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Société

Élargir l’accès aux soins pour l’hypertension

Élargir l’accès aux soins pour l’hypertension
  • Publiéoctobre 5, 2023

Au Burkina Faso, les services de soins pour les maladies non transmissibles, telle l’hypertension, sont désormais disponibles dans les établissements de santé de district.

 

Domdasse Adama pouvait à peine marcher, son côté gauche étant paralysé et dépendant d’une canne. « Grâce au soutien et au traitement que j’ai reçus pour l’hypertension, je peux maintenant marcher seul et même faire du vélo sur plusieurs kilomètres », explique-t-il.

Le parcours d’Adama vers la guérison de sa mobilité réduite due à l’hypertension a été loin d’être facile. Dans la ville animée de Gana, au centre du Burkina Faso, où les ressources médicales sont limitées, sa lutte pour recevoir des soins efficaces en temps voulu a été un défi commun.

Pour éviter l’hypertension, quelques habitudes simples : pratiquer une activité physique sportive, réduire la consommation de sel, réduire la consommation d’alcool, arrêter le tabac sous toutes ses formes, perdre du poids, garder une alimentation saine et équilibrée.

Au Burkina Faso, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) avait actionné en 2021 Stepwise Approach to Surveillance, un outil permettant aux pays de collecter, d’analyser et de diffuser des informations de base sur les maladies non transmissibles. Ces données ont révélé une prévalence de l’hypertension chez les personnes âgées de 18 à 69 ans de 18,2 %, contre 17,6 % en 2013, ce qui souligne la nécessité d’intervenir.

Dans le cadre d’une initiative visant à améliorer l’accès aux services de santé pour les maladies chroniques, le Burkina Faso, avec le soutien de l’OMS et du gouvernement danois, a mis en œuvre des services de soins pour les maladies non transmissibles dans les établissements de santé de district grâce à la décentralisation de ces services depuis les hôpitaux tertiaires.  Outre un plan stratégique intégré sur les MNT, plusieurs stratégies nationales ont été lancées à travers le Burkina Faso, notamment des actions sur le cancer, la santé oculaire, la santé bucco-dentaire, la maladie mentale et la lutte antitabac.

Dans le district de Kombissiri, au centre du pays, l’une des régions où les services pour les maladies chroniques sont décentralisés, les mesures prises dans le cadre de l’initiative comprennent le développement de modules de dépistage, la formation de dix médecins, de 90 agents de santé et de 150 agents de santé communautaires. Ces mesures ont permis d’améliorer l’accès aux soins en renforçant le dépistage et les capacités de soins de santé, conformément aux objectifs du projet.

« Ce projet a certainement transformé la vie de patients comme Adama, mais ses bénéfices s’étendent bien plus largement, en renforçant fondamentalement l’ensemble du système de santé », relate le Dr Luc Minoungou (photo ci-contre), médecin-chef du district de Kombissiri.

 

Des compétences et des outils

Qui ajoute que l’ensemble d’interventions essentielles contre les maladies non transmissibles de l’OMS (OMS PEN), qui fixe une norme minimale pour la prise en charge des maladies chroniques, a également renforcé les soins de santé primaires dans le district.

Henriette Loue, infirmière en chef au Centre pour la santé et la promotion sociale de Gana, explique que l’initiative a permis non seulement d’améliorer les capacités de dépistage et de renforcer les connaissances du personnel sur l’hypertension, mais aussi de fournir du matériel médical essentiel, notamment des tensiomètres et des glucomètres pour la prise en charge des maladies non transmissibles.

Le docteur Prebo Barango, du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, partage cet avis : « Le partenariat entre l’OMS et le gouvernement danois a joué un rôle crucial en dotant les prestataires de soins de santé des compétences et des outils nécessaires à la prise en charge efficace de l’hypertension, améliorant ainsi le bien-être et réduisant la charge de morbidité. »

Le programme PEN de l’OMS est désormais complété par la stratégie PEN-Plus, conçue pour renforcer la gestion et les soins des maladies non transmissibles chroniques et graves dans les hôpitaux de district. Cette stratégie permet aux professionnels de la santé de fournir des soins pour des groupes de maladies apparentées, compte tenu du rôle clé que jouent les services de santé accessibles dans la lutte contre le fardeau croissant des maladies chroniques.

 

Au fur et à mesure que le projet du Burkina Faso évolue, son impact aide chacun à prendre en charge sa propre santé. Le retour d’Adama à la santé témoigne du potentiel de changement des soins de santé accessibles où et quand ils sont nécessaires, et de la capacité à faire une réelle différence, même dans les environnements à faibles ressources.

« Maintenant, grâce aux soins que j’ai reçus, j’ai de l’espoir. Je peux profiter de plaisirs simples comme marcher, faire du vélo et passer du temps avec ma famille, sans être constamment préoccupé par ma santé. Je suis reconnaissant de pouvoir prendre ma santé en main », se réjouit-il.

 

PF, d’après un compte-rendu de l’OMS

@NA

Écrit par
Paule Fax

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