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Société

L’e-Santé, une solution aux déserts médicaux

Le Mali est particulièrement desservi en services de santé publique. En matière de dermatologie, les besoins en personnels sont criants comme le souligne Béatrice Garrette : « Il n’existe que dix dermatologues au niveau national, pour près de quinze millions d’habitants !»

Avec une préva­lence des maladies de peau avoisinant 30 %, les dispositifs de prise en charge en la matière sont insuffisants pour répondre aux besoins de la population. Parmi les principales infections relevées, on compte notamment les dermatoses infectieuses comme l’impétigo, la gale ou l’eczéma.

Aussi, le recours à la téléphonie mobile s’est imposé comme en témoigne le professeur Ousmane Faye du Centre national d’appui à la lutte contre la mala­die (CNAM). La dermatologie reposant essentiellement sur l’observation, les technologies numériques s’avèrent un relais particulièrement utile en termes de diagnostic et de suivi.

Vingt médecins et infirmiers ont été formés à l’identification des dermatoses les plus courantes, mais aussi aux outils numé­riques pour alimenter la plateforme de télé-dermatologie dans une dizaine de centres de santé équipés en numériques et, sur les 3 000 affections recensées l’an dernier, 175 ont fait l’objet d’un traitement numérique permettant le relais auprès des dermatolo­gues. Le service de m-Santé s’adresse désor­mais à la gynécologie et à la cardiologie et devrait se généraliser à d’autres spécialités.

Mobiliser des financements appropriés

Les start-up spécialisées en e-Santé sont devenues légion en Afrique, pour­tant nombreuses sont celles qui ne dépassent pas le stade de test, déplore Béatrice Garrette : « Trop d’initiatives restent au stade expérimental, parfois faute de visibilité et donc de financement».

Dans ce contexte, la Fondation Pierre Fabre apporte son expertise en développant des enquêtes de terrain dont les plus perti­nentes sont répertoriées sur la plateforme d’e-Santé, au nombre de 71 à ce jour. « L’un des principaux problèmes repose sur la fiabilité des données. Nous vérifions donc chaque information pour favoriser ensuite la mise en réseau et faciliter l’appui de partenaires en matière de compétences, de partenariats et de financements », poursuit Béatrice Garrette.

D’autre part, la fon­dation offre des dotations aux porteurs de projets plébiscités (120 000 euros en 2017 pour neuf structures basées dans les pays du Sud). Elle cherche à mobiliser les ministères de la Santé publique, comme en témoigne le thème de la conférence 2017 dédiée à l’e-Santé intégrée aux politiques publiques. Les investisseurs publics sont minoritaires : « Il est dif­ficile de séduire les investisseurs publics, car nous nous occupons des populations les plus démunies qui vivent souvent avec moins d’un dollar par jour », poursuit-elle.

Enfin, elle insiste sur la dimension réso­lument inclusive et « responsable » de la démarche : « Notre fondation ne cherche en aucun cas la rentabilité financière des pro­jets, mais leur efficience sur les populations concernées. L’objectif repose sur une réponse adaptée à des besoins non satisfaits auprès des plus marginalisés ». Les besoins sont nombreux et la demande est forte, la m-Santé en Afrique a encore de beaux jours devant elle… 

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