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Société

Mabingue Ngom, directeur régional de l’UNFPA

La jeunesse de la population est un atout pour l’Afrique, à condition qu’elle réalise les investissements indispensables pour en capter les bénéfices, rappelle Mabingue Ngom, directeur régional de l’UNFPA.

Propos recueillis à Dakar par Christine Holzbauer

Lors du prochain sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, le dividende démographique sera au centre des discussions. Est-ce une victoire pour le Fonds des Nations Unies pour la population ?

Oui, sans aucun doute, même si l’inscription du dividende démographique sur l’agenda de l’Union africaine (UA) est le fruit de nombreux efforts conjugués. Il a été entériné en janvier 2017, mais beaucoup de chefs d’État africains s’étaient déjà mobilisés en amont.

Du coup, l’UA a décidé que la question du dividende démographique serait le thème de l’année 2017 consacrée à la jeunesse.

Il est rare que l’UA puisse, ainsi, se déterminer un an à l’avance ; cela montre l’importance accordée à cette question par les dirigeants africains. À la suite de quoi, la commission de l’UA, le Nepad, la BAD (Banque africaine de développement), la CEA (Commission économique africaine) et l’UNFPA ont reçu mandat de préparer une feuille de route pour la capture du dividende démographique.

Celle-ci a été approuvée en juillet 2016 à Kigali et lancée le 30 janvier 2017 à Addis-Abéba.

Au prochain sommet de l’UA, en juillet 2017, cette feuille de route servira de base pour les discussions des 54 chefs d’État africains afin de déterminer comment, concrètement, mettre en oeuvre les recommandations qui y figurent. L’UNFPA a beaucoup oeuvré pour que le dividende démographique soit reconnu comme un élément central du cadre axé sur la Position commune africaine dans l’agenda de développement post-2015.

Nous sommes fiers que cette reconnaissance ait abouti à son inclusion dans l’Agenda 2030 pour le développement durable ainsi que dans l’agenda 2063 pour la transformation de l’Afrique. Cela dit, une vision à elle seule ne fait pas le développement.

Encore faut-il y mettre les ressources nécessaires ! Et je ne parle pas que des ressources financières mais des efforts massifs de discipline et de coordination dans l’action que nous allons devoir déployer.

Pourquoi est-ce aussi important pour l’Afrique de « capturer » ce dividende démographique ?

Quand un pays parvient à tirer un bénéfice économique de sa pyramide des âges, on parle alors de dividende démographique. Cela veut dire que l’augmentation de sa population en âge de travailler, du fait de la baisse de la fécondité, s’est accompagnée d’investissements efficaces dans la santé, l’autonomi­sation des femmes, l’éducation et l’emploi par le biais de la participation des pouvoirs publics et privés.

Or, nombre de pays africains sont entrés dans cette phase de transition démographique avancée ou sont en passe de l’être. Il s’agit là d’une fenêtre d’opportunité unique pour nous permettre d’atteindre un développement économique et social semblable à celui qu’ont connu les tigres d’Asie. Mais, attention : le dividende démographique n’est pas automatique ; sa capture nécessite des investissements multisectoriels et ciblés qu’il nous faut réaliser sans tarder.

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