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Société

Hervé Bourges : L’amoureux de l’Afrique

Votre parcours a un côté aventurier…

Oui, bien sûr ! Il y a toujours un côté aventurier. Vous savez, l’aventurier, c’est celui qui n’a pas de plan de carrière. Je n’ai jamais eu de plan de carrière contrairement à tous mes petits camarades, dans l’audiovisuel ou ailleurs. Je suis âgé, j’ai 84 ans, mais je connais des petits vieux de 40 ans, qui ont déjà pensé à ce qu’ils feront dans deux ans, et à toutes les étapes de leur vie. Alors, oui, je suis aventurier dans la mesure où effectivement, je n’ai jamais eu de plan de carrière et où j’ai eu la chance de pouvoir accepter les choix qu’on me proposait.

À 84 ans, on a des choses à dire en guise de « testament » ?

La seule chose que j’ai à dire, c’est pourvu que ça dure encore longtemps (rire). Pour ce qui me concerne !

Et en termes de leçon de vie ?

La leçon de vie, elle est devant moi. La leçon de vie, c’est la mort.

Mais vous avez aussi la chance de l’expérience…

Oui, mais vous savez, plus j’avance dans la vie, moins je suis sûr de ce que je suis et de ce qu’est le monde. Et plus je m’interroge. À mon âge, les certitudes s’envolent. Je n’ai pas de certitudes, sinon celles de l’amour, de l’amitié et de la fraternité, mais au-delà de ça, tout le reste, ce ne sont que des interrogations.

Et aujourd’hui, quel est votre combat ?

C’est le combat de la langue française. Nous avons eu tout ce débat stupide sur l’identité heureuse ou malheureuse… Vous savez, c’est très simple : la véritable identité française, c’est la langue. Albert Camus disait que la langue française était sa véritable patrie. Le Clézio dit la même chose. Kateb Yacine disait que « la langue française est un butin de guerre ». Daoud dit que c’est avec la langue française qu’il a pu être lui-même.

Et aujourd’hui, c’est pour beaucoup leur véritable patrie. Malheureusement, la France laisse tomber sa langue au profit du « globish » sous prétexte que c’est moderne de parler l’anglais. Nous avons, en France, abandonné notre langue alors que nous l’avons imposée à des pays qui se la sont appropriée. Il faut parler l’anglais, bien sûr, mais il est très grave d’abandonner sa langue au profit de l’anglais pour la culture française et l’identité de la France.

Cela s’explique par le fait que dans ce monde global, le français s’est exclu lui-même…

Non, il ne s’est pas exclu, on l’a exclu. Parce que la langue anglaise parlée qui ne contient que quelques centaines de mots n’est pas la langue de Shakespeare qui en contient plusieurs milliers. C’est une langue pauvre là où la langue française est une langue riche et ouverte sur les autres. À cet égard, je dirais que défendre le français, c’est défendre les cultures et la diversité du monde. n

*Avec la collaboration de Guillaume Weill-Raynal

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