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Agroalimentaire Société

L’Année internationale du mil

L’Année internationale du mil
  • Publiéjanvier 5, 2023

La FAO veut promouvoir la production et la consommation de céréales résilientes comme le mil, appelé aussi fonio dans quelques pays africains. Le mil semble plus résistant, adapté aux conditions arides, tout en présentant des qualités nutritives excellentes.

 

Ce type de céréales représente aux yeux de la FAO « une solution à la fois abordable et nutritive aux défis que rencontrent les systèmes agroalimentaires mondiaux pour répondre aux besoins d’une population en constante augmentation ».

Le terme mil revêt une grande variété de céréales, dont le mil à chandelle, le millet commun, le millet des oiseaux, le millet à grappe, le petit millet, le millet indigène, le millet brun, le finger millet, le millet de Guinée, ainsi que le fonio, le sorgho (ou gros mil) et le teff. Le mil est originaire d’Afrique.

Au plan nutritif, le mil est une source de minéraux, de fibres alimentaires, d’antioxydants et de protéines. Du fait de son faible indice glycémique, il est aussi très utile pour les personnes souffrantes d’hyperglycémie.

Selon l’agence onusienne basée à Rome, le mil apporte une sécurité alimentaire à des millions de personnes en Afrique subsaharienne et en Asie et « s’enracine profondément dans les cultures et traditions de peuples autochtones ».

Ce qu’expliquait le directeur général de l’organisation, Qu Dongyu, lors de la cérémonie au cours de laquelle, début décembre, a été décidé que 2023 serait l’Année du mil. « Le mil jouit d’une culture ancestrale incroyable et présente une valeur nutritionnelle élevée. Il peut jouer un rôle de premier plan dans nos efforts collectifs en faveur de l’autonomisation des petits exploitants, du développement durable, de l’élimination de la faim, de l’adaptation au changement climatique, de la promotion de la biodiversité et de la transformation des systèmes agroalimentaires. ».

Selon la FAO, l’augmentation de la production de mil qu’elle encourage permettrait de soutenir les moyens de subsistance des petits producteurs et d’offrir des emplois décents aux femmes et aux jeunes, ce qui stimulerait les économies tout en offrant une solution de substitution aux autres céréales afin d’atténuer les risques de chocs de production.

Rappelant l’importance de cette culture pour le Programme de développement durable à l’horizon 2030, Qu Dongyu a souligné aussi le rôle de cette Année internationale pour sensibiliser chacun – agriculteurs, jeunes et membres de la société civile –, autant que les décideurs politiques, aux bienfaits de la consommation du mil pour la nutrition et la santé.

 

Des attraits pour producteurs et consommateurs

Le directeur général de la FAO rappelle que « cette céréale peut être cultivée dans des conditions climatiques défavorables ou changeantes et offrir des débouchés commerciaux durables et innovants pour les agriculteurs et les consommateurs du monde entier ».

Présentation de l'année du mil à Rome, en décembre 2022.

Présentation de l’année du mil à Rome, en décembre 2022.

 

En effet, dans les zones arides, le mil est très souvent la seule culture qui puisse être récoltée pendant la saison sèche ; c’est pourquoi il occupe une place essentielle dans le panier alimentaire des ménages de ces régions.

Le mil peut contribuer à pallier les pénuries alimentaires dans des périodes difficiles. Ainsi, il peut participer à la sécurité alimentaire et à la nutrition des populations vulnérables, considère la FAO. Le mil peut pousser sur des sols très pauvres aussi bien que sur des sols fertiles. Mais aussi, dans des conditions de forte aridité, et n’épuise pas les nutriments du sol. Il fournit un couvert végétal dans les zones arides et, ainsi, il réduit la dégradation des sols, favorise la biodiversité et contribue à la restauration durable des sols.

Au plan nutritif, le mil est une source de minéraux, de fibres alimentaires, d’antioxydants et de protéines. Du fait de son faible indice glycémique, il est aussi très utile pour les personnes souffrantes d’hyperglycémie. En outre, cette céréale ne contient pas de gluten, elle est riche en fer et est peu coûteuse. Elle a donc sa place dans des régimes alimentaires destinés à pallier les carences en fer.

Les diverses variétés de mil représentent moins de 3% des échanges commerciaux mondiaux de céréales. C’est pourquoi ce produit représente un atout puisque sa production peut diversifier la production céréalière.

En Inde, du millet Dhanshakti enrichi en fer. Source de l’image : ICRISAT/AS Rao.
En Inde, du millet Dhanshakti enrichi en fer. Source de l’image : ICRISAT/AS Rao.

 

Reste à fournir aux négociants les mêmes outils que ceux de leurs collègues céréaliers, comme les outils numériques afin qu’ils puissent accroître significativement leur part dans les filières céréalières et procurer ainsi de meilleurs débouchés et revenus aux producteurs. Voilà pourquoi, considèrent les Nations unies, le mil pourrait favoriser l’intégration des petits exploitants agricoles dans les chaînes mondiales de production. Ainsi que dans les chaînes de valeur et d’approvisionnement associées à la production et à la consommation durables du mil. 

 

L’indispensable reconquête de la souveraineté agricole

 

Le fonio à la conquête de l’international

@NA

 

Écrit par
Aude Darc

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