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Société

Les Africains inquiets des changements climatiques

Les Africains inquiets des changements climatiques
  • Publiédécembre 26, 2022

Selon une enquête demandée par la BEI, 88 % des Africains estiment que les changements climatiques exercent déjà des répercussions sur leur quotidien et 61 % estiment que les atteintes à l’environnement ont affecté leurs revenus ou leurs moyens de subsistance.

 

Les Africains veulent que les pouvoirs publics se préoccupent davantage des questions environnementales. Une enquête commandée par la Banque européenne d’investissement témoigne de leurs inquiétudes.

Les résultats de l’enquête confirment que les changements climatiques ont eu des effets négatifs sur les moyens de subsistance des Africains, 61 % d’entre eux ayant déclaré que leurs revenus ont été affectés. Ces pertes sont généralement liées à des sécheresses intenses, à l’élévation du niveau des mers ou à l’érosion côtière, ainsi qu’à des phénomènes météorologiques extrêmes tels que des inondations ou des ouragans.

« Les citoyens constatent déjà les effets des changements climatiques sur leur quotidien puisqu’ils sont confrontés, entre autres, à des sécheresses à répétition, à la perte de biodiversité et à l’érosion côtière. Paradoxalement, ces changements pénalisent le financement de la prochaine génération de projets renouvelables et verts. »

Plus de la moitié des Africains interrogés (57 %) affirment qu’ils ont, eux-mêmes ou l’une de leurs connaissances, déjà agi pour s’adapter aux effets des changements climatiques. Certaines de ces initiatives comprennent des investissements dans des technologies permettant de réaliser des économies d’eau afin de réduire l’impact de la sécheresse et dans le curage de canalisations en prévision d’inondations. Notamment dans la recherche d’eau ou de bois. L’accès au bois pèse particulièrement au Kenya et au Cameroun. Dans ce pays, 86 % de la population interrogée affirment que les changements climatiques ont déjà des répercussions sur leur quotidien; 59 % déclarent que les changements climatiques et les dommages environnementaux ont affecté leurs revenus ou leurs moyens de subsistance; 76 % des Camerounais interrogés indiquent que la priorité devrait être donnée aux énergies renouvelables. Les pertes subies par les Camerounais sont généralement liées à des sécheresses intenses, à l’élévation du niveau des mers ou à l’érosion côtière, ainsi qu’à des phénomènes météorologiques extrêmes tels que des inondations ou des ouragans.

Interrogés sur la source d’énergie dans laquelle leur pays devrait investir, 76 % des Africains sondés ont déclaré que la priorité devrait être donnée aux énergies renouvelables, loin devant les combustibles fossiles (13 %).

 

Les énergies renouvelables sont prioritaires

« Une grande majorité de personnes interrogées dans les pays sondés en Afrique nous alertent sur les effets que les changements climatiques ont déjà sur leur famille et leurs sources de revenus », commente Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI. Dont l’étude « montre que pour la plupart des personnes interrogées, le développement des énergies renouvelables est prioritaire ».

On le sait, l’Afrique est la partie du monde la plus touchée par les changements climatiques, bien que ce soit celle qui contribue le moins au problème. Le continent fait face à une menace accrue de phénomènes météorologiques extrêmes et de changements climatiques chroniques, qui influencent les rendements agricoles, la sécurité alimentaire et hydrique, les écosystèmes, les moyens de subsistance, la santé, les infrastructures et les migrations. Par leurs effets néfastes sur les ressources vitales et la concurrence accrue qu’ils entraînent pour les ressources naturelles, les changements climatiques risquent d’accroître la pauvreté, les inégalités et le chômage. Aussi, des investissements en infrastructures sont-ils nécessaires afin d’atténuer les effets des changements climatiques et permettent aux populations d’Afrique de s’adapter à leurs retombées inévitables sur leur vie.

Le sentiment est général. Ainsi, 91 % de la population ivoirienne interrogée estiment que les changements climatiques ont déjà des répercussions sur leur quotidien ; 63 % estiment que les changements climatiques et les dommages environnementaux ont affecté leurs revenus ou leurs moyens de subsistance ; 77 % des Ivoiriens interrogés indiquent que la priorité devrait être donnée aux énergies renouvelables.

« Nous sommes conscients que le défi du changement climatique est grand. En Côte d’Ivoire, nous connaissons un fort recul du couvert forestier. De 16 millions d’hectares en 1900, nous sommes aujourd’hui à environ 3 millions d’hectares de forêts. Il s’agira donc pour nous de passer de 3 millions à 6 millions d’hectares de forêts d’ici à 2030. Nous restons convaincus qu’avec notre détermination dans la solidarité et notre dévouement en synergie d’actions, nous réussirons le pari d’une Côte d’Ivoire verte, écologique et prospère. Engageons-nous tous dès maintenant car demain il sera trop tard ! », s’exclame, volontariste, Laurent Tchagba, ministre des Eaux et forêt de Côte d’Ivoire.

 

Sécheresse et érosion au Maroc

Même son de cloches en Afrique du Nord : 86 % de la population marocaine interrogée affirment que les changements climatiques ont déjà des répercussions sur leur quotidien; 51 % estiment que les changements climatiques et les dommages environnementaux ont affecté leurs revenus ou leurs moyens de subsistance; 78 % des Marocains interrogés indiquent que la priorité devrait être donnée aux énergies renouvelables.

Pourtant, rappelle la BEI, le Maroc est fermement engagé dans la lutte contre le réchauffement climatique. À ce titre, il a été l’un des premiers pays au monde à soumettre sa première contribution déterminée au niveau national.

L’adaptation est une priorité absolue, compte tenu de la grande vulnérabilité du pays aux changements climatiques. Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du développement durable, confirme :

« Depuis plus de trente ans, le Royaume du Maroc est à l’avant-garde de la lutte contre les changements climatiques. Nous avons placé la durabilité au cœur de notre modèle de développement et nous avons adopté une approche inclusive : la participation citoyenne est la clé de la réussite. Les citoyens constatent déjà les effets des changements climatiques sur leur quotidien puisqu’ils sont confrontés, entre autres, à des sécheresses à répétition, à la perte de biodiversité et à l’érosion côtière. Paradoxalement, nous notons que ces changements pénalisent également le financement de la prochaine génération de projets renouvelables et verts. »

Les pays couverts par l’enquête, disponible à cette adresse, sont les suivants : Maroc, Tunisie, Égypte, Jordanie, Kenya, Afrique du Sud, Angola, Cameroun, Sénégal, Côte d’Ivoire.

@NA

 

Écrit par
Aude Darc

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