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Société

Les Africains souhaitent faire mieux dans l’égalité des genres

Les Africains souhaitent faire mieux dans l’égalité des genres
  • Publiéjanvier 4, 2024

Les citoyens africains apprécient les efforts de leur gouvernement dans la promotion de l’égalité des genres, mais considèrent qu’il reste encore beaucoup à entreprendre. Le poids des traditions a encore la vie dure dans certains pays, comme la Mauritanie.

 

Une majorité d’Africains expriment leur soutien à l’égalité des sexes en politique, en matière d’embauche et de propriété foncière, selon une enquête d’Afrobarometer. Effectuée durant plusieurs mois, jusqu’à l’été dernier, l’enquête a été dévoilée fin décembre 2023.

Ce rapport, basé sur des enquêtes représentatives au niveau national dans 39 pays africains, documente également des inégalités persistantes entre les sexes, montrant que les femmes continuent d’être à la traîne des hommes en matière d’éducation, de propriété des actifs clés et de contrôle sur les décisions financières du ménage.

L’inégalité d’accès à l’éducation, l’inégal traitement en milieu professionnel et le manque de femmes à des postes d’influence dans le gouvernement sont les plus grands défis liés à l’égalité entre les genres aux yeux des Mauritaniens.

Et si la plupart des citoyens affirment que les femmes devraient avoir les mêmes chances d’être élues à des postes politiques que les hommes, une majorité d’entre eux pensent également que les femmes qui se présentent aux élections risquent d’être critiquées ou harcelées.

Les gouvernements africains reçoivent des évaluations relativement positives pour leurs efforts visant à promouvoir l’égalité des sexes, mais près des deux tiers des citoyens estiment qu’il reste encore beaucoup à faire.

Dans le détail, l’enquête révèle qu’une grande majorité (75%) de citoyens – une part qui s’accroît lentement –, estiment que les femmes devraient avoir les mêmes chances que les hommes d’être élues à des postes politiques. Pour autant, plus de la moitié (52%) affirment qu’une femme qui se présente à une élection « risque d’être critiquée ou harcelée ». À travers l’Afrique, les femmes sont moins susceptibles que les hommes à participer à de nombreuses formes d’engagement civique, notamment à voter, à se joindre à d’autres pour aborder un problème de la communauté et à discuter de politique.

En matière d’emplois, 58% des Africains estiment que les femmes devraient avoir les mêmes droits que les hommes d’accéder à un emploi. Presque trois quarts (73%) des Africains estiment que les femmes devraient avoir les mêmes droits que les hommes en matière de propriété et d’héritage fonciers. Toutefois, les opinions varient considérablement selon les pays : par exemple, ce soutien à l’égalité tombant à 31% en Mauritanie (lire ci-dessous).

Une majorité plus faible (58%) de répondants soutiennent l’égalité des droits des femmes à l’emploi, avec un soutien allant de 32% à Madagascar à 80% au Cap Vert.

Parmi les écarts persistants entre les sexes, documentés dans les résultats de l’enquête, nous voyons que les femmes sont moins susceptibles que les hommes d’avoir fait des études secondaires ou post-secondaires (51% contre 59%).

Les femmes sont également à la traîne des hommes en matière de possession d’actifs productifs clés tels que les véhicules automobiles (15% contre 31%) et les comptes bancaires (34% contre 43%). Il en est de même pour les téléphones portables (79% vs. 86%).

De même, les femmes sont moins susceptibles que les hommes de déclarer qu’elles prennent elles-mêmes les décisions financières du ménage (35% contre 44%).

La violence basée sur le genre constitue le problème le plus important en matière de droits des femmes que les Africains souhaitent que leur gouvernement et leur société abordent ; 38% déclarent qu’une telle violence est courante dans leur communauté.

Les gouvernements obtiennent des notes relativement positives (56% d’approbation) pour leurs efforts visant à promouvoir l’égalité des sexes, mais près des deux tiers (63%) des citoyens estiment que leur gouvernement devrait en faire davantage.

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Encadré

Des conditions plus difficiles pour les Mauritaniennes

 

Selon les derniers chiffres des Nations unies, les inégalités entre les hommes et les femmes sont manifestes sur le marché du travail en Mauritanie : le pays compte seulement 26,4% de femmes actives contre 56,6% d’hommes. Le secteur informel, où les conditions de travail sont parfois précaires, est prédominant parmi les Mauritaniennes, touchant 76,5% d’entre elles, contre 42,9% des hommes. « Cette situation reflète une discrimination structurelle, renforcée par la persistance de stéréotypes, d’attentes et de normes basées sur le genre », commente l’ONU.

Dans le domaine de l’éducation, les disparités entre les sexes en Mauritanie sont également marquées, souligne cette fois une étude des chercheurs de Samuel Hall. À partir du second cycle du secondaire, le taux d’abandon scolaire est plus élevé chez les filles (80,7%) que chez les garçons (73,6%). Les principales causes de cet écart sont le mariage et les grossesses précoces, qui limitent fortement les opportunités éducatives des filles.

Pour combler les inégalités entre les sexes et renforcer l’autonomie des femmes et des filles, la Mauritanie a adopté des lois pour prohiber les pratiques discriminatoires telles que les mariages infantiles et les mutilations génitales féminines. Un quota électoral a été aussi adopté afin d’augmenter le nombre de femmes à des postes influents en politique.

Un atelier de sensibilisation aux discriminations en Mauritanie, en octobre 2023.
Un atelier de sensibilisation aux discriminations en Mauritanie, en octobre 2023.

 

De son côté, Afrobarometer constate des écarts entre les sexes en ce qui concerne l’accès à l’éducation, la possession de certains actifs et l’autonomie dans la gestion des revenus. Et résume : « Les Mauritaniens n’adhèrent pas au principe d’égalité en matière d’accès à l’emploi et à la terre. »

L’inégalité d’accès à l’éducation, l’inégal traitement en milieu professionnel et le manque de femmes à des postes d’influence dans le gouvernement sont les plus grands défis liés à l’égalité entre les genres aux yeux des Mauritaniens, qui ne s’accordent pas pour approuver les efforts de leur gouvernement dans la protection des droits de la femme.

@NA

Écrit par
Aude Darc

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