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Société

Tunis mise sur l’insertion professionnelle des jeunes

De nouveaux centres ELIFE vont ouvrir dans le pays, afin de répondre au besoin de formation et d’employabilité des jeunes Tunisiens, dans les métiers du numérique. Le programme reçoit un coup de pouce du CNAM.

Par Aude Darc 

Le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), établissement public français d’enseignement supérieur et de recherche, devient partenaire de la Fondation Tunisie pour le développement (FTD) pour la mise en œuvre du programme ELIFE. Ce projet, qui prend progressivement de l’ampleur, vise l’insertion professionnelle des jeunes originaires des régions de l’intérieur de la Tunisie dans les métiers du numérique.

Le secteur numérique en Tunisie est marqué par une situation paradoxale. Sans nul doute, il offre un fort potentiel de développement, mais beaucoup d’entreprises sont freinées par la difficulté à recruter des techniciens supérieurs opérationnels.

Avec l’appui de l’AFD (Agence française de développement), le CNAM apportera son expertise reconnue pour évaluer l’offre actuelle déployée dans les centres de formation ELIFE. L’établissement pourra y intégrer des outils et des pratiques adéquates afin de permettre le renforcement des équipes de formateurs et une meilleure employabilité des bénéficiaires.

Le projet ELIFE, engagé et mis en œuvre par la FTD, en partenariat avec l’université Esprit (École supérieure privée d’ingénierie et de technologie), propose un parcours de formation innovant dans quatre spécialités (développement logiciel, Business intelligence, informatique embarquée et Community management).

Au-delà du cycle de formation, les centres sont des lieux de culture, d’échanges et d’accès aux nouvelles technologies. Deux sites sont déjà opérationnels à Siliana et Béja, huit autres centres seront prochainement créés dans d’autres régions de l’intérieur.

Dans le cadre du programme, le CNAM mobilisera les compétences et l’expérience de ses experts pour analyser les performances du programme et apporter les méthodes et outils permettant d’atteindre un niveau d’insertion professionnelle optimal. La France, au travers de l’AFD, contribue au projet ELIFE via une subvention de 2,9 millions d’euros (9,5 millions de dinars) pour financer l’acquisition des équipements informatiques des dix centres et une deuxième subvention de 100 000 euros mobilisés en soutien à la mobilisation du CNAM.

Badreddine Ouali (photo), son président, rappelle que la Fondation Tunisie pour le Développement entretient avec la France « depuis des années un partenariat exemplaire qui a permis de réaliser d’importants projets dans le cadre du programme ELIFE.  Cette assistance financière a joué un rôle crucial dans le démarrage effectif du programme et nous espérons que notre partenariat avec l’AFD perdure afin d’écrire ensemble d’autres belles histoires ».

Le centre de Béja accueille 200 jeunes

Olivier Faron, administrateur général du CNAM, se réjouit de la dynamique partenariale suscitée par ce programme : « ELIFE est en totale résonance avec ce qui fait le cœur de notre mission : permettre le développement des compétences et les évolutions professionnelles, et permettre aux entreprises de trouver les profils dont elles ont besoin. »

À son sens, « les enseignantes-chercheuses et intervenants mobilisés sur ce projet sont très motivés à l’idée de mettre leur expertise au service de l’amélioration de ce programme exemplaire ».

Ouvert fin 2020, le deuxième centre du programme ELIFE a été inauguré officiellement le 27 février dernier. Situé à Béja, il accueille 200 jeunes diplômés en situation de chômage.

Après douze mois d’une formation pratique innovante sur le plan pédagogique et complémentaire à leur formation initiale, ces jeunes seront dotés de compétences recherchées par les entreprises du secteur du numérique. Le dispositif devra accueillir à terme jusqu’à 5000 jeunes par an dans dix centres situés dans des chefs-lieux de gouvernorats de l’intérieur.

Le secteur numérique en Tunisie est marqué par une situation paradoxale. Sans nul doute, il offre un fort potentiel de développement, mais beaucoup d’entreprises sont freinées par la difficulté à recruter des techniciens supérieurs opérationnels.

Et chaque année, des milliers d’offres d’emploi ne sont pas pourvues, tandis que les diplômés peinent à trouver un métier. En effet, si les jeunes diplômés ont un solide socle théorique au sortir de leurs études, ils sont pénalisés par leur niveau de langue et manquent d’expériences professionnelles. Deux centres devraient ouvrir avant fin 2021 à Djerba et au Kef.

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