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Société

Le boom de la téléphonie mobile

Concernant la téléphonie mobile, le taux de pénétration est passé de 3,7 % en 2005 à plus de 35 % en 2013, selon le dernier rapport annuel de l’Observatoire du marché des télécommunications. Dans le même intervalle, l’accès au Net n’a augmenté que de 0,04 % ! Parmi les 12 millions d’habitants que compte le pays, plus de 4,5 millions sont abonnés à la téléphonie. Fin 2013, seuls 14 689 consommateurs étaient abonnés à l’Internet fixe, tandis que 675 387 autres ont utilisé l’Internet mobile, soit 6 % de la population globale. 

Si le vocal a eu un succès incontestable, le développement du haut débit demeure problématique. « Les offres de connexion Internet, presque identiques chez Celtel (Airtel) et Tigo demeurent plus chères que celles des pays voisins. Les tarifs de connexion sont les plus chers d’Afrique subsaharienne ». Les résultats de la dernière enquête sur la téléphonie au Tchad, publiés par l’Autorité de régulation, sont sans équivoque : « Pour avoir accès à l’Internet illimité d’un mois au Tchad actuellement, il faut débourser le tiers du salaire d’un travailleur moyen de la fonction publique, ou 83 % du salaire minimum. » 

La connexion internet mobile contribue pourtant à gonfler l’activité des deux plus grands opérateurs ; de 3,6 milliards F.CFA en 2012, leurs chiffres d’affaires cumulés ont atteint 6 milliards en 2013 (+77 %). 

De plus, si Internet est cher au Tchad, sa qualité laisse à désirer. Selon l’enquête de l’Autorité de régulation (Arcep), la capacité de transmission internationale du pays est passée de 134 mégabits par seconde à 186 Mbps, entre les deux dernières années. 

« Les liaisons internationales, via les satellites, par beaucoup d’opérateurs élèvent le coût, limitent la bande passante et réduisent la qualité, alors que la libération de la fibre optique et d’Internet est loin d’être une réalité au Tchad », explique Moupeng Tabah, directeur des Études et prospectives de l’Arcep. Depuis quelques mois, les autorités tchadiennes s’activent à réduire le fossé numérique qui existe entre leur pays et les autres de la sous-région, en misant sur les troisième et quatrième générations (3G et 4G) de la téléphonie mobile et la fibre optique.  

Avec les licences 3G et 4G acquises en 2014, Airtel et Tigo multiplient les efforts pour relever le défi et augmenter le nombre de leurs abonnés à Internet. « La qualité et la couverture de toutes les communes à l’Internet haut débit sont notre priorité pour cette année, assure Nsi Ondzingui. Nous ambitionnons d’être une Internet Company, au tarif très abordable et avec des offres très alléchantes pour permettre une utilisation populaire. » 

Pour augmenter leur croissance, les opérateurs font sans cesse preuve de créativité dans leurs services. L’un des derniers exemples est le mobile banking connu sous le nom de Airtel Money ou Tigo Cash. Il ne rencontre pas encore le succès escompté, mais compte tenu d’un taux de bancarisation très faible, il représente une révolution au Tchad. 

Grâce au mobile banking, en effet, les abonnés peuvent acheter des unités de communication pour eux-mêmes ou pour des proches, envoyer de l’argent, payer leurs factures d’électricité ou dans les supermarchés, pharmacies, stations-service et autres points marchands. Plusieurs ONG l’utilisent même pour payer les salaires de leurs employés.

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