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Société

L’Afrique dans leurs coeurs

Tiraillées entre les résidences et les identités multiples, les diasporas actuelles réinventent l’Afrique. Les jeunes générations l’ont d’ailleurs bien compris en revenant entreprendre sur le continent.

Le chanteur et producteur américano-sénégalais Akon – de son vrai nom Aliaune Damala Bouga Time Bongo Puru Nacka Lu Lu Lu Badara Akon Thiam – est l’incarnation vivante de la manière dont, aujourd’hui, la diaspora africaine réinvente l’Afrique. Né le 16 avril 1973 à Saint-Louis du… Missouri, la star du RnB ne rate pas une occasion de revenir au Sénégal. En avril 2010, le président Abdoulaye Wade en fit sa guest star lors de l’inauguration du monument de la Renaissance africaine, puis à nouveau lors du Fesman (Festival mondial des Arts nègres), huit mois plus tard. Akon, superstar américaine dans le pays de ses parents – il a grandi à Kaolack avant de s’envoler pour le New Jersey – clôtura les manifestations du 3e festival avec un méga-concert du Jour de l’An, qui a permis à des milliers de jeunes de se délecter des succès du plus Sénégalais de tous les chanteurs américains.

En plus d’avoir été nominé cinq fois aux Grammy Awards, l’artiste, philanthrope et désormais « entrepreneur social » veut rendre à l’Afrique ce qu’elle lui a donné. Profitant de la tenue à Washington du premier Sommet américano-africain, Akon organisa, le 7 août 2014, la première conférence annuelle sur « l’Afrique : nouveaux modèles de partenariat pour la croissance » au cours de laquelle une dizaine de figures emblématiques de la nouvelle génération de dirigeants africains – issus de tous les secteurs d’activité et de toutes les régions de l’Afrique – ont pu dialoguer avec quatre chefs d’État africains (Guinée, Kenya, Congo, Ghana). Quelques mois auparavant, le chanteur avait lancé l’initiative « Akon lighting Africa » (Akon illumine l’Afrique) visant à électrifier des millions de foyers. Pour éviter tout amalgame avec le programme d’investissements énergétiques de l’administration Obama, il a préféré attendre le sommet de Marrakech de novembre 2014 sur l’entrepreunariat global organisé pour la première fois sur le continent africain, pour venir en faire lui-même la promotion.

Aussi longtemps que je vivrai, je me considérerai toujours et avant tout comme une Africaine… du continent

Les exemples d’Africains célèbres de la diaspora, particulièrement aux États-Unis, pullulent. Les Sénégalais, notamment, ont un beau palmarès dans les prestigieuses universités américaines : Souleymane Bachir Diagne, philosophe, et Mamadou Diouf, historien, tous deux à la Columbia University, en sont d’éminents exemples. Dans la catégorie des organisations internationales, particulièrement celles de Bretton Woods, Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale, et Woury Diallo, économiste, administrateur pour une quinzaine de pays africains au FMI, ou bien dans le développement pour l’Afrique comme René Lake qui, grâce à son cabinet de conseil, LTL Strategies, a été l’un des meilleurs lobbyistes pour la promotion de programmes de coopération avec l’Afrique auprès de Bill Clinton, puis de Barack Obama. Sans parler de journalistes comme Souleymane Jules Diop, longtemps parmi les plus acerbes contre un troisième mandat d’Abdoulaye Wade depuis le Canada, aujourd’hui ministre des Sénégalais de l’extérieur après avoir été conseiller en communication au Palais ; Dame Babou, longtemps cor- respondant de Quotidien Sud à New York, devenu conseiller en communication à la Primature auprès des différents premiers ministres depuis l’arrivée au pouvoir de Macky Sall, ou d’Idrissa Fall de la Voix de l’Amérique (VOA), au micro duquel aucun chef d’État africain ayant fait le déplacement au sommet de Washington, y compris les plus controversés, n’a osé refuser de parler.

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