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Société

Du plastique recyclé en tablette communautaire

Basés au Mozambique, Dayn Amade et son équipe ont conçu et modernisé une tablette communautaire, au service des populations rurales, difficilement connectées à l’Internet, dans leur soif d’éducation et de santé. Une idée qui pourrait faire école dans toute l’Afrique.

 

Par Aude Darc

Depuis six ans, la tablette communautaire, une infrastructure numérique mobile innovante, est utilisée comme plateforme d’école en ligne et de santé dans plusieurs pays africains. Construite et développée au Mozambique par une jeune équipe, la tablette communautaire a joué un rôle vital pendant la pandémie, car tout le monde a vu le besoin d’accéder à l’Internet et de se connecter au monde virtuel.

En 2020, la tablette a accueilli une fonction lui permettant de figurer dans le suivi de la chaîne du froid. Elle s’est donc engagée pleinement dans les programmes de vaccination en utilisant un modèle « tout-en-un », qui comprend des campagnes de sensibilisation, des enregistrements de bases de données sur la citoyenneté numérique, des consultations médicales en ligne, la gestion des vaccins et la logistique.

« Les déchets plastiques normalement destinés aux sites d’enfouissement sont désormais réutilisés pour fournir des solutions de soins de santé essentielles et éduquer la population », se félicite l’inventeur Dayn Amade, PDG de Tablet Comunitario.

Tandis que l’Afrique sort de la pandémie, la tablette communautaire continue de fonctionner dans des zones reculées, peu ou mal pourvues en infrastructures et en électricité ; elle évite aux habitants de parcourir de longues distances à pied pour accéder aux services de base et aux activités régulières, dans l’éducation et la santé.

Après son succès initial d’atteindre plus de 2 millions d’utilisateurs, la tablette communautaire a commencé à étendre ses opérations pour construire des « villages interactifs » autour des communautés rurales. Ces structures permettront à différentes organisations de diffuser leurs programmes de santé et d’éducation via une unité de tablette. Chaque fois que les unités ne sont pas utilisées dans les programmes, elles peuvent être employées par tout le monde, comme dans un cybercafé. Une minuterie permet d’éviter les abus…

La tablette communautaire, alimentée en énergie par des panneaux solaires, peut être tirée par un tracteur ou des animaux.

 

Les habitants enregistrés utilisent leurs données biométriques pour accéder à un code de connexion quotidien pour naviguer sur la toile, ouvrir la bibliothèque électronique et effectuer des recherches, pendant 15 à 30 minutes. Priorité est donnée aux femmes et aux filles inscrites à n’importe quel type de cours académique, afin de sensibiliser particulièrement ce public.

Ces villages interactifs prendront également en charge les points d’accès Internet locaux en partenariat avec les partenaires stratégiques que sont les fournisseurs d’accès. Ils pourraient être déployés dans d’autres pays et camps de réfugiés du monde entier où il existe un besoin de connectivité, d’éradication de l’analphabétisme numérique ou de fourniture de services de santé en ligne et de base.

 

Un débouché pour les déchets plastiques

La tablette communautaire a récemment obtenu un autre brevet de conception américain, cette fois pour son modèle Amphibious, qui vise à briser les barrières au développement numérique dans les pays insulaires. Le prototype entamera sa construction sous peu. Une fois achevée, la tablette communautaire ne serait plus limitée aux pays intérieurs et pourrait atteindre les îles et les destinations touchées par le changement climatique ou séparées par les eaux.

Après quelques mois de recherche, Dayn Amade et son équipe ont franchi une nouvelle étape innovante pour affiner leur contribution à l’économie circulaire en adoptant désormais le plastique recyclé comme nouvelle matière première pour fabriquer la Community Tablet. Avec le succès de l’assemblage conceptuel de sa première unité de tablette communautaire à base de déchets plastiques recyclés plus tôt cette année, une tablette communautaire peut désormais réduire de 200 kg les déchets plastiques de la planète. À partir de 2022, la tablette communautaire est devenue encore plus respectueuse de l’environnement, avec plus de 85 % de la tablette communautaire étant fabriquée à partir de plastiques de bois recyclés et entièrement alimentée par l’énergie solaire.

Dayn Amade, PDG de Tablet Comunitario

 

Ce produit est engagé auprès du programme « Waste Wise Cities » d’ONU-Habitat et auprès de diverses entreprises et ONG axées sur la réduction de l’empreinte carbone mondiale et la réduction de la fracture numérique. Des partenariats seront annoncés au fur et à mesure. L’objectif est d’utiliser les déchets plastiques pour réduire la fracture numérique et donner accès aux besoins de services de base tels que la télémédecine et les écoles en ligne tout en donnant aux communautés marginalisées des informations et des connaissances. Bref, contribuer à un monde plus vert et plus numérisé tout en répondant à la quête d’alphabétisation numérique et d’autonomisation des populations rurales.

@NA, avec l’agence APO

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