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Société

Mabingue Ngom, directeur régional de l’UNFPA

À l’occasion des dix ans de la Charte africaine de la jeunesse, en mai 2016, à Banjul, j’ai lancé « Young People First » suivi lors du sommet Afrique-France de Bamako de janvier 2017 de « Put Young People First »,

Je ne vais nulle part sans les jeunes et invite régulièrement des organisations comme Afriyan ou le Rojalnu à m’accompagner. Les jeunes ont raison de dire que tout ce qui se fait pour eux mais sans eux en Afrique peut être contre eux. Pour ma part, je suis fier de les défendre car ils sont l’avenir.

N’êtes-vous pas inquiet de la décision récente des États-Unis de suspendre leurs contributions à l’UNFPA ?

Il est dommage que l’administration Trump ait pris une telle décision compte tenu des avancées actuelles. Je pense, notamment, à la prise de conscience par les pays africains, de la nécessité d’investir dans la santé de la mère et de l’enfant.

Le contribuable américain ne sait sans doute pas que pour 100 000 naissances vivantes, 679 femmes meurent encore, chaque jour, en Afrique de l’Ouest et du Centre et que l’aide apportée par l’UNFPA permet de réduire cette mortalité. Vous voyez que l’on réalise des choses importantes pour les femmes !

Nos autres bailleurs traditionnels que sont les pays nordiques et les grandes fondations continuent de nous soutenir. Et, avec nos amis hollandais, nous avons organisé récemment à Bruxelles une grande conférence pour sensibiliser les donateurs potentiels.

Le Sommet de Londres du 11 juillet 2017 est une opportunité pour consolider les efforts du Royaume-Uni et de ses amis pour faire avancer les droits, la dignité et la santé de la jeune fille et de la femme.

Je reste toutefois convaincu que la solution réside dans les dispositions que les pays récipiendaires vont prendre pour accélérer leur propre transition démographique et tirer pleinement profit de leur dividende.

Des pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont décidé de consacrer 1 million $ dans leur budget afin d’aller vers la révolution contraceptive et faciliter cette transition. En Guinée équatoriale, j’ai pu bénéficier d’un financement de 6,7 millions $ de Noble Energy,une compagnie pétrolière, et dans beaucoup d’autres pays dont j’ai la responsabilité, le secteur privé est également prêt à contribuer.

La demande sociale n’a jamais été aussi forte dans ma zone. Pourquoi continuer à investir des milliards de dollars dans l’aide humanitaire alors que quelques millions suffiraient pour aider ces pays à prévenir les crises à travers une maîtrise de leur démographie ?

Il semble que les chefs d’État africains ont bien compris le message et qu’ils vont tout faire pour capitaliser sur ce bonus démographique. 

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