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Justice internationale

Laurent Bucyibaruta condamné pour complicité de génocide

Laurent Bucyibaruta condamné pour complicité de génocide
  • Publiéjuillet 12, 2022

Au terme d’un procès de plusieurs mois en France, l’ancien préfet de Gikongoro (Rwanda) a été condamné à vingt ans de prison. Toutefois, il a été relaxé de plusieurs chefs d’accusation relatifs à des crimes commis en 1994 durant le génocide rwandais.

 

Par Marie-Anne Lubin

L’ancien préfet rwandais a été condamné pour sa participation au génocide des Tutsi, en 1994. Une cour d’Assises française lui a infligé vingt ans de réclusion pour complicité, mais n’a pas validé tous les chefs d’inculpation. Ainsi, il n’est pas, aux yeux de la justice française, considéré comme « auteur » de génocide, mais complice de génocide et de crimes contre l’humanité, pour quatre massacres.

La sentence ayant été assortie d’un mandat de dépôt, l’ancien haut fonctionnaire, qui comparaissait libre, a été conduit en prison. Laurent Bucyibaruta est âgé de 78 ans.

Les juges n’ont donc pas suivi complètement les réquisitions de l’accusation, qui réclamait la réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation directe ou indirecte à cinq massacres, dans sa préfecture de Gikongoro. Ainsi, la Cour a relaxé l’ancien préfet des accusations de crimes commis à la paroisse de Kibeho, le 14 avril 1994, ainsi que celles relatives à des exécutions de prisonniers tutsi à Gikongoro.

En revanche, elle l’a déclaré complice de génocide et de crimes contre l’humanité pour les massacres de l’école de Murambi et de deux paroisses voisines, le 21 avril 1994. Il est également condamné pour complicité dans des exécutions d’élèves à Kibeho et aux alentours.

Sa défense avait pourtant demandé l’acquitement. Laurent Bucyibaruta est le plus haut responsable rwandais jugé en France pour participation au génocide. Un officier militaire a été condamné, ainsi que deux édiles et un chauffeur, ce dernier ayant fait appel.

Le procureur avait également demandé la réclusion à perpétuité, jugeant que l’accusé n’était pas le « malheureux préfet dépassé » décrit par son avocat, mais qu’il avait tout du « bon fonctionnaire zélé ». En effet, l’ancien préfet n’« a peut-être tué personne de ses mains mais il porte sur lui le sang de toutes les victimes de Gikongoro », a plaidé une des deux avocates générales.

« Peut-être ai-je manqué de courage », a lâché l’accusé, lors de sa dernière prise de parole avant l’énoncé du verdict, le 12 juillet 2022.  

Laurent Bucyibaruta, ainsi que les parties civiles, ont dix jours pour faire appel de ce jugement.

Laurent Bucyibaruta sera bien jugé

@NA

Écrit par
Marie-Anne Lubin

1 Commentaire

  • Bonjour Madame,

    Monsieur Laurent BUKIBARUTA est innocent.
    Il existe pas mal de documents du Tribunal Pénal International pour la RWANDA ( UN-TPIR/ UN-ICTR), qui prouvent son innocence et sa bonne volonté à œuvrer pour la paix.
    Monsieur Laurent BUKIBARUTA a demandé de l’aide auprès du Gouvernement Intérimaire en date du 11 avril 1994 pour protéger la population déplacée par la guerre et par le cahots généralisé dû à la guerre. Malheureusement, le Gouvernement composé des civils n’avait aucun pouvoir, aucun control sur la situation chaotique militaire et de guerre imposé par l’OUGANDA contre le RWANDA au cours de la période du 1990 à 1994.
    Le Gouvernement Intérimaire de l’époque ( dirigé par le Président Dr Théodore SINDIKUBWABO (qui était Tutsi ) a toujours appelé la population au calme et à la paix. Le Président intérimaire Dr Théodore SINDIKUBWABO a envoyé des délégations partout dans le monde ( à Dar es Salam en Tanzanie, à Tunis en Tunisie, à New York (ONU), à Paris, etc..) pour demander de l’aide en vue d’avoir un cesser le feu entre les belligérants, à savoir le FPR/RPA appuyé par l’Ouganda contre les FAR (Forces armées Rwandaises) dont les Chefs notamment, le Président Général Major HABYARIMANA, Chef de l’Etat et Chef suprême des FAR et Le Général Major NSABIMANA Déogratias, Chef d’Etat Major des Forces Armées Rwandaise ont été assassinés lors de l’attentat sur l’avion présidentiel du 6 avril 1994.
    La plupart des administrateurs civils Rwandais de l’époque qui font face à la justice en FRANCE et ailleurs dans le monde n’ont aucune part de responsabilité dans la tragédie rwandaise.
    Avec le temps, la vérité qui a été longtemps étouffée arrivera lentement, petit à petit, mais surement à destination.
    Je crois en l’innocence de Monsieur Laurent BUKIBARUTA.
    Si les militaires Français, Belges, Allemands qui étaient en assistance technique auprès des Forces Armées Rwandaise et de la gendarmerie, dans le cadre de la coopération technique bilatérale, et si les militaires Canadiens, Belges, Ganéen, Sénégalais, Bangladeshies , Australiens et autres de la MINUAR/UNAMIR, n’ont pas pu ramener la paix en arrêtant la guerre entre les FPR/RPA et FAR , Il serait inutiles de s’acharner sur des administrateurs civils, considérés comme de bons des boucs émissaires de surcroît dont la seule responsabilité était d’ accompagner la population déplacée par la guerre.
    Ainsi il est plus facile de camoufler la part de responsabilité de chaque pays qui était présent dans ce petit pays paradisiaque d’alors transformé en enfer suite à une rébellion échappée de l’Armée ougandaise pour envahir le Rwanda à partir de l’Ouganda en date du 1er octobre 1990. Le lancement de l’assaut final sur la RWANDA eut lieu le 6 avril 1994, date à laquelle l’avion transportant deux présidents africains avec leurs délégations respectives: 1) Président du RWANDA, Général Major Juvénal HABYARIMANA , 2) Président du BURUNDI, Monsieur, fut abattu lors de son atterrissage sur l’aéroport Président Dr Grégoire KAYIBANDA, à KIGALI au RWANDA.

    Dr André RWAMAKUBA

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