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Société

Le stress et la solitude touchent les travailleurs

Le stress et la solitude touchent les travailleurs
  • Publiéjuin 18, 2024

Une enquête Gallup révèle des différences régionales significatives dans la manière dont les problèmes de santé mentale sont vécus en Afrique.

 

Selon le rapport State of the Global Workplace de l’institut de sondage Gallup, près de la moitié des employés d’Afrique subsaharienne ont déclaré avoir subi un stress important lors de la journée précédente, et plus d’un quart d’entre eux ont souffert de solitude au cours de cette même journée.

En Afrique subsaharienne, 48 % des salariés déclarent avoir été très stressés ce jour-là, ce qui représente une augmentation de deux points de pourcentage par rapport à 2022, alors que le taux mondial est de 41 %.

« De nombreux troubles mentaux ont reçu trop peu d’attention et d’intérêt de la part du grand public, du système de santé général et des décideurs politiques élus et nommés, ce qui fait que ces troubles ne sont pas considérés comme prioritaires. »

Les résultats montrent également que l’Afrique subsaharienne est la deuxième région en termes de pourcentage d’employés ayant ressenti beaucoup de solitude la veille, avec 28 %, contre 22 % à l’échelle mondiale.

L’Afrique fait relativement piètre figure par rapport à l’Europe, où 37 % des salariés ont souffert d’un stress quotidien important et 14 % d’entre eux ont souffert de solitude la veille du jour où on les a interrogés ; 75 % des Africains sont à l’affût d’un nouvel emploi ou le recherchent activement, contre seulement 32 % des Européens.

Toutefois, l’enquête met en relief des différences régionales significatives dans la manière dont les problèmes de santé mentale sont vécus en Afrique.

En Afrique du Sud, 32 % des personnes interrogées déclarent souffrir de stress, contre 34 % au Kenya, 46 % au Sénégal et 40 % en Zambie, ce qui est beaucoup plus élevé que les 25 % d’employés au Zimbabwe.

« Les lieux de travail en Afrique disposent d’un vaste potentiel en matière d’engagement et de bien-être des employés, mais la diversité des résultats confirme que les facteurs sous-jacents peuvent varier de manière significative d’un pays à l’autre », indique le rapport.

Le taux régional de 28 % de personnes souffrant de tristesse est plus élevé que le taux mondial de 22 %, mais les différences régionales sont profondes : en Afrique du Sud et au Sénégal, 20 % des employés déclarent avoir éprouvé de la tristesse une bonne partie de la journée précédente, 23 % au Kenya, 24 % en Tanzanie, 28 % en Zambie, 36 % en Gambie et 37 % au Togo. Le taux de tristesse est nettement moins élevé à Maurice (15 %) et en Namibie (16 %), alors qu’il est beaucoup plus élevé en Guinée (49 %).

 

Le bien-être diminue

Le rapport montre qu’un employé sur cinq dans la région subsaharienne est engagé au travail, alors que la moyenne mondiale est de 23 %, ce qui fait de l’Afrique la septième région la plus engagée au monde. L’engagement des salariés reflète l’implication et l’enthousiasme des salariés dans leur travail et sur leur lieu de travail.

Là encore, il existe des différences régionales : en Afrique du Sud, 29 % des employés sont engagés ; en Tanzanie, 31 % ; et au Kenya, 18 %, mais le Sénégal affiche un taux nettement plus élevé, à savoir 40 %. En revanche, la région des États-Unis et du Canada affiche un taux d’engagement de 33 %.

Dans l’ensemble, le rapport révèle que l’engagement des employés à l’échelle mondiale stagne et que leur bien-être diminue en 2023, après plusieurs années de progression constante.

« Le résultat est que la majorité des employés dans le monde continuent à avoir des difficultés au travail et dans la vie, ce qui a des conséquences directes sur la productivité de l’organisation », commente le rapport.

Gallup estime à 8,9 billions de dollars le manque à gagner pour le PIB mondial en raison d’un faible engagement.

Selon le CDC Afrique (Centre africain de contrôle et de prévention des maladies), plus de 116 millions de personnes vivaient déjà avec des problèmes de santé mentale avant la pandémie.

Et selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), la santé mentale est un état de bien-être mental qui permet aux gens de faire face au stress de la vie, de réaliser leurs capacités, de bien apprendre et de bien travailler, et de contribuer à leur communauté.

« Les personnes souffrant de troubles mentaux sont souvent confrontées à la discrimination et à la privation de leurs droits fondamentaux », déclare le CDC Afrique.

 

Le continent doit rattraper son retard

Les problèmes s’étendent au-delà du lieu de travail. Alors que 34 % des employés sont satisfaits de leur vie dans le monde, ils ne sont que 17 % à l’être en Afrique subsaharienne. Bien plus que la moyenne régionale, 32 % des employés sont épanouis en Afrique du Sud et 27 % au Sénégal, tandis qu’ils sont moins nombreux au Kenya (16 %) et en Tanzanie (14 %). En Sierra Leone, ils ne sont que 8 %.

Dans de nombreux pays africains, les outils permettant d’aider les personnes à faire face à ces problèmes font défaut. Selon l’OMS, le taux annuel global de visites dans les centres de santé mentale ambulatoires est de 1051 pour 100 000 personnes, mais seulement 14 pour 100 000 en Afrique. En Sierra Leone, par exemple, 98 % de la population n’a pas accès aux soins de santé mentale.

Le CDC Afrique met en garde : « En Afrique, de nombreux troubles mentaux ont reçu trop peu d’attention et d’intérêt de la part du grand public, du système de santé général et des décideurs politiques élus et nommés, ce qui fait que ces troubles ne sont pas considérés comme prioritaires. Nous appelons les États membres africains à investir davantage dans la résolution des problèmes de santé mentale en Afrique. »

@NA

Écrit par
Adam Saïdane

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