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Société

L’autonomisation des femmes dans l’agriculture

L’autonomisation des femmes dans l’agriculture
  • Publiénovembre 1, 2022

Si les femmes jouent un rôle incontournable dans l’économie de la RD Congo, elles ne peuvent être propriétaire que d’une petite partie des terres agricoles. C’est dans ce contexte qu’une association accompagne femmes et mères célibataires dans leur quête d’indépendance financière.

 

Grâce Maroy est une jeune Congolaise de 24 ans. Elle est à la tête de Mwanamke Kesho (« La femme de demain ») une association congolaise qui prône les droits de la femme et de la jeune fille au Sud-Kivu, en RD Congo.

« La femme joue un rôle très important à travers l’agriculture mais ses efforts sont peu reconnus. Pour mettre en valeur les efforts de ces femmes, nous avons mis à leur disposition des champs communautaires. Ces champs communautaires vont leur permettre de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de leurs familles », explique la jeune femme, citée par ONU Info.

« Il n’y aura pas d’autonomisation durable pour la femme rurale dans le secteur de l’agriculture si la femme n’a pas ses propres terres. Son indépendance sera efficace que si elle est propriétaire de son champ ».

L’idée de créer Mwanamke Kesho lui est venue en 2019 lorsqu’elle a reçu le prix African Human Rights par AHNR, organisation néerlandaise de défense des droits humains. « J’avais remarqué un faible engagement des organisations du Sud-Kivu qui œuvrent dans l’accompagnement de la femme rurale dans l’agriculture. Cette catégorie de femmes est restée longtemps oubliée. Voilà pourquoi j’ai voulu réveiller la conscience de ces femmes en promouvant leur développement à travers l’agriculture et l’élevage tout en encourageant leur autonomisation », confie Grâce Maroy.

En 2020, le projet « Agriculture et élevage » a vu le jour. Il cible les jeunes filles et mères célibataires, dont l’âge varie entre 17 et 20 ans, du territoire de Kabare, Kalehe, Idjwi et Walungu en province du Sud-Kivu.

L’association loue des champs communautaires à différents groupes de femmes de la province. À Kalehe par exemple, dans le village de Mbonobono, un espace de quatre hectares a été mis à la disposition de vingt-cinq femmes et filles de ce village dans lequel elles y cultivent les haricots et les pommes de terre.

« Cet espace m’a permis de cultiver. Lorsque je suis au champ je me sens fière et je cultive avec du courage parce que je sais que lorsque je vais récolter, je vais gagner beaucoup d’argent et pouvoir participer aux besoins de ma famille », relate l’une des bénéficiaires, Pascaline Mahenga.

 

Des bénéfices sociaux

Pour elle, se retrouver avec d’autres jeunes filles de son village au champ c’est non seulement un moment pour cultiver mais aussi un moment d’échange et de partage d’expériences. Elle rejoint d’autres jeunes mères célibataires qui ont constitué une association villageoise d’épargne et de crédit, une façon pour elles de pouvoir épargner et d’être autonome financièrement.

Le secteur de l’agriculture reste un potentiel pour la femme rurale mais présente plusieurs défis notamment celui lié à l’accès à la terre mais aussi l’acheminement des récoltes dans les grandes villes. Les femmes ont du mal à se procurer leur propre espace pour cultiver. Une femme est soit dépendante des terres possédées par son mari ou par sa famille, et elle travaille parfois dans le champ des particuliers pour subvenir aux besoins de ses enfants. Le manque de routes de dessertes agricoles et le mauvais état des routes font que la femme rurale parcourt plusieurs kilomètres à pied avec ses récoltes sur son dos pour pouvoir écouler sa marchandise dans les grandes villes.

Pour Grâce Maroy, « il n’y aura pas d’autonomisation durable pour la femme rurale dans le secteur de l’agriculture si la femme n’a pas ses propres terres. Son indépendance sera efficace que si elle est propriétaire de son champ ».

À part l’agriculture, « Mwanamke Kesho » a également engagé un projet d’élevage des cochons. Cet élevage traditionnel est réputé au Sud-Kivu, comme une activité économique rentable ; la viande de porc est consommée par beaucoup de Congolais de Bukavu. Effet indirect – mais recherché – de cette autonomisation : le nombre de grossesses non désirées diminue sensiblement chez les femmes concernées par ces programmes.

L’agriculture est un secteur très important en RD du Congo mais souvent délaissé au profit du secteur minier. L’État congolais et les organisations de la promotion et de défense de droits de femmes entendent multiplier leurs efforts pour que la femme rurale puisse avoir ses propres terres et réaliser ses projets à long terme dans le secteur agricole.

@AB

 

Écrit par
Kimberley Adams

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