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Santé Société

La Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique

La Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique
  • Publiédécembre 23, 2022

Annoncée en juin 2022, la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique voit le jour. Cette agence basée à Kigali (Rwanda) renforcera la capacité de l’Afrique à produire des médicaments, des vaccins, à fournir des diagnostics et des traitements thérapeutiques.

 

L’Afrique importe plus de 70 % des médicaments dont il a besoin, pour un coût annuel de 14 milliards de dollars, selon la BAD (Banque africaine de développement). Il est plus que temps de changer la donne pour permettre aux pays africains de développer leurs propres capacités de fabrication de produits pharmaceutiques.

« Il faut se concentrer sur la gestion de la propriété intellectuelle au sens large du terme. Il faut aussi se concentrer sur la promotion de co-entreprises, comme celles qui ont facilité la création de nombreux vaccins anti-Covid-19. » 

Tel est le sens de la nouvelle Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique, dont la création a été officialisée le 14 décembre 2022, à l’occasion d’une Conférence internationale sur la santé publique en Afrique, qui s’est tenue à Kigali. La capitale du Rwanda accueillera d’ailleurs le siège de cette nouvelle institution. « Cette nouvelle initiative est une solution, car la plupart des pays africains ont encore du mal à recevoir les médicaments dans les temps », justifie le ministre rwandais de la Santé, Yvan Butera. La Fondation devrait être opérationnelle au début de 2023.

On le sait, la crise pandémique a mis en évidence « la fragilité des systèmes de santé internationaux et les lacunes dans la production de médicaments essentiels sur le continent », justifie Solomon Quaynor, de la BAD. « La Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique est une institution novatrice qui va considérablement améliorer l’accès de l’Afrique aux technologies qui sous-tendent la fabrication de produits pharmaceutiques. »

 « Les entreprises pharmaceutiques africaines se heurtent à trois obstacles spécifiques : l’accès à la technologie et au savoir-faire connexe pour la production, la mobilisation des ressources nationales pour la mise à niveau technologique et le manque de possibilités de diversification horizontale et verticale des produits, a-t-elle détaillé », précise Padmashree Gehl Sampath, conseillère auprès du président de la BAD.

« De nombreux risques technologiques doivent être couverts pour bâtir le secteur pharmaceutique africain, en abandonnant notamment l’approche produit par produit, qui fait courir des risques aux entreprises africaines. »

L’initiative reçoit la bénédiction de l’OMS ; selon sa représentante, Precious Matsoso, la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique « apporterait le soutien nécessaire pour lever les obstacles technologiques en vue d’un accès équitable ».

Soulignant que la création de la Fondation arrive « à point nommé », compte tenu de l’expérience de Covid-19, Richard Hatchett, directeur général de la Coalition de l’initiative de préparation aux épidémies, a déclaré que l’initiative « contribuera à sauver des vies sur le continent ».

 

Un intermédiaire transparent

Entre autres missions, la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique devrait étendre l’accès de l’Afrique aux technologies de fabrication de toute la gamme de produits pharmaceutiques, en se concentrant sur la mise en place de chaînes d’approvisionnement et en élargissant l’accès aux technologies de base de différents types.

La Fondation servira également d’intermédiaire transparent, chargé de promouvoir et de négocier les intérêts du secteur pharmaceutique africain sur la scène internationale, afin d’améliorer l’accès aux technologies brevetées, au savoir-faire et aux processus industriels connexes, par le biais de licences et d’autres mécanismes, fondés – ou pas – sur le marché.

Outre l’OMS, plusieurs organisations ont exprimé leur intérêt pour collaborer avec la fondation, comme la Coalition pour la prévention des épidémies, le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement, et le South Center de Genève, un organisme multi gouvernemental de réflexion sur le développement. D’ailleurs, observe son directeur général, Carlos Correa, « la propriété intellectuelle confère des monopoles qui donnent aux propriétaires le droit de contrôler le partage des technologies. C’est pourquoi créer la capacité de faciliter le transfert de technologies en temps voulu vers l’Afrique est important ».

Avis partagé par Fredrick Abbott, professeur à l’université Edward Ball en Floride (États-Unis), qui souligne la manière de créer un secteur pharmaceutique performant : « Il faut se concentrer sur la gestion de la propriété intellectuelle au sens large du terme. Il faut aussi se concentrer sur la promotion de co-entreprises, comme celles qui ont facilité la création de nombreux vaccins anti-Covid-19. » 

Une fondation pour la technologie pharmaceutique

@NA

 

Écrit par
Paule Fax

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