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Société

Libérer le potentiel des femmes et adolescentes

Libérer le potentiel des femmes et adolescentes
  • Publiémars 1, 2024

À Madagascar, les femmes et les filles n’ont pas accès aux mêmes opportunités que les hommes et les garçons. Pourtant, des solutions existent ; elles sont à développer avec les forces vives du pays.

 

Comme dans de nombreux pays dans le monde, les femmes et les filles de Madagascar sont confrontées à de multiples obstacles qui affectent leur capacité à bénéficier de l’éducation de la santé, à participer aux opportunités économiques et à prendre des décisions. Tel est le constat d’ensemble d’un rapport de la Banque mondiale intitulé Libérer le potentiel des femmes et des adolescentes – Défis et opportunités pour une plus grande autonomisation des femmes et des adolescentes à Madagascar.

Dans le pays, les femmes et les filles n’ont pas accès aux mêmes opportunités que les hommes et les garçons, et sont touchées de manière disproportionnée par les effets du changement climatique et de la crise sanitaire, ce qui augmente leur vulnérabilité à la pauvreté, à la violence et à la discrimination.

Entre autres recommandations, le rapport invite Madagascar à combattre les normes sociales qui incitent les jeunes femmes à se marier très tôt.

Et pourtant, « investir dans l’autonomisation sociale et économique des femmes et des adolescentes peut conduire à une croissance économique durable et équitable et bénéficier au pays », commente Atou Seck, responsable des opérations de la Banque mondiale pour Madagascar. Certes, le pays n’est pas inactif, avec l’appui de la BM, il développe divers programmes « visant à promouvoir l’éducation des filles, à accroître la productivité des femmes sur le marché du travail et à renforcer les capacités des administrateurs locaux, des dirigeants communautaires et des prestataires de services à mettre en œuvre efficacement les réformes en matière d’égalité des sexes ».

Source : Banque mondiale.
Source : Banque mondiale.

 

L’étude identifie les facteurs et les stratégies qui aident les jeunes femmes à prendre des décisions concernant l’éducation, le travail et la formation d’une famille. Sa publication a donné lieu à des discussions de groupe et à des entretiens individuels approfondis avec des jeunes femmes, des parents d’adolescentes et des informateurs clés, ce qui a permis de mieux comprendre les inégalités entre les sexes et leurs facteurs à Madagascar.

 

Un faible accès au marché du travail

Une proportion importante de femmes adultes (âgées de 15 à 49 ans) est analphabète, le chiffre atteignant 55,8 % dans la région du Menabe, contre 26,9 % chez les hommes. Les femmes malgaches sont également confrontées à des difficultés d’accès aux services de santé maternelle, sexuelle et reproductive, comme l’indiquent le faible pourcentage d’accouchements assistés par des professionnels (45,8 %) et l’importance des besoins non satisfaits en matière de contraception (14,6 %). En outre, 31,1 % des filles âgées de 15 à 19 ans ont déjà commencé à avoir des enfants, ce qui peut avoir des effets négatifs à long terme sur leur éducation, leur santé et leurs possibilités d’emploi, et les rendre plus vulnérables à la pauvreté.

Le manque d’investissement dans le capital humain pèse lourdement sur le potentiel des femmes à participer activement et de manière productive aux opportunités économiques. Les femmes malgaches sont moins susceptibles de participer au marché du travail que les hommes, avec seulement 71,3 % d’entre elles contre 82,4 % d’hommes. Une proportion importante des femmes actives (14 % des femmes contre 5 % des hommes) sont des travailleurs familiaux et un pourcentage plus faible de femmes travaillent comme salariées (24 %, contre 35 % pour les hommes). En outre, l’écart salarial entre hommes et femmes persiste et se situe à 28,9 points de pourcentage en faveur des hommes. Les taux élevés de violence conjugale (41 % des femmes en couple ayant subi au moins une forme de violence) et les mariages d’enfants (38,8 % des femmes malgaches âgées de 20 à 24 ans ont été mariées pour la première fois avant d’atteindre 18 ans) limitent davantage leur pouvoir de décision et leur capacité d’agir.

« Les données de l’enquête, et plus encore les données qualitatives récemment recueillies pour ce rapport, mettent en évidence les liens troublants et profonds qui existent entre la pauvreté, le manque d’accès à l’éducation, l’absence d’opportunités économiques, le manque d’autonomie et de voix chez les filles et le mariage des enfants », commente Miriam Muller, auteure du rapport.

 

Passer outre le droit coutumier

« Le rapport montre également qu’au-delà de la lutte directe contre les écarts identifiés entre les sexes, les facteurs sous-jacents des inégalités doivent également être pris en considération lors de l’élaboration de politiques pertinentes. Parmi ces facteurs figurent les normes sociales patriarcales, le manque d’accès aux services de base, la vulnérabilité aux chocs et au changement climatique, ainsi que la pauvreté et le manque de capital économique et social chez les plus vulnérables. »

Pour réduire les disparités existantes entre hommes et femmes, le rapport identifie quatre orientations stratégiques : aider les filles et les jeunes femmes à achever leur scolarité, améliorer l’accès des femmes et des filles aux soins de santé professionnels, améliorer les opportunités économiques des femmes, leur permettre de mieux se faire entendre et d’agir, et éliminer toutes les formes de violence sexiste.Entre autres recommandations, le rapport invite Madagascar à combattre les normes sociales qui incitent les jeunes femmes à se marier très tôt.

Il semble nécessaire, en effet, de promouvoir un changement positif des normes sociales au sein de la communauté ; ce, avec les parents, les filles et les chefs traditionnels et religieux. Cela passe par des campagnes de sensibilisation et de programmes de mobilisation communautaire.

Et cela permet d’offrir aux filles une formation aux aptitudes à la vie quotidienne, des espaces sûrs, une formation professionnelle et une formation aux moyens de subsistance. Pour passer outre le « droit coutumier », il semble nécessaire d’interdire le mariage des mineures et de valoriser l’image des femmes non mariées, au sein de la société malgache.

@NA

Écrit par
Aude Darc

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