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Société

L’ école au bord de la crise de nerfs

  • Publiédécembre 8, 2014

Les nouveaux établissements se font attendre

Enfin, les programmes « jamais revus, toujours rafistolés », représentent une autre épine dans le pied de l’école, devenue l’objet de crispations idéolo­giques entre les mouvements dits « ara­bophones » et ceux dits « modernistes ». Aïssa Kadri, sociologue et directeur de l’institut Maghreb-Europe à l’univer­sité Paris-VIII, s’en désole depuis long­temps : « En Algérie, le système éducatif remplit une fonction de contrôle politique et idéologique parce qu’à la base, les por­teurs du projet d’arabisation ont été formés dans des établissements traditionnels, par des gens formatés, nostalgiques de Médine, à la pensée conservatrice. »

En réponse aux manques de l’école, le gouvernement a choisi, ces dernières années, de multiplier les constructions d’établissements – pour lesquelles les syndicats réclament la révision des pro­cédures de construction – sans parvenir pourtant à combler le manque d’écoles. D’après le Snapest, plus de 300 projets qui auraient dû être livrés en 2013 sont toujours en cours de réalisation, un retard « inadmissible » pour le syndicat. D’après la ministre, ces défaillances sont à mettre sur le compte des entreprises de réalisation qui ont cumulé les retards depuis 2008. Ainsi qu’à un manque de connexion entre la politique d’urba­nisation et l’implantation des écoles, rétorquent les spécialistes de l’aménage­ment du territoire. « Le secteur de l’Édu­cation regorge de problèmes, a reconnu la ministre. Les dysfonctionnements ont été répertoriés, mais nous n’irons pas vers une gestion de l’urgence. »

À Ghardaïa, où Nouria Benghebrit a choisi de donner le coup d’envoi de la rentrée, la situation est encore plus cri­tique. Après les affrontements qui ont opposé pendant plusieurs mois la com­munauté mozabite et la communauté chaâmba, plusieurs parents d’élèves menacent de boycotter les cours. La Coordination des associations de parents d’élèves souhaite que les enseignants mozabites, qui ont assuré de manière volontaire les cours lorsque les ensei­gnants arabophones ont refusé de les faire l’an dernier, soient titularisés. « Les enseignants mozabites constituent à peine 7 % de l’ensemble des enseignants dans le cycle primaire, 8 % au CEM et seulement 2 % au secondaire. Au sein des 18 établis­sements à majorité mozabite, seuls 10 % des personnels d’encadrement sont moza­bites », déplore-t-on à la coordination. Malgré des négociations avec l’ancien ministre, Abdelatif Baba Ahmed, rien n’a avancé. Résultat : près de 12 000 enfants de la communauté mozabite n’ont pas mis les pieds à l’école pendant la première semaine, et leurs parents menacent de reprendre le boy­cott si l’État ne cède pas.

Écrit par
ade

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