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Société

Paul Biya : COP21 : Le temps d’agir

Les engagements du Cameroun

La COP21 porte l’ambition, après les échecs de Rio, Copenhague, Tokyo et autres conférences internationales sur le climat, d’aboutir à un accord, contraignant, en vue de maintenir le réchauffement climatique à deux degrés.

Afrique, dont plusieurs pays n’ont pas attendu la COP21 pour se préoccuper des questions environnementales, est cette année décidée à ne pas subir « la politique des pollueurs », mais à faire force proposi- tions. À commencer par le Cameroun, qui fait figure de pionnier en Afrique centrale, une région au coeur de toutes les attentions pour son tissu forestier. « Le Cameroun est au centre de la lutte contre la pauvreté et le dérèglement climatique. On subit ici le réchauffement sans y avoir jamais contribué. » Annick Girardin, secrétaire d’État française au Développement et à la francophonie résume ainsi parfaitement la situation dans laquelle se trouve le Cameroun, comme nombre de pays africains, à la veille de la conférence mondiale sur le climat (COP21) à Paris. Reçue par Paul Biya début novembre, elle constatait : « L’Afrique, avec le Cameroun, nous demande des accords et des financements. Mais l’Afrique a aussi des solutions à proposer […]. Nous, pays industrialisés, devons répondre à ce défi de la solidarité par des solutions concrètes».

Les forêts d’Afrique centrale

environnement

Le Cameroun, parmi les premiers à remettre sa contribution pour la COP21, avec l’appui d’une expertise française, s’est depuis plusieurs années engagé dans la voie d’un développement durable. Pionnières sur le continent, voire au-delà, les autorités nationales ont très tôt pris conscience de l’impératif de préserver le second poumon de l’humanité, les forêts tropicales qu’il partage avec ses voisins (22 % du continent et 45 % de la région), celles du bassin du Congo, deuxième forêt du monde, après l’Amazonie. Avec 160 millions d’hectares, elle abrite 10 % de la biodiversité mondiale : les forêts de plaine et alluviales compteraient plus de 10 000 espèces de plantes supérieures (dont 3 000 endémiques). Un patrimoine à préserver d’urgence alors que les menaces se multiplient, à commencer par la déforestation face à laquelle le gouvernement a adopté des mesures concrètes, telles que le reboisement dans le cadre de la lutte contre la désertification, l’élaboration d’un mécanisme pour le développement propre, la gestion durable des forêts et la conservation de la biodiversité. À ce titre, les acteurs nationaux collaborent, entre autres, sur le plan régional, avec la Commission du bassin du lac Tchad et l’Autorité du bassin du Niger pour la gestion durable des ressources en eau, ainsi qu’avec la Com-mission des forêts d’Afrique centrale pour une gestion concertée des forêts du bassin du Congo.

Réduction de 32 % des GES d’ici à 2035

Le Cameroun subit d’autres conséquences du réchauffement climatique, la désertification dans le Nord, l’érosion des zones côtières, l’urbanisation anarchique, etc. D’où sa forte mobilisation en vue de la Conférence cli-mat 2015. Dans la copie remise dans le cadre des préparatifs de la COP21, la contribution prévue déterminée au plan national (CPDN), le pays a annoncé sa volonté de réduire à hauteur de 32 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2035, objectif du gouvernement camerounais pour atteindre l’émergence. Une réduction de 32 % du même ordre ou supérieure à celle proposée par des pays comparables ou de la sous-région. « Dans le scénario de référence, les émissions de GES atteindront 104 millions de tonnes de dioxyde de carbone en 2035, soit une hausse de 166 % par rapport à 2010, peut-on lire dans le document. Dans le scénario de la CPDN, l’augmentation des émissions de GES est contenue à 71 MtCO2 équivalent en 2035, soit une hausse de 82 % par rapport à 2010 (39 MtCO2 équ). En d’autres termes, l’augmentation des émissions par rapport à l’année de base est réduite de moitié (32 contre 65 MtCO2 équ). » Des engagements qui tiennent compte des efforts accomplis ou en cours pour réduire les émissions et augmenter les puits de carbone (reboise- ment, gestion durable des forêts). « Cette réduction est conditionnée par un soutien de la communauté internationale sous forme de fi nancements, de ren- forcement des capacités et de transferts de technologie. » Un effort significatif pour un pays dont les émissions sont insignifiantes à l’échelle internationale, et dont le Produit intérieur brut par habitant se situe au 148e rang mondial, mais pour lequel le Cameroun, comme le reste des pays africains, attend un engagement clair de la communauté internationale, ainsi que l’explique le président de la République, Paul Biya. « Cette réduction est conditionnée par un soutien de la communauté internationale sous forme de financements, de renforcement des capacités et de transferts de technologie, propose le chef de l’État, conformément à la position adoptée par ses homologues du continent. Cet engagement s’exécutera par des opérations d’atténuation et d’une mise en cohérence de nos politiques sectorielles. » Et d’ajouter : « Il ne viendrait aujourd’hui à personne l’idée de remettre en cause l’ardente obligation pour la communauté internationale de prendre des décisions courageuses afin d’enrayer les effets délétères des changements climatiques. » S’agissant de la réduction des émissions de GES, le Cameroun estime que les pays industrialisés devraient montrer l’exemple. Toutefois, le Cameroun est « prêt à s’associer aux efforts de la communauté internationale à ce sujet ». Sans pour autant retarder son développement. D’où l’appel aux transferts de technologies. « Nous devons tous être conscients du véritable enjeu de la présente conférence. Il s’agit ni plus ni moins que d’assurer la survie de l’espèce humaine. Encore une fois, les opinions publiques sont aujourd’hui suffisamment averties pour ne pas tolérer un éventuel échec. Si nous faisons preuve d’assez de courage politique pour prendre des décisions, certes difficiles, mais indispensables, pour mobiliser les moyens appropriés et pour coordonner nos efforts, alors COP21 aura atteint son but et pris une dimension historique. » Doyen des chefs d’États africains, le président Paul Biya portera ce message pendant la COP21 et fera ainsi entendre la voix, et la voie, de l’Afrique.

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