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L’appel à l’action de Durban contre le travail des enfants

L’appel à l’action de Durban contre le travail des enfants
  • Publiémai 21, 2022

La Conférence de Durban sur l’élimination du travail des enfants a établi le constat que la crise sanitaire n’avait fait qu’accentuer ce fléau, dans le monde et notamment en Afrique. La réunion a débouché sur une déclaration volontariste afin d’accélérer les actions destinées à y mettre fin.

 

Par Aude Darc

La cinquième conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants a achevé ses travaux, sur un triste constat et un espoir. Cette réunion se déroulait à Durban, en Afrique du Sud. Les délégués ont approuvé « L’appel à l’action de Durban », qui énonce une série d’engagements forts pour mettre fin à ce fléau qu’est le travail des enfants.

Pour Guy Ryder, secrétaire général de l’OIT : « Nous ne pouvons nous résigner au travail des enfants, qui représente une violation d’un droit humain fondamental. Il est essentiel de s’attaquer aux causes profondes, comme la pauvreté des ménages. Et nous n’aurons pas de repos avant d’y arriver. »

Le document de conclusion de la Conférence souligne la nécessité d’une action urgente, car « les conséquences de la pandémie de Covid-19, des conflits armés et des crises alimentaires, humanitaires et environnementales menacent d’annuler des années de progrès contre le travail des enfants », explique le communiqué final signé par les participants.

L’appel à l’action de Durban comporte des engagements dans six domaines spécifiques : Premièrement, faire du travail décent une réalité pour les adultes et les jeunes ayant dépassé l’âge minimum d’admission à l’emploi. Il s’agit d’accélérer les efforts multipartites visant à éliminer le travail des enfants, la priorité allant aux pires formes de ce fléau.

Deuxièmement, mettre fin au travail des enfants dans l’agriculture. Troisièmement, renforcer la prévention et l’élimination du travail des enfants, y compris de ses pires formes, du travail forcé, de l’esclavage moderne et de la traite des personnes, ainsi que la protection des survivants. Il s’agit ici d’apporter des réponses politiques et programmatiques fondées sur des données et informées par les survivants. Quatrièmement, réaliser le droit des enfants à l’éducation et garantir l’accès universel à une éducation et formation gratuite, obligatoire, inclusive et de qualité. Cinquièmement, appliquer l’accès universel à la protection sociale. Enfin, augmenter le financement et la coopération internationale pour l’élimination du travail des enfants et du travail forcé.

 

Trois ans pour atteindre les ODD

Un millier de délégués de gouvernements, d’organisations de travailleurs et d’employeurs, d’agences des Nations unies, de la société civile et d’organisations régionales ont participé à la conférence à Durban. Ils ont été rejoints par 7 000 autres participants en ligne.
L’événement a également été suivi par des enfants délégués, pour la première fois dans l’histoire de ces conférences mondiales. Ces délégués qui ont clairement exprimé leurs attentes pour que les décideurs intensifient leurs efforts et accélèrent les progrès.
L’appel à l’action de Durban intervient alors qu’il ne reste que trois ans pour atteindre l’objectif d’éliminer tout le travail des enfants d’ici à 2025 et seulement huit ans pour éliminer le travail forcé d’ici 2030. Cette cible est une référence à l’article 8.7 des ODD (Objectifs de développement durable) des Nations unies.

La conférence de Durban, qui vient de s’achever était la première des conférences mondiales sur le travail des enfants à se tenir en Afrique. L’événement de six jours comprenait plus de 40 panels thématiques et événements parallèles, se concentrant sur une grande variété de questions liées au travail des enfants. La dernière s’était tenue à Oslo, en 1997.

Nous sommes en effet à un moment critique. Alors qu’entre 2000 et 2016, le travail des enfants avait reculé de 94 millions, on assiste depuis 2016 à une inversion de la tendance. Le nombre d’enfants travailleurs a augmenté de 8,4 millions en quatre ans. Ils étaient 160 millions en 2020, selon l’OIT (Organisation internationale du travail) et l’Unicef. Soit près d’un enfant sur dix dans le monde. Un chiffre qui a encore augmenté depuis le début de la pandémie de la Covid-19. 

D’autant qu’a été observée une hausse importante du nombre d’enfants de 5 à 11 ans qui travaillent. Ils représentent aujourd’hui plus de la moitié de l’effectif total. Peut-on accepter le travail des enfants comme conséquence inévitable de la pauvreté ? Guy Ryder, secrétaire général de l’OIT, s’inscrit en faux : « Nous ne pouvons nous résigner au travail des enfants, qui représente une violation d’un droit humain fondamental. Il est essentiel de s’attaquer aux causes profondes, comme la pauvreté des ménages. Et nous n’aurons pas de repos avant d’y arriver. » Le directeur général de l’OIT laissera son poste à Gilbert Houngbo à l’automne.

Amina J Mohamed, vice-secrétaire générale de l’ONU et Kailash Satyarthi, militant indien des droits de l’enfant, Prix Nobel de la paix en 2014, faisant le signe soutien à la cause des enfants, lors de la Conférence de Durban.

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@NA

Écrit par
Aude Darc

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