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Société

Les violences contre les écoles augmentent

Les violences contre les écoles augmentent
  • Publiéfévrier 16, 2024

Le nombre d’incidents violents affectant l’éducation en Afrique a augmenté de 20% en 2023, rapporte Save The Children, qui demande à l’Union africaine de tenir ses engagements.

 

Les dirigeants africains, réunis à Addis-Abeba lors de la 37e session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine (UA), ont pris connaissance d’un constat inquiétant, révélé par l’association Save The Children. L’année 2023 s’est soldée par une augmentation dramatique de la violence affectant les écoles, les enseignants et les élèves. Puisque l’UA a baptisé 2024 « L’année de l’éducation », Save the Children appelle les dirigeants à joindre le geste à la parole et à rendre les écoles sûres pour que les enfants puissent apprendre.

Le nombre d’incidents violents affectant l’éducation en Afrique a augmenté de 20 % en 2023, avec 411 rapports d’incidents violents.

Récemment, Save The Children alertait sur les dangers courus par les quelque 78 000 enfants déplacés, à l’est de la RD Congo.

Ces incidents comprennent des frappes de drones sur des écoles, le meurtre d’enseignants du primaire et l’utilisation de gaz lacrymogènes pour disperser les réunions d’enseignants. La majorité des incidents ayant eu lieu au Nigéria (89) et au Soudan (55). Parmi les autres incidents, l’association cite l’assassinat d’un gardien d’école et l’abandon de son corps, le raid sur une école primaire pour l’utiliser comme terrain d’entraînement et les raids aériens sur des écoles abritant des familles déplacées.

Pour l’analyse, Save the Children a examiné les incidents individuels de violence politique affectant l’éducation signalés par la base de données sur les lieux et les événements des conflits armés, ACLED, en 2022 et 2023.

Des élèves et leur maîtresse.

Auprès de l’UA, les dirigeants africains s’étant engagés à construire des systèmes éducatifs résilients pour un accès accru à un apprentissage inclusif, tout au long de la vie, de qualité et pertinent en Afrique. Voilà pourquoi Save the Children exhorte les dirigeants à joindre le geste à la parole et à faire des écoles des lieux sûrs pour les enfants.

L’organisation appelle également les pays de l’UA qui n’ont pas approuvé la Déclaration sur la sécurité dans les écoles à le faire, et ces pays à mettre pleinement en œuvre les engagements de la Déclaration, y compris en élaborant un plan de mise en œuvre chiffré.

 

Des rêves brisés

La déclaration sur la sécurité dans les écoles est un engagement politique intergouvernemental visant à protéger les élèves, les enseignants, les écoles et les universités des pires effets des conflits armés. Jusqu’à présent, alors que 119 États ont approuvé la déclaration au niveau mondial, seuls 37 des 55 membres de l’UA ont pris un engagement similaire.

Ibrahim Zanna Sunoma
Ibrahim Zanna Sunoma

Ibrahim Zanna Sunoma, vice-président du Parlement national des enfants au Nigeria, a appelé les dirigeants africains à profiter du sommet pour prendre des mesures concrètes afin de mettre en œuvre l’année de l’éducation 2024. « Ayant grandi dans le conflit armé meurtrier du nord-est du Nigeria, j’ai été témoin du bilan catastrophique des incidents violents sur nos systèmes éducatifs. Ces actes de violence ne ravagent pas seulement les bâtiments scolaires, mais déchirent également le tissu même de notre société, laissant dans leur sillage des rêves brisés et des avenirs fracturés. Ils inspirent la peur et privent d’innombrables enfants de leur droit fondamental d’apprendre dans un environnement sûr et stimulant. Les cicatrices de ces expériences traumatisantes sont profondes et laissent une marque indélébile dans le cœur et l’esprit des enfants. »

Poursuivant son témoignage, le jeune garçon, habitué des tribunes, a rappelé : « Lorsque la crise nous frappe, la prochaine chose qui suit est la fermeture, la destruction, le vandalisme et le pillage des écoles. Des milliers d’enfants, d’enseignants et d’autres membres du personnel scolaire sont tués, enlevés et mutilés, et ceux qui restent ont une vision paralysée de l’avenir. »

En effet, confirme Mohamud Mohamed Hassan (Save the Children), représentant de l’Union africaine, « dans toute l’Afrique, des enfants sont tués, enlevés et mutilés ».

Et même lorsqu’un enfant parvient à se rendre à l’école, « il court souvent un danger. De nombreux enfants vont à l’école malgré les risques, mais aucun enfant ne devrait être confronté à ce choix. Mais comment peut-on s’attendre à ce qu’ils apprennent ? »

 

Inquiétudes en RD Congo

Bien que l’UA a déployé des efforts « considérables » pour protéger les élèves, les enseignants, les écoles et les universités contre les attaques et pour promouvoir une éducation sûre, les choses ont commencé à régresser. « L’année dernière, nous avons constaté une détérioration importante de la sécurité dans les écoles en Afrique. L’année 2024 doit être l’année du changement pour les enfants. »

Récemment, Save The Children alertait sur les dangers courus par les quelque 78 000 enfants déplacés, à l’est de la RD Congo. Les familles cherchent refuge dans des camps de déplacés, des églises, des écoles et des familles d’accueil. Des milliers d’entre elles sont maintenant sur les routes à la recherche de sécurité à Goma, la capitale de la province, à l’est du pays.

Une famille se déplace avec prudence, en RD Congo.
Une famille se déplace avec prudence, en RD Congo.

 

La reprise des combats entre les Forces armées et le M23, un groupe armé non étatique, a déplacé au moins 150 000 personnes, dont plus de la moitié sont des enfants, depuis le 2 février. Des parents ont signalé que de nombreux enfants ont été séparés lors des violences, bien que le nombre d’enfants perdus ne soit pas connu. Les familles cherchent refuge dans des camps de déplacés, des églises, des écoles et des familles d’accueil, et des milliers d’entre elles sont maintenant sur les routes à la recherche de sécurité à Goma, la capitale de la province.

De plus, l’utilisation de l’artillerie, de drones et d’explosifs dans l’est de la RDC tue et blesse des civils et endommage et détruit des infrastructures essentielles, selon Save the Children.

Une classe de jeunes élèves, en Afrique.

@NA

Écrit par
Paule Fax

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