développement, dont la BAD (Banque africaine de développement) et des organisations d’aide humanitaire et financière.

« Notre climat est en train de changer rapidement. La dernière décennie a été la plus chaude de l’histoire. La température moyenne mondiale est d’environ 1,2 degré Celsius plus élevée que celles de l’époque préindustrielle », prévient Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale. Pour ce professeur, « nous sommes encore loin d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre qui permettrait d’éviter les pires impacts du changement climatique et de limiter la hausse de la température à 1,5 °C, conformément à l’accord de Paris ».

Alassane Ouattara est l’un des préfaciers du rapport. « Bien que les pays en développement ne contribuent que faiblement aux émissions de gaz à effet de serre, l’impact des catastrophes résultant de phénomènes météorologiques liés au climat y est trois fois plus élevé que dans les pays à revenus élevés, déplore le président ivoirien selon qui des prévisions météorologiques et climatiques précises et solides sont essentielles pour définir la politique d’adaptation et les décisions d’investissement. »

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L’Alliance pour le développement d’Hydromet a été lancée lors de la COP 25, en 2019, à Madrid. Les membres de l’Alliance s’étaient engagés à intensifier leurs efforts collectifs pour combler le fossé des capacités de services de qualité en météorologie, climat, hydrologie et services environnementaux connexes, comme fondement d’un développement résilient et durable.

Les décideurs, planificateurs et agriculteurs ont besoin d’informations climatiques fiables en temps réel. De nombreux pays en développement ne produisent pas de données météorologiques et d’observation climatique.

« Le partenariat de l’Alliance pour le développement d’Hydromet est important pour la Banque africaine de développement et pour l’Afrique, confirme le président de la BAD, Akinwumi Adesina. « Il offre une plateforme permettant de renforcer un développement et une adaptation climatique résilients, grâce à l’amélioration des systèmes d’observation au sol, ce qui permettra d’améliorer les prévisions météorologiques sur les événements extrêmes et les services de prévision climatique. »

Outre les gains en matière de vie humaine, les systèmes hydrométriques dans les pays à revenu faible et intermédiaire pourraient éviter également des pertes annuelles d’actifs comprises entre 300 millions et 2 milliards $. Il existe des systèmes fiables et précis qui préviennent d’une tempête ou d’une vague de chaleur. Les coûts qu’ils épargnent sont donc, au moins, dix fois supérieurs au coût de leur installation et de leur suivi.

D’autant plus que les composants les plus chers du système sont déjà en place, comme les satellites d’observation de la Terre et capacité mondiale de prévision numérique du temps. Ainsi, des investissements supplémentaires ne feront que tirer parti des avantages de ces composants déjà sécurisés.

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ENCADRE

Côte d’Ivoire : un modèle à peaufiner

La Côte d’Ivoire, souligne le rapport, se trouve dans la zone de transition entre les régimes climatiques équatorial et tropical. Alors que le changement climatique affecte ces zones climatiques, des températures moyennes plus élevées, des précipitations beaucoup plus irrégulières et une élévation du niveau de la mer sont déjà observées, avec des impacts croissants sur les populations vulnérables et l’agriculture, la production de cacao étant particulièrement préoccupante.

Hydromet Gap souligne que le service de météorologie est « bien établi » au sein du gouvernement, mais manque de clarté dans son mandat, son porte-parole devant faire autorité en matière de météorologie. Il constate des budgets inadéquats pour l’innovation et le développement de services, tandis que le besoin en personnel qualifié se fait sentir.

S’il existe des services d’alerte nationaux, ils ne sont pas forcément bien déployés chez les utilisateurs potentiels. En Côte d’Ivoire, le gouvernement, appuyé par l’Agence française de développement, mettent en œuvre un programme de 28 millions d’euros pour moderniser le service météo, lequel bénéficie déjà d’intéressants partenariats.

Rapport complet sur : https://alliancehydromet.org/gap-report/

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