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Société

La Mauritanie lutte contre le travail des enfants

Le gouvernement mauritanien publie une liste de 46 métiers jugés dangereux, donc interdits aux enfants. Une avancée qui va dans le sens de l’Organisation internationale du travail et des ONG.

Par Marie-Anne Lubin

La situation des enfants de Mauritanie est régulièrement dénoncée par les ONG ou les organismes comme l’Unicef. Peu à peu, les choses avancent. Ainsi, le ministère mauritanien de la Fonction publique et du travail vient-il de publier un décret dressant la liste des travaux dangereux, interdits aux enfants.

L’Afrique figure au premier rang des régions à la fois en termes de prévalence (un enfant sur cinq) et de nombre absolu (72 millions) d’enfants astreints au travail.

Cette initiative fait partie du projet « MAP’16 » mis en œuvre dans le pays, et financé par le Département américain du Travail (USDOL). Elle vise à faire respecter les dispositions de l’OIT (Organisation internationale du travail) relative aux pires formes de travail des enfants.

L’OIT et l’Unicef estiment à 160 millions le nombre d’enfants victimes du travail précoce dans le monde. Ce chiffre marque une augmentation de 8,4 millions d’enfants en quatre ans. Sans oublier les millions d’autres sont en danger en raison des effets de la Covid-19. 

En Mauritanie, le travail des enfants touchait près de 25 000 enfants âgés de 5 à 17 ans, soit 37,6 % selon une enquête datant de 2015, MICS Mauritanie. Parmi eux, 26,3% travaillaient dans des conditions dangereuses. La prévalence du travail des enfants est plus élevée en milieu rural (45%) qu’en milieu urbain (27%).

Ils travaillent comme bergers, paysans, aides garagistes, domestiques, charretiers. « Cette situation a conduit les autorités à ratifier les principales conventions de l’OIT contre le travail des enfants tout en mettant en œuvre un arsenal juridique et institutionnel conséquent », reconnaît Lalla Fall, cheffe de programmes à l’ONG Maurisanté. Qui qualifie néanmoins la situation d’« alarmante » dans le pays, plus encore depuis le début de la crise sanitaire.

En effet, depuis plus de vingt ans, le gouvernement mauritanien s’engage à lutter contre le travail des enfants à travers notamment la ratification des deux conventions spécifiques de l’OIT (conventions 138 et 182) respectivement sur l’âge minimum d’admission à l’emploi et sur les pires formes de travail des enfants.

Ainsi, le ministère de la Fonction publique et du travail, avec l’appui du BIT (Bureau international du travail) a-t-il élaboré le « Plan d’action national pour l’élimination du travail des enfants en République islamique de Mauritanie » (PANETE-RIM). Dans le cadre de sa mise en œuvre, les partenaires sociaux ont élaboré la liste des travaux dangereux interdits aux enfants. 

Un travail de fond en faveur de l’éducation

L’OIT a donc appuyé au travers de son projet MAP’16 ses partenaires tripartites en Mauritanie afin de développer le processus favorable et conduisant à la promulgation de cet arrêté ministériel. L’accompagnement s’articule autour de six étapes clé, qui vont de l’appui au lancement du processus à la campagne de communication pour faire connaître les décisions du gouvernement.

L’OIT aide aussi les pays, ici la Mauritanie, à se doter d’un arsenal législatif qui évite les redondances de textes. L’Afrique figure au premier rang des régions à la fois en termes de prévalence (un enfant sur cinq) et de nombre absolu (72 millions) d’enfants astreints au travail.

Dans le cas présent, il s’agissait ici de comprendre dans les différentes régions de la Mauritanie, quels sont les types de travaux dangereux des enfants auxquels les populations peuvent être confrontées. Une liste de 42 travaux dangereux en est ressortie.
L’ensemble des parties prenantes s’est engagé à faire connaître cet arrêté afin que la fin des travaux dangereux des enfants soit une réalité palpable en Mauritanie.

À plus longue échéance, rappelle l’Unicef, la fin du travail des enfants passe aussi par un meilleur système éducatif. L’organisation achève d’ailleurs son plan 2018-2022 pour la Mauritanie. Et veut garantir que dans les zones prioritaires (essentiellement rurales), un plus grand nombre d’établissements publics et communautaires offre aux enfants de 3 à 17 ans de meilleures possibilités d’apprentissage.

Il s’agit aussi de renforcer les capacités du gouvernement et des acteurs de la communauté pour offrir aux enfants de 3 à 5 ans des programmes de développement d’excellente qualité. Et de renforcer les capacités des pouvoirs publics pour aider les 6-14 ans, en particulier les filles, à rester scolarisés.

@Malu

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Written by Par Marie-Anne Lubin

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