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Société

Le Togo soigne sa diaspora

Sous l’impulsion du ministre Robert Dussey, le Togo va créer prochainement un Guichet unique à destination des Togolais de l’extérieur. D’autres initiatives suivront d’ici à 2023 afin de canaliser l’épargne de la diaspora. Qu’il s’agit, dans un premier temps, de mieux identifier.

Par Kimberly Adams

Ils représentent près 8% du PIB de leur pays, une force vive précieuse, des appuis politiques à ne pas négliger.  « Ils », ce sont les Togolais de la diaspora, que le gouvernement souhaite d’abord mieux connaître, afin de structurer leur épargne. Telle est l’ambition du ministre en charge des Togolais de l’extérieur, Robert Dussey.

Lequel a, au cours d’une réunion de travail, tenue le 10 mai à Lomé, détaillé ses intentions pour les mois qui viennent. Elles se résument en deux axes forts, le recensement de la population des Togolais et la création d’un Guichet unique pour les entrepreneurs et investisseurs résidant à l’étranger. Mission en a été confiée au Haut conseil des Togolais de l’extérieur (HTCE).

Les envois de fonds de la diaspora vers le Togo ont reculé de 3,7% en 2020, à 220,5 milliards en 2020 (343,8 millions d’euros). Ils avaient totalisé 225,5 milliards de F.CFA en 2018 et 229 milliards en 2019, soit presque 8 % du PIB.

Les recensements prévus, mis en œuvre dès 2021, permettront au Togo de disposer de données démographiques exactes sur les Togolais vivant hors du pays. Et d’identifier ceux qui sont les plus susceptibles de contribuer à la « Feuille de Route quinquennale 2020-2025 », à travers leurs investissements ou la création d’entreprise.

À horizon 2022 et 2023, le gouvernement prépare la constitution d’un Fonds d’investissement des Togolais de l’extérieur, et la création d’une plateforme de placement de leur épargne dans les structures publiques nationales, internationales et dans les multinationales. Il envisage aussi la création d’un incubateur dédié à la diaspora togolaise.

 « Ensemble avec le Corps diplomatique, les partenaires techniques et financiers et les compatriotes de la diaspora, j’ai lancé le Guichet diaspora, pour aider les Togolaises et Togolais de la diaspora à rentrer, investir ou à faciliter l’investissement étranger au plan Togo 2025 », explique Robert Dussey.

D’ailleurs, la Feuille de route 2020-2025 est formelle : « Aucune nation ne peut se construire et assurer son épanouissement si elle n’associe tous ses filles et fils à la gestion de la chose commune. » L’ambition du ministre des Affaires étrangères est de mieux structurer l’apport de la communauté togolaise au développement du pays, au-delà des envois de fonds aux familles.

Répondre aux attentes

Ces envois de fonds ont représenté 225,5 milliards de F.CFA en 2018, 229 milliards en 2019 et 220,5 milliards en 2020 (343,8 millions d’euros), soit presque 8 % du PIB. L’année 2020 s’est donc soldée par un recul limité, mais un recul tout de même, en valeur absolue.

Ce Guichet diaspora « vise à mettre à la disposition des Togolais de l’extérieur une plateforme flexible et inclusive capable de répondre à leurs attentes », explique le ministère des Affaires étrangères. Il constitue désormais l’organe technique d’appui du HCTE qui a pour charge d’encourager la diaspora à réaliser des projets au Togo, et d’attirer des investissements vers le pays. L’organisme souhaite favoriser l’émergence de groupes d’investisseurs et de mobiliser de nouveaux investisseurs ou partenaires internationaux.

Le ministre entend, dans les deux ans, doter les Togolais de nouveaux outils, comme un Observatoire de la diaspora, un guide des facilitations aux projets, un guide des dispositifs d’appui et d’accès aux financements. Quant à la plateforme d’appui aux partenariats portés par la diaspora, elle entrerait dans le cadre de la coopération décentralisée avec les communes togolaises et d’autres programmes internationaux.

Sur ce point, le ministre relève « le contexte favorable de développement des territoires », après les élections municipales, qui ont enfin pu se tenir en 2019. Il y voit une opportunité de réalisation des projets en particulier dans le cadre des jumelages et de la coopération décentralisée. Un répertoire des communes du Togo est prévu pour mettre l’accent sur les atouts et les potentialités de chacune des 117 localités du pays.

Le soutien à la diaspora ne date pas de 2021, tient à rappeler le ministère. La Direction des Togolais de l’extérieur est active depuis 2005, année de la création du Haut-commissariat aux rapatriés et à l’action humanitaire. Au début des années 2010, fut mis en œuvre du programme Diaspora, portant notamment sur le recours aux compétences.

En 2014, le gouvernement constitue le Comité interministériel chargé de la coordination et du suivi des activités de migration et développement. Depuis cette année-là, les Togolais de l’extérieur porteurs de projets sont aidés par les « points focaux » présents dans les différentes missions diplomatiques et consulaires du Togo, etc. Dernière initiative en date, la création du HCTE, en 2019.

KA

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