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Société

Les défis de la peau et des cheveux

L’Oréal a dévoilé les trois lauréats de l’édition 2020 de sa bourse de recherche African Hair & Skin. Il s’agit de trois chercheurs, originaires de Côte d’Ivoire, de Madagascar et du Burkina Faso, qui poursuivent des travaux spécifiques sur les maladies ou les réactions de la peau.

Par Marie-Anne Lubin

Créée en 2013, la bourse africaine de recherche sur les cheveux et la peau de L’Oréal vise à promouvoir l’excellence scientifique africaine, en encourageant la recherche clinique et fondamentale.

Cette recherche est menée par des scientifiques du continent, sur la peau et les cheveux africains. « Un domaine qui reste largement inexploré », considère le leader mondial des cosmétiques.

Depuis sept ans, le programme de subvention a reçu une quarantaine de propositions de recherche, venus de 17 pays d’Afrique subsaharienne. Cette année, trois chercheurs ont été choisis par un jury de sept scientifiques africains et internationaux. Ils recevront un soutien financier et un mentorat pour leurs projets de recherche d’un an.

« Les dermatologues et les chercheurs, surtout ceux du continent, ont l’exaltante opportunité et l’impérieux devoir de relever ce défi en contribuant, par leurs pratiques et leurs recherches, à une meilleure connaissance de la peau. » 

Le 12 octobre 2020, lors d’une cérémonie virtuelle de remise de prix, L’Oréal a accordé trois subventions de recherche à trois scientifiques africains pour la valeur de leurs travaux de recherche sur la physiologie de la peau et des cheveux africains. Il s’agit du Dr Yao Isidore Kouassi, de l’université Félix-Houphouet Boigny d’Abidjan.

Ce chercheur de Côte d’Ivoire sera soutenu dans son projet d’évaluation des facteurs de risque de l’acné de l’adulte en milieu tropical africain. « Les jeunes chercheurs doivent croire en leurs potentiels car les défis relatifs à la recherche à relever sont nombreux, en Afrique subsaharienne », a-t-il réagi. 

De son côté, le professeur Pascal Niamba enseigne à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou (Burkina-Faso). Son projet vise à étudier le polymorphisme génétique des récepteurs du facteur de croissance transformant et sa susceptibilité aux cicatrices chéloïdes.

Un site Internet spécialisé

« La peau, les muqueuses et les phanères chez le sujet à peau noire restent toujours, de nos jours, l’objet de nombreuses interrogations. Les dermatologues et les chercheurs, surtout ceux du continent, ont l’exaltante opportunité et l’impérieux devoir de relever ce défi en contribuant, par leurs pratiques et leurs recherches, à une meilleure connaissance de cet organe. »

Enfin, Rabenja Rapelanoro étudie à l’université d’Antananarivo, à Madagascar. Il conduit un d’évaluation du rôle de la mutation de la filaggrine (une protéine), comme facteur prédictif de la dermatite atopique chez les patients. « J’ai créé le laboratoire Lartic pour amener la dermatologie sur une plateforme numérique. Certaines pathologies ne sont même pas étudiées. Il est important pour les jeunes chercheurs de ne pas abandonner », a-t-il commenté.

Les lauréats ont été sélectionnés parmi une liste restreinte de 23 candidatures, en fonction de leur valeur scientifique, de la qualité et de l’originalité de leur projet de recherche. En 2019 trois scientifiques du Kenya, du Sénégal et du Nigeria, se concentrant respectivement sur la pollution, l’hyperpigmentation post-inflammatoire et l’alopécie de traction, ont reçu une bourse de recherche lors d’une cérémonie prestigieuse tenue à Dakar, au Sénégal.

Parallèlement à l’édition 2020 de la Subvention, L’Oréal a dévoilé africaderm.com, le premier site web dermatologique dédié aux préoccupations cutanées et capillaires africaines.

Le site vise à fournir un canal centralisé pour l’échange d’informations scientifiques pour tous les experts des cheveux et de la peau en Afrique subsaharienne. En tant que tel, le site dispose d’un répertoire d’experts africains des cheveux et de la peau en Afrique, les sociétés nationales de dermatologue dans le continent et le matériel éducatif gratuit pour les patients.

Michele Verschoore est directrice médicale de L’Oréal Research & Innovation, en France. Elle a rappelé que depuis plus de trente ans, le groupe a mis sur pied des programmes scientifiques pour accroître les connaissances sur la peau et les cheveux des Africains.

« Notre collaboration avec les communautés médicales et scientifiques de toute l’Afrique a permis la publication de plus de 50 publications scientifiques. » Les données générées par ces scientifiques africains sont au service de la communauté africaine, « en la sensibilisant et en fournissant des directives pour les soins capillaires et cutanés ».

ML

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