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Société

Le risque d’être Noir américain

Le risque d’être Noir américain
  • Publiéseptembre 28, 2023

Aux États-Unis, les Noirs ont trois fois plus de risques d’être tués par la police que les Blancs et 4,5 fois plus de risques d’être incarcérés. Un rapport dénonce le caractère « systémique » du racisme et appelle les autorités à le briser.

 

Le racisme systémique est omniprésent dans les systèmes de police et de justice des États-Unis, indique le Mécanisme des Nations unies pour la justice raciale dans l’application de la loi dans un nouveau rapport qui appelle à la réforme.

Le Mécanisme des Nations unies pour la justice raciale dans l’application de la loi lève un coin du voile sur son nouveau rapport relatif aux États-Unis.

« Le racisme systémique à l’encontre des personnes d’ascendance africaine est omniprésent dans les forces de police et le système de justice pénale des États-Unis », concluent ses auteurs, pour le compte du Bureau des Nations unies pour les droits de l’homme. Qui émet diverses recommandations : « Les autorités américaines doivent de toute urgence redoubler d’efforts pour réformer » les institutions concernées.

Le rapport met aussi en évidence les bonnes pratiques locales et fédérales et reconnaît les efforts déployés par l’administration actuelle et certains gouvernements locaux pour lutter contre ce problème.

Ce rapport fait suite à la visite officielle du mécanisme aux États-Unis au début de l’année, au cours de laquelle il a entendu les témoignages de 133 personnes concernées, visité cinq centres de détention et tenu des réunions avec des groupes de la société civile et une série d’autorités gouvernementales et policières dans différents districts, dont Atlanta et New York.

« Dans toutes les villes où nous nous sommes rendus, nous avons entendu des dizaines de témoignages déchirants sur la façon dont les victimes n’obtiennent pas justice ou réparation. Ce n’est pas nouveau et c’est inacceptable », a déclaré Tracie Keesee, membre du Mécanisme. « Il s’agit d’un problème systémique qui appelle une réponse systémique. Tous les acteurs concernés, y compris les services de police et les syndicats de police, doivent unir leurs forces pour lutter contre l’impunité qui prévaut. »

Le rapport constate que le racisme aux États-Unis – héritage de l’esclavage, de la traite des esclaves et des cent ans d’apartheid légalisé qui ont suivi l’abolition de l’esclavage –, continue d’exister aujourd’hui sous la forme de profilage racial, d’assassinats par la police et de nombreuses autres violations des droits de l’homme.

 

Revoir le maintien de l’ordre

Le rapport indique que les Noirs américains sont trois fois plus susceptibles d’être tués par la police que les Blancs, et 4,5 fois plus susceptibles d’être incarcérés.

Il indique également que sur plus de 1 000 cas d’homicides commis par la police chaque année, seul 1 % donne lieu à une inculpation. Si les réglementations relatives à l’usage de la force aux États-Unis ne sont pas réformées conformément aux normes internationales, nombre de ces meurtres se poursuivront, prévient le rapport.

« Nous rejetons la théorie de la « pomme pourrie ». Des preuves solides suggèrent que le comportement abusif de certains policiers fait partie d’un schéma plus large et menaçant », a déclaré Juan Mendez, membre du Mécanisme. « Les institutions chargées de l’application de la loi et de la justice pénale aux États-Unis partagent et reproduisent les valeurs, les attitudes et les stéréotypes de la société et des institutions américaines. Ces valeurs, attitudes et stéréotypes doivent être réformés. »

Le rapport indique que les policiers armés ne devraient pas être les premiers intervenants par défaut pour chaque problème social aux États-Unis, y compris pour les crises de santé mentale, les sans-abri, le contrôle de la circulation ou la discipline dans les écoles. Selon les auteurs, cela doit changer en proposant des réponses alternatives au maintien de l’ordre.

« Lors de nos rencontres avec des policiers, nous avons entendu à maintes reprises que la santé mentale des policiers était affectée non seulement par la surcharge de travail, mais aussi par le racisme et la discrimination raciale au sein des services de police », explique Tracie Keesee. « Attendre des forces de l’ordre qu’elles respectent et protègent les droits de l’homme présuppose également une culture du respect et du bien-être dans les rangs. »

Le rapport invite les services de police à s’attaquer aux problèmes de racisme systémique à l’encontre des policiers noirs et à l’idéologie de la suprématie blanche au sein de ces services.

Le rapport cite avec une profonde inquiétude des cas d’enfants d’origine africaine condamnés à la prison à vie, de femmes enceintes enchaînées pendant l’accouchement et de personnes maintenues à l’isolement pendant dix ans. Il a également décrit comment certaines personnes d’origine africaine ont été empêchées de voter des années après avoir purgé leur peine et comment certaines sont soumises au travail forcé dans des prisons de type « plantation », ce qui constitue une forme contemporaine d’esclavage.

Le Mécanisme condamne non seulement le recours excessif à l’incarcération et à la surveillance pénale aux États-Unis, mais aussi l’effroyable surreprésentation des personnes d’ascendance africaine dans le système de justice pénale.

« Les témoignages et les chiffres que nous avons reçus représentent la pire partie d’un système de justice pénale raciste qui érode tous les efforts visant à lutter contre le racisme systémique », juge Juan Mendez. « Nos conclusions soulignent le besoin critique d’une réforme globale. »

Le rapport formule trente recommandations à l’intention des États-Unis et de toutes leurs juridictions, y compris les plus de 18 000 services de police que compte le pays. Il met également en évidence les bonnes pratiques locales et fédérales et reconnaît les efforts déployés par l’administration actuelle et certains gouvernements locaux pour lutter contre ce problème.

« Nous encourageons les bonnes pratiques à être reproduites dans d’autres régions du pays. Nous espérons continuer à coopérer avec les États-Unis pour mettre en œuvre ces recommandations », conclut Juan Mendez.

Le racisme systémique affecte toujours les Afro-descendants

LA, d’après communiqué du Bureau des Nations unies pour les droits de l’homme. 

@NA

 

Écrit par
Laurent Allais

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