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Santé Société

Les entreprises s’engagent contre le palu

Les entreprises s’engagent contre le palu
  • Publiédécembre 1, 2022

Face au paludisme, la recherche avance et 2023 pourrait constituer un tournant avec l’arrivée d’un nouveau vaccin. Sans attendre, des entreprises privées s’engagent pour aider soignants et chercheurs à combattre ce fléau, rapporte la Fondation Ecobank.

 

Dans le cadre de la troisième édition d’Africa Santé Expo, Speak Up Africa et la Fondation Ecobank devaient organiser, ce 2 décembre 2022, une table ronde autour de l’initiative « Zéro Palu ! Les entreprises s’engagent ». Africa Santé Expo est le rendez-vous annuel du secteur de la santé en Afrique et réunit les acteurs africains et internationaux sur la problématique de la santé, jusqu’au 3 décembre 2022 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Le thème de cette table ronde : « Lutter pour ce qui compte : les leçons apprises, succès et prochaines étapes de l’initiative Zéro Palu » » est l’occasion de mettre en exergue le rôle important que joue le secteur privé dans l’élimination de cette maladie pourtant évitable et traitable. D’autres entreprises s’engagent, comme Canal + Sénégal, Univers Bio Médical du Burkina Faso, ainsi que les États.

« Pour éliminer le paludisme, nous devons nous assurer que cette maladie est considérée comme la menace qu’elle représente vraiment. Le secteur privé et les médias ont un rôle important à jouer pour mobiliser les ressources nécessaires pour l’éliminer. »

Selon le dernier rapport de l’OMS, malgré les efforts et les progrès enregistrés ces dernières années, le paludisme demeure une menace pour les populations du monde entier, causant plus de 627 000 décès en 2020 notamment en Afrique subsaharienne où on compte 96% des cas. Dans certains pays africains, le paludisme impacte considérablement la croissance du PIB jusqu’à environ 1,3% et fait peser une lourde charge sur les entreprises du secteur privé. La maladie, par le biais de l’absentéisme des employés, de la baisse de la productivité et de l’augmentation des coûts des prestations, continue d’affecter les bénéfices des entreprises à travers le continent africain et au-delà.

Face au paludisme, la recherche avance. L’OMS vient de « recommander fortement » le médicament Pyramax, une combinaison thérapeutique à base d’artémisinine. L’OMS et l’Unicef continuent de promouvoir le vaccin Mosquirix. En dépit d’une efficacité assez faible (30%) qui diminue dans le temps, ce vaccin permet néanmoins de faire reculer la maladie, à condition d’être largement diffusé. Un million d’enfants l’aurait déjà reçu en Afrique, estime l’OMS. En 2023, un autre vaccin pourrait être mis en circulation. Actuellement en fin de phase II des tests, le R21/Matrix-M, conçu par l’université d’Oxford, affiche une efficacité entre 70% et 80%.

 

Le privé, un allié indispensable

La participation du secteur privé à l’élimination du paludisme peut dynamiser les objectifs nationaux en mobilisant davantage de partenaires et de ressources. Les entreprises du secteur privé ont donc tout intérêt à participer aux efforts nationaux de lutte contre le paludisme car une population en bonne santé favorise le développement de l’économie du pays et permet au secteur privé d’évoluer efficacement. 

« En Afrique, le secteur privé est un allié indispensable pour lutter contre le paludisme », souligne Paul-Harry Aithnard, directeur exécutif régional, Afrique de l’Ouest Francophone, et directeur général Ecobank Côte d’Ivoire. Les entreprises privées influentes « mobilisent les autres entreprises pour soutenir les efforts nationaux pour l’élimination du paludisme. »

Des efforts menés conjointement par toutes les parties prenantes engagées sont essentiels pour permettre notamment de renforcer la mobilisation des ressources pour atteindre l’objectif d’élimination du paludisme d’ici 2030. « Nous avons tous un rôle à jouer pour atteindre l’élimination du paludisme en Afrique. L’engagement de tous les secteurs de la société est une étape déterminante pour mettre fin à la maladie d’ici 2030 », ajoute Yacine Djibo, directrice exécutive de Speak Up Africa.

Basée à Dakar, au Sénégal, Speak Up Africa est une organisation à but non lucratif de communication stratégique et de plaidoyer qui se consacre à catalyser le leadership, favoriser les changements de politiques et renforcer la sensibilisation autour du développement durable en Afrique particulièrement sur les sujets liés à l’assainissement, la vaccination, le paludisme et les maladies tropicales négligées.

La réduction de la transmission du paludisme est une réalité pourtant l’élimination représente un défi auquel l’Afrique doit faire face si on veut mettre fin à la maladie sur le continent. « Pour éliminer le paludisme, nous devons nous assurer que cette maladie est considérée comme la menace qu’elle représente vraiment. Le secteur privé et les médias ont un rôle important à jouer pour mobiliser les ressources nécessaires pour l’éliminer », conclut Maimouna Tounkara, Responsable RSE Canal + Sénégal.

@NA

 

 

Écrit par
Aude Darc

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